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L’EMI sur tous les fronts : quand Dakar fait battre le cœur de la vérité en Afrique

Les 1er et 2 octobre 2025, Dakar a vibré au rythme de la 4ᵉ édition de l’Africa Facts Summit, le plus grand rassemblement africain consacré au fact-checking et à la lutte contre la désinformation Deux jours intenses, plus de 200 participants venus de 20 pays, des échanges riches entre fact-checkers, journalistes, chercheurs, ONG, institutions et entreprises technologiques. Un seul objectif : bâtir un front commun contre la désinformation. De Vera aux deepfakes : l’innovation au service de la vérité Cette édition a mis en lumière des outils innovants comme Vera, une intelligence artificielle capable de répondre aux questions de vérification sur WhatsApp, Instagram et par appels vocaux. Accessible aussi aux personnes non lettrées, Vera prouve que la technologie peut rapprocher la vérification des communautés les plus éloignées. Autre défi abordé : les contenus générés par l’IA. Grâce à des outils comme Deepfake-o-meter ou ElevenLabs AI Speech Classifier, les fact-checkers explorent de nouvelles méthodes pour détecter les voix et vidéos manipulées. Leçons des contextes africains Le sommet a rappelé une évidence : la désinformation prend racine dans les réalités locales. En Côte d’Ivoire, le fact-checking a émergé dans un climat post-crise marqué par la polarisation médiatique, avant de s’imposer comme une pratique légitime grâce à des prix panafricains. Au Sénégal, la promulgation récente d’une loi sur l’accès à l’information représente une avancée majeure. Dans les zones de conflit comme le Sahel, le Soudan ou la RDC, les journalistes paient un lourd tribut : attaques, répression, exil. Ces vides informationnels laissent prospérer la manipulation. Désinformation genrée : un combat prioritaire Un des moments forts fut la session consacrée à la désinformation sexiste. Les femmes et filles, particulièrement au Sahel, subissent une double violence : en ligne et hors ligne. Harcèlement, usurpation d’identité, menaces… Ces violences conduisent souvent au silence et à l’autocensure. La réponse est claire : former davantage de femmes fact-checkeuses, créer des réseaux de soutien, renforcer les lois et surtout intégrer la désinformation genrée dans les priorités des médias et de l’éducation. L’EMI, socle de toute résilience À l’Africa Facts Summit 2025, la communauté africaine du fact-checking s’est mobilisée pour renforcer la vérité et la résilience numérique. Class Pro y a puisé une conviction : seule l’éducation aux médias peut transformer la vérification en culture citoyenne. Au-delà des constats, une conviction s’impose : la vérification ne suffit pas si elle n’est pas relayée par l’éducation aux médias et à l’information (EMI). Comme l’a rappelé Mouminy Camara du CESTI, la vérification est une pierre angulaire du journalisme. Mais elle doit aussi devenir un réflexe citoyen. Car sans éducation critique, les outils les plus avancés ne suffiront pas à freiner la désinformation.   Célébrer l’excellence Les African Fact-Checking Awards 2025 ont une fois de plus mis en lumière l’importance du travail des journalistes africains. De la lutte contre les rumeurs géopolitiques au Bénin à la vérification d’infox sur la santé en Tunisie, ces prix rappellent que le fact-checking sauve plus que des récits : il protège des vies, des communautés et des démocraties. Class Pro sur le terrain : VOFEM à l’honneur Pendant le sommet, Class Pro a eu le plaisir d’accueillir les participants sur son stand, consacré à VOFEM – Voix des Femmes et Filles Médiatrices, notre programme phare qui forme des femmes et des filles à l’esprit critique et au leadership en contexte de crise. Cette initiative, qui met le leadership féminin et l’éducation aux médias au service de la résolution des conflits, a suscité de nombreux échanges inspirants. Notre collaboration avec Fakt se poursuit dans la même dynamique : un partenariat solide, fidèle à notre engagement commun contre la désinformation en Afrique. Class Pro salue l’élan collectif À Class Pro, nous retenons une leçon majeure de Dakar : la lutte contre la désinformation est un effort collectif qui dépasse les rédactions. Elle implique les écoles, les jeunes, les communautés locales, les médias et les institutions. Notre conviction est plus forte que jamais : l’EMI sur tous les fronts, pour donner aux citoyens africains les clés de la résilience numérique et démocratique. Rendez-vous en 2026 pour poursuivre cette dynamique et bâtir ensemble une Afrique critique, résiliente et debout face à la désinformation.

Éducation aux médias : un outil contre les infox sexistes

À l’occasion du lancement officiel de notre site web, nous partageons avec fierté un moment fort qui illustre notre engagement sur le terrain : la participation de notre présidente, journaliste et éducatrice aux médias, au webinaire “Un sourire pour elles”, coorganisé par ABC Care et Sourires de Femmes Ce webinaire avait pour thème : « Droits des femmes et désinformation : Décryptons les fake news ». Un sujet d’une actualité brûlante, tant la désinformation constitue aujourd’hui un frein puissant à l’émancipation des femmes, à leur accès aux droits et à leur visibilité dans l’espace public. Les fake news sexistes, une arme silencieuse Fake news sur les féministes, récits biaisés sur les violences faites aux femmes, stéréotypes diffusés massivement sur les réseaux… La désinformation sexiste se glisse dans notre quotidien numérique, souvent sans être questionnée. Lors de son intervention, notre présidente a rappelé que l’éducation aux médias et à l’information (EMI) est un outil indispensable pour contrer ces récits toxiques. En apprenant à lire, décrypter, vérifier, questionner les contenus en ligne, on forme des citoyen·nes capables de résister, d’agir et de reconstruire d’autres récits, plus justes et plus inclusifs. La relève s’exprime : la voix de Samira L’un des moments les plus touchants de ce webinaire fut l’intervention de Samira, boursière du programme VOFEM (Voix des Femmes et Filles Médiatrices), mis en œuvre par Class Pro. Formée à l’EMI au sein de notre association, Samira a pris la parole avec brio pour expliquer comment détecter les fake news sur les réseaux sociaux. Sa prise de parole incarne parfaitement ce que nous défendons : former, outiller, autonomiser une nouvelle génération d’actrices du changement, capables d’occuper l’espace numérique avec discernement et confiance. Ce que nous retenons Ce webinaire a renforcé notre conviction que la lutte contre la désinformation doit intégrer une lecture féministe, et que l’éducation aux médias peut  et doit  être un levier d’émancipation. C’est tout le sens de nos actions à Class Pro : agir à la racine, là où se fabriquent les représentations, pour que la parole des femmes et des filles ne soit plus déformée, effacée ou instrumentalisée, mais affirmée, éclairée, légitime..

Panorama des stratégies de désinformation au Cameroun

Rumeurs virales, faux profils, vidéos sorties de leur contexte, pages Facebook aux intentions masquées… La désinformation s’installe, s’organise et parfois s’intensifie, surtout à l’approche d’enjeux politiques majeurs. C’est pour éclairer les citoyens sur ces pratiques que s’est tenu un webinaire grand public sur le thème : « Panorama des stratégies de désinformation au Cameroun : un jeu politique à risque ». Organisé en ligne, ce webinaire a permis de décrypter les principales mécaniques à l’œuvre dans l’écosystème informationnel camerounais. Pendant plus de deux heures, journalistes, chercheurs et activistes numériques ont mis en lumière les formes que prend la désinformation dans le pays, ses acteurs, ses motivations… et surtout ses conséquences. « La désinformation n’est pas le fruit du hasard. C’est souvent une stratégie calculée pour manipuler l’opinion, affaiblir l’adversaire ou détourner l’attention », a rappelé l’un des intervenants. À travers des exemples concrets, les participants ont pu observer comment certains contenus viraux ont été utilisés pour alimenter les tensions communautaires, saper la confiance envers les institutions ou influencer des débats électoraux. Le webinaire a notamment identifié plusieurs types de stratégies récurrentes : – La fabrication de fausses identités (comptes anonymes, faux journalistes, pages relais) – La déformation d’informations réelles à travers des montages ou des titres trompeurs – L’instrumentalisation d’images d’autres contextes ou pays – La diffusion coordonnée de narratifs pour décrédibiliser certains acteurs politiques ou sociaux Un point d’attention particulier a été porté sur le rôle des réseaux sociaux, devenus des caisses de résonance puissantes où les contenus émotionnels circulent plus vite que les démentis. « Sur Facebook ou WhatsApp, une rumeur peut faire le tour du pays en quelques heures, même si elle est totalement fausse », a expliqué une formatrice. Mais l’atelier ne s’est pas contenté de dénoncer : il a aussi sensibilisé à la résilience citoyenne face à la manipulation. Comment repérer une infox ? Quels réflexes adopter avant de partager une publication ? Pourquoi l’esprit critique est-il devenu une compétence essentielle du XXIe siècle ? Dans ce jeu à haut risque, ce n’est pas seulement la vérité qui vacille, c’est l’équilibre démocratique lui-même. Car lorsqu’une société perd confiance dans ses sources d’information, ce sont ses fondations qui deviennent instables. Ce webinaire, salué pour sa clarté et sa pédagogie, marque une étape de plus vers un public mieux informé, plus vigilant, et capable de naviguer dans un environnement numérique où la vérité n’est plus toujours ce qu’elle semble.

Class Pro est une association qui mobilise l’action civique pour lutter contre les désordres informationnels

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