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Participation citoyenne des femmes handicapées : au cœur de la démocratie inclusive

La démocratie ne peut être réelle que si toutes et tous y participent pleinement. Pourtant, dans de nombreux espaces politiques et citoyens, des barrières invisibles et persistantes continuent d’exclure des voix essentielles. Parmi elles, celles des femmes en situation de handicap. Pour une vraie démocratie, il ne suffit pas de lever des obstacles physiques : il faut aussi déconstruire les normes sociales, les stéréotypes et les discriminations qui privent ces femmes de leur rôle de citoyennes actives. Quand citoyenneté rime avec obstacles Être citoyenne, c’est pouvoir s’exprimer, voter, s’organiser, se faire entendre. Mais pour les femmes handicapées, l’accès à ces droits fondamentaux reste souvent entravé par : – des barrières physiques dans les lieux publics et les bureaux de vote. – des situations économiques précaires, qui limitent l’accès à l’information et à l’éducation civique. – des stéréotypes sociaux qui les invisibilisent dans les débats publics. – des discriminations croisées , liées au genre, au handicap, à l’origine ou au statut socio-économique. Ces obstacles ne sont pas anodins : ils empêchent des citoyennes à part entière de participer équitablement à la vie politique et civique. Pourquoi la participation des femmes handicapées est essentielle Une démocratie inclusive ne progresse que lorsque toutes les voix sont entendues. Quand les femmes handicapées participent activement : – les politiques publiques deviennent plus justes, elles reflètent mieux les besoins réels de la population. – les droits humains sont renforcés : l’égalité de participation est un pilier des sociétés démocratiques. – les communautés deviennent plus résilientes : l’écoute et la diversité d’expérience enrichissent les décisions collectives. – les préjugés s’effritent : la présence visible de femmes handicapées dans l’espace public déconstruit les stéréotypes. La participation citoyenne n’est pas seulement un droit individuel : c’est un acte collectif qui transforme les sociétés. Des voix qui s’organisent, des actions qui inspirent Dans de nombreuses régions, des femmes handicapées se mobilisent déjà pour faire entendre leurs voix : – groupes de plaidoyer qui travaillent à l’accessibilité des bureaux de vote. – forums citoyens inclusifs, où femmes handicapées et allié.es débattent de futures politiques publiques. – ations de sensibilisation contre les discriminations liées au genre et au handicap. – initiatives locales pour former à l’éducation civique et renforcer les capacités de leadership.Ces actions montrent que, loin d’être des bénéficiaires passives, les femmes handicapées sont des actrices essentielles de la démocratie. Lire aussi : Briser les barrières, construire les ponts : les médias au cœur de l’inclusion politique des femmes  handicapées  Lever les barrières : des mesures concrètes Pour garantir une participation citoyenne pleine et entière, il est urgent d’agir sur plusieurs fronts : 1. Accessibilité universelle – Adapter les bureaux de vote et les espaces publics. – Offrir des formats d’information accessibles (audio, braille, langues de signes). 2. Éducation civique inclusive – Former sur les droits civiques dès le plus jeune âge, de façon adaptée. – Encourager des campagnes de sensibilisation ciblées et accessibles. 3. Représentation politique – Promouvoir la candidature de femmes handicapées à tous les niveaux. – Siutenir les plateformes et les réseaux où elles s’expriment. 4. Lutte contre les stéréotypes – Mettre en lumière des modèles inspirants. – Intégrer des récits positifs dans les médias et l’éducation. – Changer les récits, transformer les démocraties La participation citoyenne des femmes en situation de handicap n’est pas une question secondaire, ni un sujet d’appoint dans les grands débats politiques : c’est un enjeu central pour l’avenir démocratique de nos sociétés. Quand une femme handicapée vote, manifeste, discute, fait appel à son esprit critique, milite, ou porte une idée, elle enrichit la démocratie de son expérience, de sa perspective, de sa force. Briser les barrières, c’est créer des ponts : entre droits proclamés et droits vécus, entre potentiel citoyen et participation réelle. Et toi ? Quelle sera ta contribution à une démocratie où chacune et chacun trouve sa place ?

Éducation aux médias : et si le Cameroun s’inspirait des modèles étrangers ?

Entre la rigueur finlandaise, l’esprit critique suisse, la coordination française et la participation belge, que peut apprendre le Cameroun pour construire son propre modèle d’éducation aux médias et à l’information ? Pourquoi l’éducation aux médias est urgente au Cameroun La désinformation circule plus vite que la vérité. Les jeunes camerounais grandissent connectés, mais rarement formés à décrypter ce qu’ils lisent, regardent ou partagent. Dans un environnement numérique saturé, l’esprit critique devient une compétence vitale. L’éducation aux médias et à l’information (EMI) n’est pas seulement une affaire d’école : c’est une question de démocratie, de paix sociale et de citoyenneté numérique. Et si le Cameroun regardait ce qui se fait ailleurs pour imaginer sa propre voie ? Ce que font les autres : 4 modèles inspirants La Finlande : l’esprit critique comme réflexe national Souvent citée en exemple, la Finlande a intégré l’EMI au cœur de son système éducatif. Chaque élève y apprend à vérifier les sources, analyser les intentions derrière les messages et comprendre le rôle des médias dans la démocratie. Ce n’est pas une matière isolée, mais un fil conducteur présent dans toutes les disciplines. Résultat : une population parmi les plus résistantes à la désinformation dans le monde. La Suisse : un modèle de coéducation En Suisse, l’éducation aux médias repose sur un dialogue permanent entre école, familles et médias. Des programmes locaux favorisent les débats intergénérationnels autour du numérique, et les élèves participent eux-mêmes à la création de contenus et aux débats. L’approche est collaborative, fondée sur la confiance et la participation de tous les acteurs éducatifs. La France : une structuration nationale Depuis 1983, la France dispose du CLEMI (Centre pour l’éducation aux médias et à l’information), qui coordonne les actions à l’échelle du pays. Il forme les enseignants, développe des ressources pédagogiques et soutient des initiatives scolaires comme la « Semaine de la presse et des médias à l’école (SPME) ». Ce modèle montre l’importance d’une stratégie nationale claire et soutenue par les pouvoirs publics. La Belgique : l’éducation par la pratique En Belgique, l’EMI s’est construite autour des initiatives de la société civile et de l’éducation populaire. Les jeunes y sont encouragés à devenir acteurs : à produire eux-mêmes des podcasts, des journaux ou des vidéos, pour mieux comprendre les mécanismes médiatiques. C’est une approche vivante, horizontale et participative, centrée sur l’expérimentation. Lire aussi : Internet sous pression : quand la désinformation cache la répression numérique  Et le Cameroun dans tout ça ? Le Cameroun ne part pas de zéro. Il avance, mais sans cadre national solide. Dans les écoles, l’EMI reste peu présente. Pourtant, sur le terrain, des acteurs locaux innovent et agissent. Depuis quelques années, des initiatives locales émergent pour combler le vide laissé par l’absence d’une véritable politique nationale d’éducation aux médias et à l’information. Si l’école camerounaise reste encore peu outillée pour former les élèves à la lecture critique de l’information, des organisations de la société civile ont pris le relais, avec conviction et créativité. Parmi elles, Class Pro : qui en a fait un combat quotidien. Elle se distingue par son approche communautaire et critique. Fondée en 2022, l’association s’est donnée pour mission de rendre l’EMI accessible à tous les publics – jeunes, enseignants, journalistes, femmes et leaders communautaires à travers des projets comme #VOFEM, #JeunesVoixCritiques ou la Bourse EMI. Sa devise, « L’EMI sur tous les fronts », traduit bien sa vision : l’esprit critique est un outil d’émancipation et de justice sociale. Aux côtés de Class Pro, Eduk-Média. Pionnière et autre actrice clé, elle œuvre également à sensibiliser et former, notamment dans le milieu scolaire. L’organisation s’investit dans la production de contenus pédagogiques, la formation d’enseignants et la promotion d’un usage responsable du numérique. Ces deux acteurs illustrent la vitalité d’une société civile camerounaise qui ne se résigne pas à attendre des réformes venues d’en haut. Pourtant, le défi reste de taille : comment faire passer ces initiatives pionnières à l’échelle nationale ? Sans un cadre institutionnel clair, un appui public et une coordination entre les acteurs, l’EMI au Cameroun risque de rester cantonnée à des actions ponctuelles, alors qu’elle devrait devenir un pilier de l’éducation citoyenne et numérique. S’inspirer sans copier : vers un modèle camerounais S’inspirer de l’étranger, oui. Copier, non. Chaque pays a développé son approche en fonction de son histoire, de sa culture et de ses priorités. Le Cameroun, lui aussi, peut inventer sa propre voie, en combinant le meilleur des modèles existants : – De la Finlande, il peut tirer la rigueur pédagogique et la transversalité de l’enseignement critique. – De la Suisse, la co-construction entre acteurs éducatifs, médias et familles. – De la France, la structuration institutionnelle et la formation des enseignants. – De la Belgique, l’apprentissage par la pratique et la participation des jeunes. En adaptant ces forces à ses réalités locales : diversité linguistique, fractures numériques, contexte social et politique, le Cameroun peut bâtir une culture médiatique citoyenne et inclusive, au service de la démocratie. Lire aussi: Quand l’humour éveille l’esprit critique Construire notre propre modèle L’éducation aux médias n’est pas un luxe réservé aux pays du Nord. Elle est une condition de la liberté d’expression, du vivre-ensemble et du développement. Le Cameroun dispose déjà d’acteurs engagés, de jeunes créatifs, d’enseignants curieux et de médias désireux de mieux informer. Il ne manque plus qu’une vision partagée, une volonté politique et des synergies. Construire un modèle national d’EMI, c’est construire une société plus libre, plus critique et plus responsable. Au cœur de cette ambition, Class Pro porte une vision claire : « Faire de chaque citoyen un acteur éclairé et responsable du numérique, capable de naviguer, créer et collaborer dans un environnement digital inclusif, éthique et résilient, où l’éducation aux médias et à l’information est une priorité partagée par tous. » Surtout un environnement où chaque citoyen camerounais sache lire, comprendre et agir dans le monde médiatique. Le défi est grand, mais la route est tracée. Avec des acteurs engagés, des jeunes créatifs et des enseignants curieux, le Cameroun peut devenir

#JeunesVoixCritiques: une campagne pour valoriser les militants numériques camerounais

À l’ère du numérique, la jeunesse camerounaise représente un formidable moteur de changement social et politique. Mais elle est également confrontée à de nombreux défis : cyberviolences, propagation de la désinformation et rétrécissement de l’espace civique en ligne Face à ces enjeux, en collaboration avec Class Pro  et avec le soutien de Youth Democracy Cohort, notre présidente Badal FOHMOH lance au Cameroun la première phase de #JeunesVoixCritiques. Un projet conçu dans le cadre de la campagne militants numériques du projet Digitalise Youth. Ce programme sera ensuite étendu à l’échelle africaine, afin de créer un réseau continental de jeunes militants numériques engagés. Former une génération critique et engagée Le projet vise à mettre en lumière les jeunes Camerounais en matière d’expression critique, de mobilisation citoyenne et de défense des droits numériques, avec une attention particulière portée aux femmes et filles. À travers des contenus numériques éducatifs et engagés, la campagne encourage la jeunesse à devenir des acteurs éclairés du numérique et de la démocratie. Les objectifs spécifiques sont clairs – Sensibiliser aux droits numériques des femmes et filles, notamment face aux cyberviolences et à la censure genrée. – Développer l’esprit critique face à la désinformation, en particulier en période électorale. – Promouvoir la citoyenneté numérique active et la participation à l’espace civique en ligne. – Valoriser et diffuser les parcours de jeunes militants numériques afin d’inspirer un large public. Lire aussi: VOFEM- voix des femmes et filles médiatrices : un programme pour renforcer le leadership féminin et la médiation  Une méthodologie participative et multimédia La campagne adopte une approche innovante combinant sensibilisation, formation informelle et valorisation des expériences. Elle s’appuie sur : – Des contenus multimédias adaptés aux jeunes : vidéos courtes (TikTok, Reels) pour capter l’attention, vidéos longues (YouTube, Facebook, LinkedIn) pour approfondir les sujets, infographies pédagogiques et billets de blog pour consolider la compréhension. – Des portraits vidéo mettant en lumière 10 jeunes militants numériques camerounais et leur engagement concret. – Un live Facebook interactif pour favoriser le dialogue entre jeunes, experts et acteurs du numérique. – La mobilisation des réseaux partenaires pour amplifier la diffusion et maximiser l’impact auprès du public cible. Un calendrier sur trois mois La campagne se déroulera en trois phases : Mois 1 : Lancement officiel au Cameroun, production et diffusion des premières vidéos et infographies, début des portraits vidéo. Mois 2 : Poursuite des diffusions, organisation du premier live Facebook, co-création renforcée avec les jeunes. Mois 3 : Finalisation des portraits, diffusion des vidéos longues, deuxième live Facebook, évaluation initiale des retombées. Des résultats concrets et durables Grâce à #JeunesVoixCritiques, Badal FOHMOH a travers Class Pro ambitionne de : – Créer une communauté engagée et sensibilisée aux droits numériques, à la désinformation et à la participation citoyenne en ligne. – Outiller les jeunes pour développer un esprit critique face à la désinformation et leur permettre d’agir dans leurs communautés. – Donner une visibilité accrue aux jeunes militants numériques à travers leurs portraits vidéo largement diffusés. – Favoriser un dialogue renouvelé entre jeunes et acteurs du numérique. – Mobiliser et renforcer les réseaux ABC, Class Pro et Jeunes Ambassadeurs de la Démocratie autour des enjeux numériques critiques. Construire un écosystème numérique durable Au-delà de la campagne, #JeunesVoixCritiques s’inscrit dans une vision de long terme : – Les contenus resteront accessibles en ligne comme ressources pédagogiques pérennes. – Les jeunes militants formés deviendront relais et formateurs dans leurs communautés. – La synergie avec les partenaires associatifs et réseaux régionaux ouvre la voie à l’extension de la campagne à d’autres pays africains après la phase camerounaise. – Les enseignements de la campagne nourriront de futurs projets dans les domaines de l’éducation aux médias et à l’information et de la participation numérique. #JeunesVoixCritiques est bien plus qu’une campagne : c’est un appel à la jeunesse camerounaise, et bientôt africaine, à prendre la parole, à réfléchir de manière critique et à construire un numérique inclusif, sûr et démocratique.

Briser les barrières, construire les ponts : les médias au cœur de l’inclusion politique des femmes handicapées

Le 30 août 2025, à Douala et en ligne, s’est tenu un atelier inédit dans le cadre du projet Her Too : Briser les barrières, construire les ponts, porté par l’association Handicapés et Fiers avec le soutien de l’Ambassade de France au Cameroun   Cet espace d’échanges a réuni journalistes et  blogueurs autour d’une question centrale : comment les médias peuvent-ils contribuer à l’inclusion politique des femmes en situation de handicap ? Un constat préoccupant Au Cameroun, contrairement à d’autres pays de la sous-région comme le Sénégal, aucune femme en situation de handicap ne siège actuellement au parlement. Moins de dix participent aux conseils municipaux. Cette réalité contraste avec les recommandations politiques en faveur de l’inclusion, et révèle une exclusion persistante. Pour Michèle Sojip, présidente de Handicapés et Fiers : « Les médias jouent un rôle déterminant dans la transformation pacifique des perceptions sociales. Ils ont le pouvoir de faire passer les femmes handicapées du statut de bénéficiaires à celui d’actrices politiques légitimes. «    Le rôle clé des médias Les échanges ont permis de mettre en lumière plusieurs enjeux : Trop souvent, les médias réduisent les femmes handicapées à leur handicap, les privant de la possibilité de s’exprimer sur d’autres sujets : éducation, mode, sexualité, fiscalité, politique… Les stéréotypes persistent, renforçant l’idée que la personne handicapée ne peut intervenir qu’en tant que “porteuse d’handicap” et non comme citoyenne à part entière. Pourtant, les journalistes disposent d’un pouvoir d’amplification : celui de montrer la compétence, les talents et la diversité des voix de ces femmes, au-delà de la seule thématique du handicap. Lire aussi : Jeunes, blogs et citoyenneté numérique, les leçons du café EMI du 31 août 2025 Des recommandations pratiques Lors des travaux, un exercice d’audit des environnements de travail des journalistes a mis en évidence plusieurs barrières : Physiques : des salles de rédaction inaccessibles (bâtiments sans ascenseur, espaces étroits…). Organisationnelles : absence de formats adaptés (sous-titrage, traduction en braille ou langue des signes). Éditoriales : représentations réductrices dans les contenus médiatiques. Les solutions évoquées incluent : – Rendre les espaces et supports accessibles à tous. – Former les journalistes aux bonnes pratiques de l’EMI appliquées à l’inclusion. – Élargir la couverture médiatique des femmes handicapées à d’autres thématiques de société, pour casser le cercle de la marginalisation. Un engagement collectif Au-delà des constats, chaque participant a été invité à prendre un engagement concret en faveur de l’inclusion dans sa pratique professionnelle. Cet atelier a ainsi ouvert une voie : celle d’une presse plus inclusive, capable d’accompagner la transformation sociale et politique du Cameroun. Parce qu’au fond, comme l’a rappelé l’un des intervenants : « On ne vote pas pour une personne parce qu’elle est handicapée ou parce qu’elle est une femme, mais parce qu’elle est compétente. Les médias doivent refléter cette réalité. »

Class Pro est une association qui mobilise l’action civique pour lutter contre les désordres informationnels

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