Fact-check

FAUX : Donald Trump n’a pas déploré l’absence du Cameroun à cette compétition de football

Une vidéo partagée sur Facebook laisse croire que Donald Trump aurait regretté l’absence du Cameroun à la Coupe du monde 2026, et que le pays est celui qu’il souhaitait le plus voir participer à cette compétition. Après analyse de la séquence, des recherches d’image inversée et vérification du contexte, DataCheck a établi qu’il s’agit d’un extrait sorti de son contexte. Il a été tiré d’un discours prononcé par le président américain, lors du Sommet des jeunes leaders noirs organisé à la Maison Blanche en octobre 2019. Les propos tenus n’ont aucun lien avec le football ou la Coupe du monde. Il y a quelques semaines, une vidéo de 35 secondes mettant en scène Donald Trump a commencé à circuler sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook. La rédaction l’a notamment repérée sur la page Lady Baby – Officiel, qui se présente comme celle d’une artiste rappeuse camerounaise engagée pour l’émancipation des jeunes. La page compte près de 40 000 abonnés au 24 juin 2026. Dans la vidéo, le président américain apparaît derrière un pupitre lors d’un événement officiel. Des textes accompagnés des émoticônes du drapeau du Cameroun indiquent ceci: « Donald Trump nous pleure » et « Apparemment le Cameroun est le seul pays qu’il voulait voir en Coupe du monde ». Ils sont tous deux collés à la vidéo, comme étant le résumé des dires du président américain. La séquence de vérification est divisée en deux. Celle de dessus montre une jeune dame dans un espace privé, qui semble acquiescer les dires du patron de Truth social. La vidéo du bas illustre quant à elle, Donald Trump, accompagné de deux personnes, dont un jeune homme à droite et une jeune dame à gauche. Il déclare alors dans cet extrait que le « Cameroun, dont j’entends dire que c’est un endroit magnifique, vraiment magnifique. Le Cameroun. Oh. Wow. Une personne du Cameroun. Pour redonner à notre pays, il a rejoint l’armée des États-Unis et a servi honorablement pendant quatre ans en tant que spécialiste très talentueux en artillerie de campagne. Très talentueux, dit-on. Ben, nous saluons votre noble service et s’il vous plaît, dites quelques mots ». Ces propos tenus en anglais ont été traduits en français grâce à Claude, une plateforme d’Intelligence Artificielle. D’après certaines initiales contenues sur la vidéo telles que LiveNOW from FOX et la bande passante portant la mention « Subscribe to News Now », l’extrait laisse croire que le film est issu de la chaîne de télévision américaine. La publication a totalisé au 25 juin 2026 comptant 5449 likes, 682 commentaires, 1073 partages et 422 enregistrements, survient au moment où se tient la 23e édition de la Coupe du monde 2026, aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Une édition à laquelle ne participe pas le Cameroun, mais dont les débats sur les raisons de sa non-qualification alimentent les discussions. Vérification Pour retrouver l’origine de la vidéo, Class Pro a utilisé l’outil InVID WeVerify qui a segmenté l’extrait en plusieurs images clés, facilitant ainsi les recherches inversées. Cette démarche a permis de retrouver une publication plus ancienne, datée du 22 mars 2026, sur le compte Facebook de Prof. Victor Mbarika, présenté comme un conseiller pédagogique. La même vidéo y est publiée, avec une légende totalement différente : « Si le grand président Donald J. Trump dit que le Cameroun est un beau pays, qui suis-je pour ne pas être d’accord ? Notre nation est bénie, forte et pleine de promesses. Que Dieu bénisse notre grande nation, le Cameroun ». Jusqu’ici, aucun élément des vidéos exploitées ne corrobore avec le message sur la volonté de Donald Trump de voir le Cameroun participer à la coupe du monde 2026. Dans la poursuite des recherches via des images clées extraites par InVID. L’une d’elles a permis de retrouver l’intégralité de la vidéo sur la chaîne YouTube de LiveNOW from FOX. La vidéo originale a été publiée le 4 octobre 2019 avec pour titre « FULL EVENT: President Trump remarks at Young Black Leadership Summit 2019 ». Selon la description publiée par le média américain, Donald Trump s’exprimait devant près de 300 étudiants et jeunes professionnels afro-américains réunis à la Maison Blanche, dans le cadre du Sommet des jeunes leaders noirs (Young Black Leadership Summit). Après réécoute de l’intégralité de la séquence, Class Pro retrouve le passage devenu viral. Celui-ci correspond précisément au moment où Donald Trump présente Ben Okereke, un étudiant d’origine nigériano-camerounaise, invité à prendre la parole lors de cet événement. La vidéo virale s’arrête toutefois juste avant l’intervention du jeune homme. À aucun moment dans la vidéo originale Donald Trump ne parle de football, de Coupe du monde ou de la non-qualification du Cameroun. En somme, la vidéo qui affirme que Donald Trump, le président américain aurait déclaré que le Cameroun est le seul pays qu’il souhaitait voir participer à la Coupe du monde 2026 est trompeuse. Les vérifications menées par Class Pro montrent qu’il s’agit d’un extrait sorti de son contexte et sans aucun lien avec les informations qui lui ont été associées. Il s’agit d’un discours prononcé le 4 octobre 2019 lors du Sommet des jeunes leaders noirs (Young Black Leadership Summit) à la Maison Blanche. Le président américain évoquait le parcours de Ben Okereke, un étudiant Camerounais, et non la Coupe du monde 2026 ou l’absence des Lions indomptables à cette compétition. Cette vérification des faits a été produite par Class Pro dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été réalisée avec le mentorat entre pairs de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, avec le soutien financier de l’Initiative pour la Démocratie Numérique, dans le cadre du projet Digitalise Youth, dirigé par European Partnership for Democracy (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de Class Pro. Vous souhaitez en savoir plus ? Visitez : https://factcheck.africa/  

MANIPULÉE : Cette vidéo qui prétend montrer feu Cavaye Yeguié Djibril faisant des déclarations au sujet de la Socadel est un montage

Cette vidéo a été réalisée à partir d’une image datant de 2024 représentant l’ancien président de l’Assemblée nationale du Cameroun. Cette vidéo sur TikTok, prétendant montrer une vidéo de Cavaye Yeguie Djibril se plaignant des coupures intempestives d’énergie électrique au Cameroun, est MANIPULÉE. La publication qui a été faite le 5 juin 2026 est libellée ainsi: « Socadel a pris service ou Énéo qui nous fait ses adieux ? ». Le texte est suivi d’une vidéo de 10 secondes mettant en scène le défunt président de l’Assemblée nationale du Cameroun, Cavaye Yeguie Djibril, vêtu d’un boubou blanc qui déclare ceci : « Je demande hein, Socadel a pris service ou c’est Eneo qui nous fait ses adieux. Trop de coupures même l’assemblée nationale. » PesaCheck a analysé cette vidéo et l’a trouvée manipulée. Une recherche d’images inversée sur Yandex partant de cette capture d’écran a permis de la retrouver dans cet article publié par Cameroon Tribune le 24 mars 2024, avec cet intitulé, traduit de l’anglais au français : « Assemblée nationale : Bureau permanent élu ». On la retrouve également dans ce post mis en ligne sur la page Facebook d’Africa24 TV le 19 mars 2025, pour informer qu’au Cameroun, Cavaye Yeguié Djibril a été réélu président de l’Assemblée nationale mardi 18 mars 2025. L’élection a eu lieu au cours d’une séance plénière présidée par la doyenne d’âge de l’Assemblée nationale, Laurentine Koa Mfegue. Cette réélection s’est déroulée sans aucune concurrence. La réélection de Djibril a été relayée ici et ici, avec la même photo. En rappel, le 17 mars 2026, Théodore Datouo est élu président de l’Assemblée nationale, remplaçant Cavaye Yeguié Djibril, décédé le 6 mai 2026. Or, c’est le 4 mai 2026 que Paul Biya, président de la République du Cameroun, officialise la transformation d’Eneo en Société Camerounaise d’Électricité. Contactée par PesaCheck, Esther Kima, directrice de la communication de l’Assemblée nationale, affirme qu’il s’agit d’une « manipulation » et ajoute que « Le 5 juin 2026, l’ancien président de l’Assemblée nationale n’était plus en vie. La session parlementaire du mois de juin n’avait même pas encore commencé et le très honorable Cavaye Yeguié Djibril n’était plus en fonction lorsque le Chef de l’État, par décret, décida de créer la Socadel. » PesaCheck a, à partir de l’outil Hive Moderation, analysé les propos attribués à Cavaye Yeguié Djibril, et les résultats révèlent qu’ils ont été générés à 74,2 pour cent par l’IA, comme on peut le voir ci-dessous. Quant à la recherche Google avec les mots-clés : « Cavaye Yeguie Djibril se plaint de Socadel et d’Eneo »,  elle n’a donné aucun résultat crédible. Cette rumeur fait suite aux coupures d’énergie intempestives que subissent les Camerounais malgré la création de Socadel. PesaCheck a examiné une vidéo sur TikTok prétendant montrer Cavaye Yeguie qui se plaint des coupures intempestives d’énergie électrique au Cameroun et l’a trouvée MANIPULÉE. Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. Cette vérification de faits a été rédigée par le vérificateur des faits Stéphane Eyock et éditée par Nicole Ricci Minyem, éditrice d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah.  PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

Cette photo de deux présumés violeurs à Odza a été générée par IA

  Une image montrant deux hommes présentés comme des auteurs d’un viol sur mineure circule abondamment sur Facebook ce 19 juin 2026. La publication est notamment relayée par le compte Facebook de Sosthène Médard Lipotdeux, qui se présente comme (porte-parole du Mrc) et compte plus de 14 000 abonnés. Sur le cliché, deux hommes apparaissent entourés par des personnes en tenue. Chacun d’eux a un écriteau sur le torse sur lequel sont inscrits leurs noms, prénoms et âges, ainsi que ce qui leur est reproché. L’un est présenté comme Tayou Noubissi Christian, 42 ans, l’autre comme Kitio Ndongmo Willias tous les deux accusés de viol sur mineure. Aucun élément visible sur l’image ne permet toutefois d’identifier avec certitude l’unité de gendarmerie ou le lieu où la scène a été photographiée. La photo est accompagnée du message: « ODZA : VIOLEURS D’ENFANTS ! Une fillette de cinq ans seulement. Ils lui ont acheté des biscuits, des yaourts et des bonbons. Lieu du crime, une chambre du quartier général des hooligans à Odza, en profitant de l’absence des parents. Conséquences, la petite fille est actuellement hospitalisée sous soins intensifs ». En quelques heures, la publication a déjà enregistré près de 486 likes, 60 commentaires et 117 partages. Elle intervient dans un contexte où plusieurs cas d’agressions sexuelles notamment sur des mineurs sont dénoncés au Cameroun. Class Pro a consulté les différentes plateformes officielles de la Gendarmerie nationale du Cameroun. Au moment où nous mettions cet article en ligne, aucune publication relative à l’interpellation de ces deux individus présentés sur l’image n’a pu être retrouvée. Capture d’écran issue du résultat sur Hive Moderation La rédaction a ensuite soumis le cliché à Hive Moderation, un outil spécialisé dans la détection de contenus générés par l’intelligence artificielle. Le résultat obtenu fait savoir que la probabilité que l’image soit générée par l’IA est de 99,9 %. En conclusion, cette photo est générée par l’IA. Cette vérification des faits a été produite par Class Pro dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été réalisée avec le mentorat entre pairs de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, avec le soutien financier de l’Initiative pour la Démocratie Numérique, dans le cadre du projet Digitalise Youth, dirigé par European Partnership for Democracy (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de Class Pro. Vous souhaitez en savoir plus ? Visitez : https://factcheck.africa/    

Faux : « Faire l’amour 21 fois par mois pour prévenir la prostate » n’est pas prouvé

Une séquence de l’émission Le 5 DIX K (Syndicat) diffusée sur Sun Plus TV est virale sur Facebook surtout. Dans cet extrait de 25 secondes, Audrey Antoine, chroniqueur de l’émission affirme que « pour éviter la prostate, un homme doit faire l’amour 21 fois par mois ». Après avoir consulté des études scientifiques dont Harvard Health Publishing, National Library of Medicine (NLM), Journal of the American Medical Association (JAMA) ainsi que des données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ou encore du Centre Pasteur du Cameroun et des spécialistes en urologie, gynécologie et santé sexuelle, aucune recommandation médicale officielle ne fixe une fréquence de rapports sexuels comme méthode de prévention des maladies prostatiques. Depuis plusieurs semaines, un extrait de l’émission Le 5 DIX K (Syndicat), diffusée chaque jeudi sur la chaîne camerounaise de divertissement Sun Plus TV, suscite des réactions en ligne. Dans cette partie publiée sur Facebook le 20 mars 2026 et devenue virale, Audrey Antoine, le chroniqueur de la chaîne répond à une question portant sur les conséquences du manque de disponibilité dans le couple sur la santé. Dans sa réponse, il affirme que « pour éviter la prostate, un homme doit faire l’amour 21 fois par mois. Donc il doit coucher pendant 21 jours », et il ajoute qu’un homme doit « éjaculer au moins une fois par jour ». La vidéo comptabilise au 19 mai 2026 près de 400 partages et plus de 6 242 likes, 249 commentaires, 372 partages, 693 enregistrements et 461 000 vues. Ces affirmations interviennent alors que dans le monde, le mois de novembre est consacré chaque année à la campagne dénommée « Novembre Bleu », une initiative de santé publique dédiée à la sensibilisation, au dépistage et à la prévention des cancers masculins, notamment le cancer de la prostate et celui des testicules. Contacté par Class Pro, Audrey Antoine révèle que, « ce qu’il faut savoir déjà c’est qu’il y avait assez d’exagérations dans ma sortie ». Il précise qu’il s’est appuyé sur des travaux scientifiques publiés dans JAMA, National Library of Medicine et Harvard Health. Il a cité aussi Dr Yoyo Nzonce Ngongang, présenté comme expert en santé sexuelle et reproductive, comme référence médicale au Cameroun. Vérification Afin de vérifier l’affirmation, Class Pro a consulté les études scientifiques mentionnées par l’auteur de l’assertion. Les travaux relayés par Harvard Health Publishing, font savoir que « des chercheurs ayant suivi plus de 29 000 hommes américains ont observé qu’une fréquence élevée d’éjaculations était associée à un risque réduit de cancer de la prostate. Les hommes déclarant 21 éjaculations ou plus par mois présentaient un risque inférieur à ceux déclarant entre 4 et 7 éjaculations mensuelles ». Toutefois, l’étude précise que les causes exactes du cancer de la prostate demeurent inconnues et que plusieurs facteurs comme la génétique, l’alimentation ou le mode de vie interviennent également. Les résultats dans National Library of Medicine vont dans le même sens. Et relève que « les hommes rapportent une fréquence d’éjaculation plus élevée à l’âge adulte étaient moins susceptibles de recevoir un diagnostic de cancer de la prostate ultérieurement ». Quant à l’étude publiée dans JAMA, elle conclut dans ses analyses que, « Nos résultats suggèrent que la fréquence d’éjaculation n’est pas liée à un risque accru de cancer de la prostate ». Les chercheurs évoquent plusieurs hypothèses biologiques possibles, tout en précisant que les mécanismes restent encore mal compris. L’étude ne recommande cependant aucun nombre précis de rapports sexuels ou d’éjaculations à atteindre mensuellement pour prévenir la maladie. Par ailleurs, aucune de ces études ne soutient qu’un homme qui n’atteint pas 21 éjaculations par mois va développer nécessairement une maladie prostatique. La rédaction a également consulté les informations publiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le cancer de la prostate. L’organisation indique que les principaux facteurs de risque connus sont l’âge avancé, les antécédents familiaux, l’origine ethnique ainsi que certains facteurs environnementaux et alimentaires. « Les hommes noirs, y compris ceux d’origine africaine ou caribéenne, présentent un risque plus élevé de développer un cancer de la prostate », souligne l’OMS. L’organisation recommande surtout une alimentation équilibrée, l’activité physique régulière et le dépistage précoce à travers le dosage du PSA (Antigène Spécifique de la Prostate) et le toucher rectal. Une recherche par mots clés (Recherche du Cameroun sur le cancer de la prostate) sur google a permis de retrouver une publication du Centre Pasteur du Cameroun à Yaoundé qui date du 19 novembre 2025. Au cours d’un “Mercredi de Pasteur” consacré au cancer de la prostate, plusieurs spécialistes ont insisté sur l’importance du dépistage précoce. Où Dr Junior Mekeme y précise notamment que « la fréquence élevée des rapports sexuels n’est pas un véritable facteur protecteur ». Toujours au cours de cette journée de sensibilisation, Dr Lionel Bala, oncologue, rappelle quant à lui l’importance du dépistage dès 50 ans afin de réduire la mortalité liée à cette maladie. Le mot des spécialistes De son côté, Dr Yoyo Nzonce Ngongang, expert en santé sexuelle et reproductive, estime qu’un certain équilibre sexuel peut contribuer au bon fonctionnement de la prostate. D’après lui, le chiffre de 21 éjaculations correspond davantage à une norme raisonnable qu’à une obligation médicale stricte. « Lorsqu’on parle de 21 fois, on n’a pas dit 21 rapports, on a parlé d’éjaculation. Maintenant, un homme peut éjaculer autant de fois le même jour. Donc il peut avoir un rapport mais avec deux ou trois éjaculations ; si on veut tenir compte de la fréquence à ce moment, il ne faudrait pas qu’on exagère. La meilleure technique sera de diviser sa période sexuelle au moins avec un intervalle d’un à deux jours. L’excès comme l’absence totale d’activité sexuelle pourraient avoir des effets négatifs sur l’organisme ». Pour Dr Mbarga Jules Anthony, gynécologue obstétricien, cette affirmation remonte à 2016 avec la publication des résultats d’une étude qui affirmait que les hommes ayant une éjaculation 21 fois le mois ont moins de risque de développer le cancer de la prostate compare à a ceux qui

FAUX : Le chef d’état-major de l’armée camerounaise René Claude Meka n’est pas décédé

Le Professeur Vincent de Paul Ndjientcheu, directeur du Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé, dément cette rumeur. Ce post sur facebook prétendant que le Général René Claude Meka, Chef dnEtat-major de l’armée camerounaise, est décédé est FAUX. Le post qui a été mis en ligne le 9 mai 2026, annonce : «  Officiel : Breaking news: Le  Général Claude Meka est finalement décédé. Le Général Claude Meka dont le TGV de l’info annonçait il y a quelques minutes qu’il était dans un état critique au CHU de Yaoundé et que son évacuation sanitaire vers l’Europe était en préparation a finalement tiré sa révérence dans cet établissement hospitalier. Âgé de 87 ans, le Général de Corps d’Armée, René Claude Victor Meka, Chef d’État-major des Armées au ministère de la Défense, depuis septembre 2001, était le plus vieux Général en exercice dans le monde. Il passe ainsi son pistolet de commandement à gauche quelques heures après le Général Philippe Mpay… L’officier général dit casque blanc, qui était interné depuis 72 h au Centre Hospitalier et Universitaire (CHU) de Yaoundé à Melen, est décédé ce samedi 09 mai 2026 des suites de maladie. L’armée camerounaise est ainsi doublement frappée en 48 h. On s’approche progressivement de la cible. Même dans les films le Chef Bandit meurt à la fin. Si ce n’est pas un matin, ça sera un soir ». PesaCheck a analysé le post et l’a trouvé faux. La recherche Google de mots-clés : « Décès du Général Claude Meka » n’a donné aucun résultat crédible. PesaCheck a contacté le Professeur Vincent de Paul Ndjientcheu, Directeur Général du Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé (CHU Yaoundé) cité par l’auteur de ce post. Il a affirmé : «  Le Général René Claude Meka n’est pas décédé. Le Général René Claude Meka a certes reçu des soins au sein de notre institution sanitaire mais, il est rentré à son domicile…». Le Dr Djientcheu Vincent de Paul a partagé avec PesaCheck le  communiqué qui a été rédigé dans ses services afin de faire taire cette rumeur, le Chef d’État Major de l’Armée camerounaise n’est pas décédé . PesaCheck a également rencontré le Capitaine de Vaisseau Cyrille Serge Atonfack, Chef de Division de la Communication au ministère de la Défense : « C’est un Fake news. » Dans cette publication faite le 10 mai 2026, on voit le Général René Claude Meka avec quelques membres de sa famille. Cette rumeur intervient dans un contexte marqué par le décès, le 9 mai 2026, du  Général de Division  Philippe Mpay. PesaCheck a examiné un post sur Facebook  prétendant que le Général René Claude Meka, Chef d’État Major de l’armée camerounaise, est décédé et l’a trouvé FAUX. Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. Cette vérification de faits a été rédigée par le vérificateur des faits Stéphane Eyock et éditée par Nicole Ricci Minyem, éditrice d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah.  PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org. 

FAUX : Cette vidéo ne montre pas l’évacuation des passagers après les frappes de missiles iraniens sur des aéroports israéliens

La vidéo, prise en juillet 2025, montre l’évacuation des passagers d’un vol de l’American Airlines à Denver après que celui-ci a rencontré des problèmes mécaniques. Ce post sur X (anciennement Twitter) avec une vidéo prétendant montrer l’évacuation de passagers israéliens après des frappes de missiles iraniens à un aéroport israélien est FAUX. « Breaking : Les passagers israéliens ont été évacués après les frappes de missiles iraniens sur l’aéroport d’Israël », peut-on lire dans la publication faite le 1er mars 2026. La publication contient une vidéo de 38 secondes montrant un avion dont le fuselage est envahi par les flammes. L’on voit aussi des passagers qui sortent précipitamment par une glissière d’évacuation et s’éloignent de l’appareil garé sur une piste d’atterrissage. PesaCheck a analysé le post et l’a trouvé faux. Une recherche d’images inversée sur Yandex partant de ce cliché en vérification a notamment mené PesaCheck vers cette vidéo, mise en ligne le 27 juillet 2025 sur la chaine YouTube de BFM TV avec cet intitulé : « Un Boeing 737 d’American Airlines évacué en urgence aux États-Unis après un départ de feu ». Au-delà du fait que les images sont identiques à celles que nous vérifions, nous pouvons lire ceci en synthèse : « Un Boeing 737 d’American Airlines a été évacué en urgence aux États-Unis après un départ de feu ce samedi 26 juillet 2025. Le vol a signalé un incident de train d’atterrissage au décollage. Une personne a été transportée à l’hôpital avec des blessures mineures ». La recherche Google avec les mots-clés : « Un Boeing 737 d’American Airlines a été évacué en urgence aux États-Unis » a mené Pesacheck vers ces différents reportages qui indiquent que l’incident est survenu le 26 juillet 2025 à bord de l’avion Boeing 737 qui a « pris feu 5 à 10 secondes avant le décollage, les 173 passagers contraints d’évacuer l’avion par les toboggans ». Quant à la recherche Google de mots-clés : « Les passagers israéliens évacués d’un avion lorsque l’aéroport a été frappé par des missiles iraniens », elle n’a mené à aucun résultat concluant. En février 2026, les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran, déclenchant des représailles qui ont embrasé le Moyen-Orient. PesaCheck a examiné un post X avec une vidéo prétendant montrer des passagers israéliens évacués d’un aéroport en Israël après des frappes de missiles iraniens et l’a trouvé FAUX. Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. Cette vérification de faits a été rédigée par le vérificateur des faits Stéphane Eyock et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah. PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.  

Non : Jacques Fame Ndongo n’a pas défendu le poste de vice-président dans une interview

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et devenue virale montre le ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup) et secrétaire national à la communication du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (parti au pouvoir) face à la presse déclarant que la création d’un poste de vice-président permettrait de « lutter contre le vide institutionnel ». Après vérification auprès de Jean-Paul Mbia, conseiller technique n°1 au Minesup et via des outils de recherche d’image inversée entre autres, Class Pro établit qu’il s’agit d’une vidéo manipulée par les outils d’intelligence artificielle. Depuis quelques jours, une séquence vidéo montrant le professeur Jacques Fame Ndongo en interview circule sur les réseaux sociaux. Dans cet extrait présenté comme récent, le ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup) commente un des sujets majeurs de l’actualité (politique)au Cameroun: la création d’un poste de vice-président. Morceaux choisis des propos attribués au Minesup, « le poste de vice-président permet de lutter contre le vide institutionnel ». La vidéo publiée entre autres sur le compte Facebook de Maître Sikati-Officiel, est accompagnée d’un commentaire : « Pauvre Cameroun. Des gros mots sans cohérence. Lui-même ne comprend pas ce qu’il dit. Du faux français et anglais mélangés », lit-on. La publication cumule plus de 3000 likes, plus de 1000 commentaires et plus de 600 partages et 231 000 vues. Cette vidéo circule moins d’une semaine après la promulgation (le 14 avril 2026) de la loi portant création du poste de vice-président de la République du Cameroun. Une révision constitutionnelle destinée à encadrer la succession présidentielle, qui prévoit qu’un vice-président nommé par le chef de l’État assure l’intérim et achève le mandat en cas de vacance du pouvoir. A l’observation minutieuse de ce clip, Class Pro y relève quelques éléments incohérents, notamment les mouvements des lèvres de Fame Ndongo pas en accord avec les paroles prononcées. Dans le but d’obtenir des clarifications, nous avons contacté le professeur Jacques Fame Ndongo. Celui-ci n’a pas répondu jusqu’au moment de la publication de l’article. La rédaction a ensuite joint le professeur Jean-Paul Mbia, conseiller technique n°1 Minesup. Il est formel, « Le ministre d’État n’est pas l’auteur de ces propos. Très souvent, sous sa casquette de Secrétaire à la communication du RDPC, il publie des communiqués officiels. Ce qui n’est pas le cas en ce moment ». Nous avons également contacté le professeur Joël Meyolo, le chef de Division de la Recherche et de la Coopération universitaires, qui a confirmé le caractère trompeur de la vidéo en précisant “ fake”, en réponse à nos questions. Par ailleurs, pour retracer l’origine de cette vidéo, Class Pro a effectué une recherche d’images inversée sur Google Lens à partir des captures d’écran de la séquence. Cette démarche a permis de retrouver la même interview, accompagnée d’un tout autre audio. Dans ces versions plus synchronisées, le ministre évoque plutôt des questions liées à la révolution du secteur de l’enseignement supérieur au Cameroun. Les mouvements des lèvres correspondent parfaitement aux paroles prononcées. L’une des versions retrouvées a été publiée le 7 avril 2020 sur la chaîne YouTube Groupe Daabou, avec la description indiquant qu’il s’agit d’une interview réalisée en 2015. Une autre séquence issue de la même interview, cette fois en langue anglaise, a également été publiée le 4 novembre 2020 sur la page Facebook KanKan Way. Nous avons également analysé la vidéo qui fait l’objet de cette vérification à l’aide de l’outil de détection d’intelligence artificielle de MyDataCheck. Les résultats indiquent que la vidéo elle-même est authentique à 87,35 %, mais que l’audio présente une probabilité de 99,78 % d’avoir été généré par intelligence artificielle. Au terme des vérifications, la vidéo attribuant au professeur Jacques Fame Ndongo des déclarations sur la création d’un poste de vice-président au Cameroun est trompeuse. Cette vérification des faits a été produite par Class Pro dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été réalisée avec le mentorat entre pairs de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, avec le soutien financier de l’Initiative pour la Démocratie Numérique, dans le cadre du projet Digitalise Youth, dirigé par European Partnership for Democracy (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendnce journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de Class Pro. Vous souhaitez en savoir plus ? Visitez : https://factcheck.africa/

Partiellement faux : toutes les variétés de manioc ne sont pas toxiques

Présenté comme un docteur en biologie et thérapeute camerounais, Polain Nzobeuh a dans une de ses publications Facebook, fait plusieurs déclarations sur le manioc. Toutes portent selon lui, sur l’existence des études scientifiques démontrant la toxicité du manioc et son impact sur le développement intellectuel des populations. D’après des spécialistes en agronomie, biologie moléculaire et en science alimentaire et nutrition, cette assertion est partiellement vraie. Présenté comme un biologiste et thérapeute camerounais, Polain Nzobeuh a fait plusieurs allégations sur sa page Facebook à propos du manioc. Le post qui s’avère être un relai d’une conversation mentionne ceci : « J’ai révélé à Valère BELIAS les études scientifiques qui démontrent la toxicité du manioc et son impact sur le développement intellectuel des populations (…) Les zones où on mange le plus de manioc, ce sont des zones où on voit le plus de crétinisme (…) Je ne dis pas que le manioc donne directement le cancer, mais c’est un contributeur, c’est un favorisateur des conditions cancéreuses ». A ce jour, le post cumule 2025 likes, plus de 1200 commentaires et 434 partages. Le manioc est-il un aliment dangereux pour la santé ? Une affirmation selon laquelle cette culture vivrière serait toxique, favoriserait le crétinisme et contribuerait au développement de cancers circule et suscite des inquiétudes. Class Pro a soumis ces allégations à des spécialistes en agronomie, en biologie moléculaire et en science alimentaire et nutrition. Leur verdict est nuancé. La vérification Nous avons contacté Polain Nzobeuh pour avoir la source qui renseigne sur la toxicité du manioc. En guise de réponse, il a envoyé à la rédaction un lien, en indiquant : « Vous trouverez dans ce document les éléments qui expliquent en partie ces faits ». Long de 13 pages, le texte semble être une partie du compte rendu d’un colloque sur des recherches et questions de santé publique tenu à Ottawa au Canada, du 31 mai au 2 juin 1982. Intitulé « la toxicité du manioc et la thyroïde », ce rapport révèle que dans les variétés classées fraiches, il existe des catégories de manioc dites douces ou amères. Ceci, « selon la teneur en acide cyanhydrique (HCN) de la pulpe. Cependant, les concentrations d’HCN dans les racines varient considérablement selon les différentes variétés étudiées », lit Class Pro. Ce qui est affirmé Plusieurs publications font état d’une toxicité générale du manioc, établissant un lien entre sa consommation et deux pathologies graves : le crétinisme et le cancer. Certaines de ces publications avancent que les zones de forte consommation de manioc sont également celles où le crétinisme est le plus répandu, laissant entendre un lien de causalité entre l’aliment et la maladie. Sur la toxicité Il est exact que certaines variétés de manioc contiennent des composés cyanogéniques susceptibles d’être toxiques. Cependant, cette caractéristique ne s’applique pas à toutes les variétés. Par ailleurs, les procédés de transformation ; épluchage, trempage, cuisson, fermentation permettent d’éliminer ces substances. Un manioc correctement transformé ne présente donc plus de risque toxique pour le consommateur. De plus, la teneur en cyanure, comme l’indique l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), est beaucoup plus élevée dans la peau du manioc, même si le goût amer n’indique pas avec certitude la présence de cyanure. C’est ainsi que « le cyanure libéré se dissout dans l’eau quand la fermentation est provoquée par un trempage prolongé, et s’évapore quand le manioc fermenté est séché ». Toutefois, « le séchage au soleil de petits morceaux de manioc frais pendant une courte durée n’est pas un bon procédé de détoxication. (Car) le cyanure ne sera pas complètement libéré et l’enzyme sera détruite pendant le séchage. Les techniques de transformation par séchage au soleil ne réduisent que de 60 à 70 % la teneur totale en cyanure durant les deux premiers mois de conservation », renseigne le document du FAO. Le principe toxique essentiel qui existe en quantités variables dans toutes les parties de la plante de manioc est un composé chimique appelé linamarine. Il coexiste souvent avec son homologue méthylique appelé méthyllinamarine ou lotaustraline. La linamarine est un glucoside cyanogénétique qui est transformé en acide cyanhydrique toxique ou acide prussique lorsqu’il entre en contact avec la linamarase, une enzyme qui est libérée quand les cellules des racines de manioc se rompent. La linamarine est par ailleurs un composé assez stable qui n’est pas modifié durant la cuisson du manioc. Si elle passe de l’intestin dans le sang comme glycoside intact, elle est probablement excrétée inchangée dans l’urine sans dommage pour l’organisme (Philbrick, et al., 1977). Cependant, la linamarine ingérée peut libérer du cyanure dans l’intestin durant la digestion.Toutefois, l’acide cyanhydrique (HCN) est un composé volatil qui s’évapore rapidement dans l’air à des températures supérieures à 28 °C et se dissout facilement dans l’eau. Il peut aisément être perdu durant le transport, l’entreposage et l’analyse des échantillons. FAO Sur le lien avec le crétinisme D’après une section de « La toxicité du manioc et la thyroïde : des recherches et questions de santé publique » qui n’est pas contenue dans le document source de Polain Nzobeuh, il est indiqué que « 3 à 17 % des gens qui vivent dans les régions gravement goitreuses souffrent de crétinisme et de troubles connexes ». Et « même si le manioc est cultivé dans des pays tels que l’Inde, la Thaïlande, l’Indonésie et la Malaisie, rien ne prouve que sa consommation joue un rôle quelconque dans la goitrigenèse en Asie », renseigne le compte rendu de colloque. Polain Nzobeuh établit une corrélation entre la consommation de manioc et l’apparition du crétinisme. Mais les spécialistes consultés réfutent fermement cet argument, qu’ils jugent non étayé scientifiquement. « Je ne pense pas qu’il y ait un lien statistique entre la consommation de manioc et le crétinisme », affirme Maximillienne Siewe, enseignante-chercheuse. Son analyse rejoint celle de Djeukeu Asongui William : « Le lien de causalité n’est pas établi. Par contre, sans le manioc, beaucoup de gens seraient morts. Aujourd’hui, on ne peut pas attribuer cette

Faux : Cette vidéo ne montre pas de combat au Cameroun le 20 mars 2026

La vidéo a été enregistrée en juillet 2025, aux Comores. Ce post Facebook, avec une vidéo prétendant montrer des individus qui bagarrent au Cameroun le 20 mars 2026 alors que les musulmans célébraient l’Aïd al-Fitr, est FAUX. La vidéo, publiée le 20 mars 2026, est accompagnée d’un texte qui lit : « Un Cameroun nouveau est possible, chacun dans son domaine respectif. Amottoo, et juste à la fin, la fête se gâta ». Le post présente une vidéo de 48 secondes montrant une bagarre de masse, dans laquelle des gens se lancent des chaises les uns contre les autres. Une affirmation similaire a été partagée ici. PesaCheck a analysé le post et l’a trouvé faux. Une recherche d’images inversée sur Yandex, partant des imagettes captées dans la vidéo, a notamment mené PesaCheck vers cette publication mise en ligne le 24 juillet 2025 par Actualités Comoriennes & Environnement avec ce titre, traduit de l’arabe : « Mon pauvre pays, quel spectacle désolant ». Le clip vidéo est similaire à celui sous analyse. La même information est corroborée ici. Une recherche Google avec les mots-clés : « Bagarre des musulmans camerounais après l’Aïd el Fitr 2026 » n’a donné aucun résultat crédible. PesaCheck a rencontré l’Imam de la Grande mosquée de Yaoundé, Aboubakar Goïgoi, qui a signifié qu’aucun incident du genre n’a été enregistré sur le territoire camerounais. « Si cette scène s’était déroulée dans mon pays, quelle que soit la communauté, je serais au courant », a martelé l’imam. PesaCheck a analysé une publication Facebook prétendant montrer un combat au Cameroun le 20 mars 2026 et a conclu qu’elle est FAUSSE. Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. Cette vérification de faits a été rédigée par le vérificateur des faits Stéphane Eyock et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah.  PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

Hors contexte : Cette vidéo d’une femme camerounaise craingant pour sa vie est ancienne

  Une vidéo présentée comme un témoignage récent circule activement sur Facebook. On y voit une femme camerounaise déclarer craindre pour sa vie si elle est contrainte de rentrer au Cameroun, une déclaration faite au micro d’une journaliste, à la suite du rejet de sa demande d’asile. Les vérifications menées par Class Pro établissent que cette vidéo est tirée d’un reportage du média canadien TVA Nouvelles, diffusé en 2022. Dans ladite vidéo publiée le.. On y voit une femme affirmer être menacée de décapitation par son ex-mari, qu’elle dit être membre d’une société secrète connue sous le nom de « Famla ». Elle explique que sa demande d’asile a été rejetée par la commission d’immigration, au motif que si son ancien conjoint avait réellement voulu attenter à sa vie, il l’aurait déjà fait. Le « Famla » est décrit par de nombreux Camerounais comme une secte aux pratiques mystiques, particulièrement associée à la région de l’Ouest du pays.  La publication relayée par le compte « Piment Noir » a recueilli plus de 545 partages et près de 2972 likes et 1347 commentaires. Elle a également été reprise en divers endroits, avec des légendes évoquant « une demande d’asile d’une femme affirmant craindre pour sa vie à cause du Famla » et décrivant cette pratique comme une forme de sorcellerie liée à des pratiques de zombification. Dans tous ces relais, rien n’indique que la vidéo daterait d’il y a plusieurs années. Une vidéo datant de 2022 Pour remonter à l’origine de la vidéo, Class Pro a procédé à des recherches par mots-clés sur Google. Cette démarche a conduit à une publication datée du 30 juillet 2022 sur le site de TVA Nouvelles, accompagnée d’un texte explicatif. Une seconde publication du média QUB Radio a été mise en ligne le lendemain, 31 juillet 2022. Des recherches d’images inversées, réalisées à partir de captures extraites de la vidéo via Google Reverse Image Search, ont confirmé qu’il s’agit d’un reportage produit au Québec par la journaliste Véronique Dubé pour TVA Nouvelles. Le reportage porte sur le cas d’Ossomo Ngandzigui, une Camerounaise ayant sollicité l’asile au Canada après des violences conjugales qu’elle impute à son ex-mari polygame, présenté comme membre du Famla. À l’époque, elle affirmait craindre pour sa sécurité en cas de retour au Cameroun et disait recevoir des vidéos anonymes contenant des scènes violentes, qu’elle interprétait comme des menaces de mort. La séquence qui circule actuellement ne relate pas un événement récent. Il s’agit d’un reportage réalisé en 2022 par le média canadien TVA Nouvelles, consacré au cas d’Ossomo Ngandzigui, une Camerounaise souhaitant obtenir l’asile au Canada après des menaces attribuées à son ex-mari. En l’absence de toute indication temporelle dans les publications qui la relaient, cette vidéo est sortie de son contexte, laissant croire à tort qu’il s’agirait d’une actualité récente. Cette vérification des faits a été produite par Class Pro dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été réalisée avec le mentorat entre pairs de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, avec le soutien financier de l’Initiative pour la Démocratie Numérique, dans le cadre du projet Digitalise Youth, dirigé par European Partnership for Democracy (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de Class Pro. Vous souhaitez en savoir plus ? Visitez : https://factcheck.africa/

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