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Accès et pouvoir d’agir : construire des espaces vraiment inclusifs pour les femmes handicapées

Parler d’inclusion ne suffit plus. Pour les femmes en situation de handicap, l’enjeu est désormais celui de l’accès réel : aux espaces, aux ressources, aux opportunités. Car sans conditions concrètes pour participer, la citoyenneté reste théorique. Et si l’inclusion commençait enfin par transformer nos environnements ? L’inclusion ne se décrète pas Au fil des engagements, des discours et des campagnes, l’inclusion est devenue un mot central. Mais entre les intentions affichées et les réalités vécues, l’écart reste important. Pour de nombreuses femmes en situation de handicap, participer à la vie sociale, économique ou citoyenne relève encore du parcours d’obstacles. Et ces obstacles ne sont pas seulement individuels, ils sont structurels. Des barrières visibles… et invisibles L’accès ne se limite pas à une rampe d’entrée ou à une infrastructure adaptée. Il concerne un ensemble de dimensions souvent négligées : – l’accessibilité physique des espaces publics ; – l’accès à l’information dans des formats adaptés ; – les conditions économiques permettant de participer ; – la sécurité et la dignité dans les espaces partagés ; – la prise en compte des besoins spécifiques dans les politiques locales. Ces barrières, lorsqu’elles s’accumulent, excluent silencieusement. Participer reste un défi quotidien Aller à une réunion, accéder à un service, participer à une activité communautaire… Ces gestes simples peuvent devenir complexes, voire impossibles, pour certaines femmes en situation de handicap. Ce manque d’accessibilité limite : – leur participation citoyenne ; – leur autonomie ; – leur visibilité dans l’espace public ; – leur capacité à influencer les décisions. Une citoyenneté sans accès réel est une citoyenneté incomplète. Lire aussi : Municipales 2026 à Douala 3 : Nous portons le changement, rencontre avec Nokam Christelle, candidate pour une démocratie inclusive Transformer les espaces pour transformer la société Penser l’inclusion, c’est repenser les espaces. Des espaces : – accessibles physiquement ; – inclusifs dans leur conception ; – sûrs et respectueux ; – adaptés à la diversité des corps et des expériences. Cela implique d’intégrer les femmes en situation de handicap dès la conception des politiques, des projets et des infrastructures. Pas comme bénéficiaires, mais bien comme actrices.   Des initiatives qui ouvrent la voie Sur le terrain, des organisations et des collectifs s’engagent déjà pour améliorer l’accès et renforcer le pouvoir d’agir des femmes handicapées. À travers des actions de sensibilisation, de formation, d’accompagnement ou de plaidoyer, ces initiatives contribuent à : – lever les barrières ; – créer des opportunités ; – renforcer l’autonomie ; – favoriser l’inclusion réelle. Elles montrent que le changement est possible, mais qu’il nécessite une volonté collective. Le rôle de l’EMI : rendre visibles les obstacles L’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI) joue un rôle clé dans cette transformation. Elle permet de : – documenter les réalités vécues ; – rendre visibles les obstacles souvent ignorés ; – questionner les récits dominants ; – promouvoir une information plus inclusive. Car ce qui n’est pas raconté reste invisible. Et ce qui reste invisible n’est pas priorisé.   Créer des conditions, pas seulement des discours L’inclusion ne se mesure pas aux intentions, mais aux conditions réelles offertes aux personnes. Créer une société inclusive, c’est : – adapter les infrastructures ; – garantir l’accès à l’information ; – soutenir l’autonomie économique ; – assurer la participation effective aux décisions. Autrement dit, passer du discours à l’action. On parle souvent de droits, de représentation, de participation. Mais sans accès, ces notions restent abstraites. Et si l’accès était la clé ? L’accès est le point de départ, le point de bascule, le point de transformation. Parce qu’au fond… une société inclusive ne se contente pas d’ouvrir la porte. Elle s’assure que tout le monde peut entrer, circuler, participer… et transformer l’espace commun. L’inclusion ne se joue pas uniquement dans l’accès aux espaces, mais aussi dans la manière dont les corps y sont reconnus et respectés. Qu’en est-il du corps lui-même ?  

L’EMI comme bouclier des droits numériques : Class Pro au #DRIF26

Du 14 au 16 avril 2026, Abidjan accueillait la dix-septième édition du Digital Rights Inclusion Forum (#DRIF26), organisé par Paradigm Initiative au Radisson Blu à Abidjan. Pendant trois jours, des acteurs du changement, des chercheurs, des militants des droits numériques et des décideurs venus de tout le continent africain et au-delà se sont réunis autour d’un thème fédérateur : « Construire des futurs numériques inclusifs et résilients ». Class Pro y était représenté par sa fondatrice et directrice, Badal Fohmoh, qui animait une session dédiée à l’éducation aux médias et à l’information comme levier de protection des droits numériques. Une session ancrée dans les réalités africaines Intitulée « l’Éducation aux Médias et à l’Information comme bouclier des droits numériques : autonomiser les jeunes et les femmes pour construire des avenirs numériques résilients en Afrique », la session est partie d’un constat sans détour : les espaces numériques africains sont sous pression. Désinformation massive et virale, violences numériques ciblant les femmes, manipulation de l’information, fragilisation progressive des espaces en ligne, ce sont les quatre problèmes majeurs identifiés. Et au cœur de ces vulnérabilités, deux publics en première ligne : les jeunes et les femmes. Mais ce tableau n’est pas sans espoir. Il recèle un paradoxe porteur : les jeunes sont les plus connectés et donc les plus exposés, mais aussi les plus capables de devenir des acteurs du changement. Les femmes sont actives en ligne, davantage ciblées par les violences, mais aussi de plus en plus organisées pour résister. C’est là qu’intervient l’EMI. L’EMI : de la compétence à la citoyenneté La session a posé une équation simple mais fondamentale : EMI = Droits numériques. Comprendre l’information, vérifier avant de partager, se protéger en ligne, participer de manière responsable, ces quatre piliers de l’éducation aux médias et à l’information ne sont pas de simples compétences techniques. Ils sont la condition concrète d’exercice de droits fondamentaux : le droit à une information fiable, le droit à la sécurité en ligne, le droit à la participation numérique, le droit à la vie privée. L’objectif affiché : transformer les consommateurs passifs en acteurs critiques. Parce que construire des avenirs numériques résilients, ce n’est pas seulement une question de technologie. C’est une question de compétences, de conscience et de citoyenneté. #JeunesVoixCritiques : la preuve par le terrain Pour illustrer l’impact concret de l’EMI, la session a présenté la campagne #JeunesVoixCritiques, conçue et portée par Badal Fohmoh en collaboration avec Class Pro, avec le soutien de la Cohorte Démocratie & Jeunesse (YDC). Une campagne par et pour les jeunes, dont l’ambition est claire : former, sensibiliser, amplifier. Sur le terrain, les résultats sont visibles : des jeunes qui questionnent l’information, des filles qui reprennent la parole en ligne, des communautés plus vigilantes, une prise de conscience collective qui s’élargit. Comme le formule la campagne elle-même : « Nous ne parlons pas à la place des jeunes. Nous leur donnons les outils pour parler eux-mêmes. » La session a suscité des échanges riches et engagés, co-animée par Épiphane, coordinateur pays Class Pro Côte d’Ivoire et ambassadeur de la démocratie auprès de la Fondation pour l’innovation pour la démocratie, une présence qui ancrait le propos dans les réalités ivoiriennes et renforçait la dimension panafricaine du réseau Class Pro. Lire aussi : #JeunesVoixCritiques : une campagne pour valoriser les militants numériques camerounais Des rencontres qui font avancer le réseau Au-delà de la session, le DRIF26 a été l’occasion de renforcer des liens précieux avec des acteurs clés de l’écosystème EMI continental : Aristide Kanga et l’équipe des Bénévoles de l’EMI, Tairu de la cellule anti fake, Kenmogne de Digital Access Cameroun. Des connexions nouées en ligne depuis des mois, parfois des années, qui ont trouvé à Abidjan leur première incarnation physique. La communauté EMI africaine est bien réelle, bien vivante, et plus déterminée que jamais. Ce qu’il faut changer et ce que Class Pro fait pour y contribuer La session a formulé quatre grandes priorités pour un avenir numérique plus juste : démocratiser l’éducation aux médias en l’intégrant au-delà des politiques publiques et les curricula scolaires ; investir dans les initiatives locales portées par des acteurs de terrain ; créer des alliances régionales à l’échelle du continent ; et intégrer systématiquement les enjeux de genre et de jeunesse dans toutes les approches. Ce sont précisément ces chantiers que Class Pro porte au quotidien, au Cameroun et à travers son réseau panafricain. La suite : SALEMI 2026 et #JeunesVoixCritiques Phase 2 Le DRIF26 n’est qu’une étape. Class Pro poursuit son engagement sur deux fronts majeurs : SALEMI 2026 : le Salon Africain de l’Éducation aux Médias et à l’Information, coming soon. #JeunesVoixCritiques Phase 2 : après une première phase menée au Cameroun, la campagne s’étend vers de nouveaux territoires pour amplifier davantage les voix critiques de la jeunesse africaine. Restez connectés. Le travail continue.

Municipales 2026 à Douala 3 : « Nous portons le changement » – rencontre avec Nokam Christelle, candidate engagée pour une démocratie inclusive

À Douala 3, Nokam Christelle fait partie de ces voix qui comptent. Candidate engagée pour les droits des femmes et des personnes en situation de handicap, elle inscrit son parcours dans une dynamique de transformation sociale et démocratique. À l’approche des élections municipales de 2026, certaines candidatures portent bien plus qu’un programme politique : elles incarnent une vision de société. Dans cet entretien accordé à Class Pro, elle revient sur son engagement, les obstacles rencontrés et sa vision pour une commune plus inclusive. « Mon engagement est ancré dans les droits des femmes et des personnes handicapées. Je veux mettre mon expérience au service de la commune » Je suis Nokam Christelle, candidate aux élections municipales à Douala 3. Mon parcours est marqué par mon engagement pour les droits des femmes et des personnes handicapées. Derrière cette présentation sobre se cache un engagement de terrain, nourri par des réalités vécues et une volonté de faire évoluer les politiques locales. Lire aussi : Quand les femmes en situation de handicap briguent un mandat, la démocratie prend corps Pourquoi se lancer en politique, malgré les obstacles ? Je me présente pour apporter ma vision et mon expérience au service de la commune, en défendant les intérêts des femmes et des personnes handicapées. Une démarche qui rappelle que la politique locale est avant tout une question de proximité et de réponse aux besoins concrets des populations. Stéréotypes, ressources, charge mentale : les obstacles persistent Comme de nombreuses femmes, Nokam Christelle souligne les freins structurels à l’engagement politique : – la persistance des stéréotypes de genre ; – le manque d’accès aux ressources ; – le poids des responsabilités familiales. Mais à ces défis s’ajoute une réalité encore plus complexe. « On doute encore de notre capacité à diriger. » En tant que femme en situation de handicap, elle fait face à des obstacles spécifiques : J’ai rencontré des défis liés à l’accessibilité des lieux de réunion, mais aussi des préjugés sur la capacité des personnes handicapées à diriger dans mon entourage. Ces barrières, à la fois physiques et sociales, traduisent les limites actuelles de l’inclusion politique. « Nos voix sont cruciales. Nous portons le changement » Pour Nokam Christelle, la participation des femmes handicapées n’est pas optionnelle – elle est essentielle : – Leurs voix sont cruciales pour une représentation inclusive et pour défendre des politiques qui répondent à leurs besoins spécifiques. Nous portons le changement. Une affirmation forte, qui replace ces femmes comme actrices politiques à part entière. Dignité menstruelle : un enjeu encore invisibilisé Parmi les sujets qu’elle souhaite porter, la dignité menstruelle occupe une place importante. Les femmes handicapées font face à des défis d’accès aux produits d’hygiène et à des infrastructures adaptées. Les collectivités locales devraient améliorer l’accès à ces produits et créer des espaces inclusifs. Un angle encore trop peu abordé dans les politiques locales, mais essentiel pour une inclusion réelle. Des actions concrètes pour une commune inclusive Si elle est élue, Nokam Christelle ambitionne de porter des actions structurantes : – améliorer l’accessibilité des infrastructures publiques ; – promouvoir l’inclusion économique des femmes handicapées ; – renforcer la participation politique des jeunes femmes. Une vision qui s’inscrit pleinement dans une approche de démocratie locale inclusive. À la jeunesse, et particulièrement aux jeunes femmes, elle adresse un message clair : Ne laissez pas les obstacles vous arrêter ! Votre voix compte, et ensemble, nous pouvons changer les choses. Engagez-vous pour une société plus inclusive et juste. Lire aussi : Une démocratie inclusive ne progresse que lorsque toutes les voix sont entendues. Une candidature qui interpelle À travers son engagement, Nokam Christelle pose une question essentielle à la démocratie camerounaise : Qui a le droit de gouverner ? Sa candidature rappelle que la représentation politique ne doit exclure aucune voix, et surtout pas celles qui portent des expériences de vie souvent invisibilisées. Et vous ? Aux municipales de 2026, quels critères guideront votre choix ? Êtes-vous prê.e à soutenir une vision inclusive de la gouvernance locale ? Parce qu’une démocratie forte est une démocratie qui écoute toutes ses voix.

FAUX : Cette vidéo ne montre pas l’hôtel Hilton de Yaoundé touché par un missile balistique iranien

La vidéo a été créée numériquement à l’aide de l’intelligence artificielle. Cette vidéo sur Facebook, prétendant montrer un missile balistique iranien tombant sur l’hôtel Hilton de Yaoundé, est FAUSSE. La publication, partagée le 4 mars 2026, lit : « Un missile balistique iranien tombe sur le Hilton à Yaoundé au Cameroun ». Elle est accompagnée d’une vidéo de 11 secondes montrant un grand bâtiment qui explose sous l’effet d’un missile et des débris s’éparpillent partout. PesaCheck a analysé cette vidéo et l’a trouvée fausse. Une recherche d’images inversée sur Yandex en utilisant cette capture d’écran n’a donné aucun résultat crédible. Par contre, celles effectuées à l’aide des outils tels que AI Detector Image et WasIt AI Image Detector ont permis à PesaCheck de déterminer que cet élément audio visuel a été généré à 99,92 pour cent par l’intelligence artificielle. (Confère captures d’écran ci-dessous). Un examen attentif de la vidéo révèle plusieurs incohérences, par exemple l’ogive qui pointe vers le haut tandis que le culot tombe sur l’hôtel Hilton. Les piliers à l’extérieur du bâtiment endommagé ne sont pas pulvérisés, et les voitures garées juste devant semblent avoir été poussées par l’explosion. Cependant, à la fin de la vidéo, les voitures reprennent leur position initiale et ne présentent aucun signe de dommages. Une recherche Google avec les mots-clés : « Un missile balistique iranien tombe sur le Hilton Yaoundé le 4 mars 2026 » n’a donné aucun résultat crédible. Une image prise par PesaCheck le 5 mars 2026 démontre que l’hôtel Hilton n’a pas été détruit par quoi que ce soit, surtout pas par un missile balistique iranien, contrairement à ce que prétend l’auteur de ce post. Photo prise par PesaCheck le 5 mars 2026 à Yaoundé PesaCheck a également contacté Alain Lombat Kong, Sales, Marketing and Communication Manager de l’hôtel, qui a déclaré que « L’hôtel Hilton n’a jamais été détruit par un missile balistique ou aucune autre bombe. Il est bel et bien fonctionnel ». Cette affirmation a été faite à la suite du conflit qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran. PesaCheck a examiné une vidéo sur Facebook prétendant montrer un missile balistique iranien tombant sur l’hôtel Hilton de Yaoundé et l’a trouvée FAUSSE. Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. Cette vérification de faits a été rédigée par le vérificateur des faits Stéphane Eyock et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par le rédacteur principal à PesaCheck, Stephen Ndegwa. PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.  

Municipales 2026 : quand des femmes en situation de handicap briguent un mandat local, la démocratie prend corps

Les élections municipales de 2026 au Cameroun marquent un tournant silencieux mais puissant : des femmes en situation de handicap ne se contentent plus de revendiquer leur place dans l’espace civique. Elles la prennent. À Douala 3 comme à Wouri 5, leurs candidatures envoient un message clair : la démocratie locale doit ressembler à celles et ceux qu’elle gouverne. Se porter candidate : un acte politique fort Se présenter à une élection municipale exige courage, réseau, moyens et résilience. Et pour une femme en situation de handicap, cet engagement signifie souvent : – affronter les stéréotypes liés au genre et au handicap ; – évoluer dans des environnements politiques peu accessibles ; – mener campagne dans des espaces publics parfois inadaptés ; – convaincre au-delà des préjugés. Et pourtant, elles s’engagent À Douala 3 (DLA 3), Nokam Foko Christelle Yolande fait le choix de transformer son expérience en levier d’action publique. À Wouri 5, Carine Malela défend une vision d’une commune accessible, prospère et solidaire. Ces candidatures ne sont pas symboliques. Elles sont politiques et on passe de la représentation à la transformation La participation des femmes en situation de handicap aux élections locales dépasse la question de la visibilité. Elle interroge la manière dont les communes sont pensées, planifiées et gouvernées. Une élue municipale qui vit les réalités du handicap au quotidien peut impulser : – une meilleure accessibilité des bâtiments publics ; – des politiques locales inclusives ; – une prise en compte réelle des besoins des personnes marginalisées ; – une culture de participation citoyenne élargie. La démocratie locale est l’espace le plus proche des citoyennes et citoyens. C’est là que se construisent les routes, les écoles, les marchés, les centres de santé. C’est là aussi que se décide l’accessibilité ou son absence. Lire aussi : Participation citoyenne des femmes handicapées au cœur de la démocratie inclusive  Briser le plafond politique Longtemps, les femmes en situation de handicap ont été perçues comme bénéficiaires de politiques sociales. Les voir aujourd’hui candidates renverse cette logique : elles ne demandent plus seulement des politiques inclusives, elles veulent les écrire. Ce basculement est fondamental. Il transforme l’imaginaire politique, il inspire d’autres femmes. Il interpelle les partis, il oblige les médias à repenser leur traitement des candidatures. Le rôle des médias et de l’EMI Dans une période électorale, la bataille est aussi narrative. Les médias accordent-ils une visibilité équitable à ces candidatures ? Les débats politiques sont-ils accessibles (langue des signes, sous-titrage, formats adaptés) ? Les discours médiatiques évitent-ils le misérabilisme ou l’instrumentalisation ? L’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI), au cœur de l’engagement de Class Pro, appelle à : – analyser la couverture médiatique ; – déconstruire les biais ; – promouvoir une représentation respectueuse et équitable ; – encourager un vote éclairé, fondé sur les programmes et non sur les préjugés. Une démocratie locale à l’épreuve Les municipales de 2026 sont un test. Si les conseils municipaux ne reflètent pas la diversité des communes, alors la démocratie reste incomplète. La candidature de femmes en situation de handicap à Douala rappelle une évidence : la citoyenneté ne connaît ni condition physique, ni barrière sociale. Elle connaît des droits. Et ces droits incluent le droit d’être élue, une question pour nous toutes et tous : sommes-nous prêts à soutenir une représentation politique plus inclusive ? Sommes-nous prêts à juger les candidatures sur leurs visions et leurs compétences, et non sur des stéréotypes ? La démocratie inclusive ne se décrète pas. Elle se construit. Dans les urne sans les récits, dans nos choix. Oserons nous faire le choix adéquat ?

Participation citoyenne des femmes handicapées : au cœur de la démocratie inclusive

La démocratie ne peut être réelle que si toutes et tous y participent pleinement. Pourtant, dans de nombreux espaces politiques et citoyens, des barrières invisibles et persistantes continuent d’exclure des voix essentielles. Parmi elles, celles des femmes en situation de handicap. Pour une vraie démocratie, il ne suffit pas de lever des obstacles physiques : il faut aussi déconstruire les normes sociales, les stéréotypes et les discriminations qui privent ces femmes de leur rôle de citoyennes actives. Quand citoyenneté rime avec obstacles Être citoyenne, c’est pouvoir s’exprimer, voter, s’organiser, se faire entendre. Mais pour les femmes handicapées, l’accès à ces droits fondamentaux reste souvent entravé par : – des barrières physiques dans les lieux publics et les bureaux de vote. – des situations économiques précaires, qui limitent l’accès à l’information et à l’éducation civique. – des stéréotypes sociaux qui les invisibilisent dans les débats publics. – des discriminations croisées , liées au genre, au handicap, à l’origine ou au statut socio-économique. Ces obstacles ne sont pas anodins : ils empêchent des citoyennes à part entière de participer équitablement à la vie politique et civique. Pourquoi la participation des femmes handicapées est essentielle Une démocratie inclusive ne progresse que lorsque toutes les voix sont entendues. Quand les femmes handicapées participent activement : – les politiques publiques deviennent plus justes, elles reflètent mieux les besoins réels de la population. – les droits humains sont renforcés : l’égalité de participation est un pilier des sociétés démocratiques. – les communautés deviennent plus résilientes : l’écoute et la diversité d’expérience enrichissent les décisions collectives. – les préjugés s’effritent : la présence visible de femmes handicapées dans l’espace public déconstruit les stéréotypes. La participation citoyenne n’est pas seulement un droit individuel : c’est un acte collectif qui transforme les sociétés. Des voix qui s’organisent, des actions qui inspirent Dans de nombreuses régions, des femmes handicapées se mobilisent déjà pour faire entendre leurs voix : – groupes de plaidoyer qui travaillent à l’accessibilité des bureaux de vote. – forums citoyens inclusifs, où femmes handicapées et allié.es débattent de futures politiques publiques. – ations de sensibilisation contre les discriminations liées au genre et au handicap. – initiatives locales pour former à l’éducation civique et renforcer les capacités de leadership.Ces actions montrent que, loin d’être des bénéficiaires passives, les femmes handicapées sont des actrices essentielles de la démocratie. Lire aussi : Briser les barrières, construire les ponts : les médias au cœur de l’inclusion politique des femmes  handicapées  Lever les barrières : des mesures concrètes Pour garantir une participation citoyenne pleine et entière, il est urgent d’agir sur plusieurs fronts : 1. Accessibilité universelle – Adapter les bureaux de vote et les espaces publics. – Offrir des formats d’information accessibles (audio, braille, langues de signes). 2. Éducation civique inclusive – Former sur les droits civiques dès le plus jeune âge, de façon adaptée. – Encourager des campagnes de sensibilisation ciblées et accessibles. 3. Représentation politique – Promouvoir la candidature de femmes handicapées à tous les niveaux. – Siutenir les plateformes et les réseaux où elles s’expriment. 4. Lutte contre les stéréotypes – Mettre en lumière des modèles inspirants. – Intégrer des récits positifs dans les médias et l’éducation. – Changer les récits, transformer les démocraties La participation citoyenne des femmes en situation de handicap n’est pas une question secondaire, ni un sujet d’appoint dans les grands débats politiques : c’est un enjeu central pour l’avenir démocratique de nos sociétés. Quand une femme handicapée vote, manifeste, discute, fait appel à son esprit critique, milite, ou porte une idée, elle enrichit la démocratie de son expérience, de sa perspective, de sa force. Briser les barrières, c’est créer des ponts : entre droits proclamés et droits vécus, entre potentiel citoyen et participation réelle. Et toi ? Quelle sera ta contribution à une démocratie où chacune et chacun trouve sa place ?

HandiFiers lance Her Too, un pont vers l’inclusion et l’autonomie

L’espace civique camerounais a franchi une étape décisive le 3 décembre 2025 avec le lancement officiel du programme HER TOO – Breaking Barriers, Building Bridges. Orchestré par l’Association Handicapés et Fiers (HandiFiers) en partenariat stratégique avec l’Ambassade de France au Cameroun, ce projet est bien plus qu’une formation : c’est un manifeste pour le droit à la représentation des femmes en situation de handicap. L’urgence d’une voix : le manque démocratique L’événement a débuté par un constat qui interpelle toute la sphère politique. La fondatrice d’HandiFiers, Michelle Sojip, a exposé sans détour le vide démocratique. « Aujourd’hui, nous avons une seule députée en situation de handicap au Cameroun, et zéro femme dans cette situation au sein de nos conseils municipaux. Il est temps de changer cette réalité. » Ce programme affirme ainsi que le simple respect du critère de genre est insuffisant. Il faut aller plus loin en garantissant l’accès aux sphères décisionnelles pour les femmes qui sont historiquement marginalisées. Michelle Sojip a résumé l’ambition d’une formule forte : « J’ai toujours voulu être une voix qui protège et qui porte. Et aujourd’hui, je veux que chacune d’entre vous devienne cette voix pour d’autres femmes. Aucune femme ne doit être laissée de côté. » Un cadre stratégique inclusif : les outils du changement Le programme HER TOO a été conçu comme une réponse stratégique aux obstacles systémiques. Il vise à fournir aux participantes non seulement la confiance, mais aussi les outils concrets pour transformer le paysage politique et électoral. Les échanges ont permis d’identifier et de prioriser des solutions pour une véritable accessibilité : – Accessibilité physique et logistique : rendre les bureaux de vote accessibles et adapter les documents électoraux. – Soutien humain et juridique : mse en place de mentorat et de soutien financier, développement de l’interprétation en langue des signes, et promotion des lois anti-discrimination. – Réseautage et données Données : création de réseaux de solidarité entre femmes engagées et intégration de la collecte de données pour une meilleure planification. L’engagement : quand la coopération renforce l’impact Le succès d’une telle initiative repose sur une solide alliance. Le partenariat franco-camerounais s’est montré exemplaire. Le consul général de France à Douala, représentant de l’Ambassade de France a réaffirmé l’alignement du programme avec la stratégie française de diplomatie féministe : « L’inclusion des femmes handicapées dans la vie politique est une priorité. Votre voix compte. » De son côté, la représentante du gouvernement a transmis un message d’autonomisation et d’engagement de l’État. Elle a encouragé les futures leaders : « Être en situation de handicap ne doit jamais être un frein à vos ambitions. Ce qui fonctionne d’abord, c’est votre tête, pas vos mains ou vos pieds. » Elle a également confirmé que les services de l’État seront mobilisés pour faciliter la réussite de HER TOO et que l’association sera intégrée à des programmes nationaux d’inclusion, assurant un soutien pérenne. Vers une démocratie authentiquement inclusive Les participantes sont reparties avec une conviction : leur place dans la vie publique n’est plus discutable. Ce programme représente une pierre de plus vers une démocratie plus juste et véritablement inclusive. En recevant leurs attestations, les six premières bénéficiaires, elles ont compris que ce n’est pas  la fin d’un parcours, mais le début de leur engagement politique. Leur départ a résonné avec la phrase qui a fait consensus dans la salle : « L’inclusion n’est pas une faveur, c’est une exigence démocratique. » En dotant ces femmes du leadership, de la connaissance et du réseau, HER TOO fait plus que briser des barrières : il construit les ponts qui mèneront à une Assemblée nationale et des conseils municipaux véritablement représentatifs. C’est un investissement dans le tissu démocratique du Cameroun. L’autre moment marquant de cette cérémonie a été celui des signatures, de l’engagement et de l’inclusion.

Éducation aux médias : et si le Cameroun s’inspirait des modèles étrangers ?

Entre la rigueur finlandaise, l’esprit critique suisse, la coordination française et la participation belge, que peut apprendre le Cameroun pour construire son propre modèle d’éducation aux médias et à l’information ? Pourquoi l’éducation aux médias est urgente au Cameroun La désinformation circule plus vite que la vérité. Les jeunes camerounais grandissent connectés, mais rarement formés à décrypter ce qu’ils lisent, regardent ou partagent. Dans un environnement numérique saturé, l’esprit critique devient une compétence vitale. L’éducation aux médias et à l’information (EMI) n’est pas seulement une affaire d’école : c’est une question de démocratie, de paix sociale et de citoyenneté numérique. Et si le Cameroun regardait ce qui se fait ailleurs pour imaginer sa propre voie ? Ce que font les autres : 4 modèles inspirants La Finlande : l’esprit critique comme réflexe national Souvent citée en exemple, la Finlande a intégré l’EMI au cœur de son système éducatif. Chaque élève y apprend à vérifier les sources, analyser les intentions derrière les messages et comprendre le rôle des médias dans la démocratie. Ce n’est pas une matière isolée, mais un fil conducteur présent dans toutes les disciplines. Résultat : une population parmi les plus résistantes à la désinformation dans le monde. La Suisse : un modèle de coéducation En Suisse, l’éducation aux médias repose sur un dialogue permanent entre école, familles et médias. Des programmes locaux favorisent les débats intergénérationnels autour du numérique, et les élèves participent eux-mêmes à la création de contenus et aux débats. L’approche est collaborative, fondée sur la confiance et la participation de tous les acteurs éducatifs. La France : une structuration nationale Depuis 1983, la France dispose du CLEMI (Centre pour l’éducation aux médias et à l’information), qui coordonne les actions à l’échelle du pays. Il forme les enseignants, développe des ressources pédagogiques et soutient des initiatives scolaires comme la « Semaine de la presse et des médias à l’école (SPME) ». Ce modèle montre l’importance d’une stratégie nationale claire et soutenue par les pouvoirs publics. La Belgique : l’éducation par la pratique En Belgique, l’EMI s’est construite autour des initiatives de la société civile et de l’éducation populaire. Les jeunes y sont encouragés à devenir acteurs : à produire eux-mêmes des podcasts, des journaux ou des vidéos, pour mieux comprendre les mécanismes médiatiques. C’est une approche vivante, horizontale et participative, centrée sur l’expérimentation. Lire aussi : Internet sous pression : quand la désinformation cache la répression numérique  Et le Cameroun dans tout ça ? Le Cameroun ne part pas de zéro. Il avance, mais sans cadre national solide. Dans les écoles, l’EMI reste peu présente. Pourtant, sur le terrain, des acteurs locaux innovent et agissent. Depuis quelques années, des initiatives locales émergent pour combler le vide laissé par l’absence d’une véritable politique nationale d’éducation aux médias et à l’information. Si l’école camerounaise reste encore peu outillée pour former les élèves à la lecture critique de l’information, des organisations de la société civile ont pris le relais, avec conviction et créativité. Parmi elles, Class Pro : qui en a fait un combat quotidien. Elle se distingue par son approche communautaire et critique. Fondée en 2022, l’association s’est donnée pour mission de rendre l’EMI accessible à tous les publics – jeunes, enseignants, journalistes, femmes et leaders communautaires à travers des projets comme #VOFEM, #JeunesVoixCritiques ou la Bourse EMI. Sa devise, « L’EMI sur tous les fronts », traduit bien sa vision : l’esprit critique est un outil d’émancipation et de justice sociale. Aux côtés de Class Pro, Eduk-Média. Pionnière et autre actrice clé, elle œuvre également à sensibiliser et former, notamment dans le milieu scolaire. L’organisation s’investit dans la production de contenus pédagogiques, la formation d’enseignants et la promotion d’un usage responsable du numérique. Ces deux acteurs illustrent la vitalité d’une société civile camerounaise qui ne se résigne pas à attendre des réformes venues d’en haut. Pourtant, le défi reste de taille : comment faire passer ces initiatives pionnières à l’échelle nationale ? Sans un cadre institutionnel clair, un appui public et une coordination entre les acteurs, l’EMI au Cameroun risque de rester cantonnée à des actions ponctuelles, alors qu’elle devrait devenir un pilier de l’éducation citoyenne et numérique. S’inspirer sans copier : vers un modèle camerounais S’inspirer de l’étranger, oui. Copier, non. Chaque pays a développé son approche en fonction de son histoire, de sa culture et de ses priorités. Le Cameroun, lui aussi, peut inventer sa propre voie, en combinant le meilleur des modèles existants : – De la Finlande, il peut tirer la rigueur pédagogique et la transversalité de l’enseignement critique. – De la Suisse, la co-construction entre acteurs éducatifs, médias et familles. – De la France, la structuration institutionnelle et la formation des enseignants. – De la Belgique, l’apprentissage par la pratique et la participation des jeunes. En adaptant ces forces à ses réalités locales : diversité linguistique, fractures numériques, contexte social et politique, le Cameroun peut bâtir une culture médiatique citoyenne et inclusive, au service de la démocratie. Lire aussi: Quand l’humour éveille l’esprit critique Construire notre propre modèle L’éducation aux médias n’est pas un luxe réservé aux pays du Nord. Elle est une condition de la liberté d’expression, du vivre-ensemble et du développement. Le Cameroun dispose déjà d’acteurs engagés, de jeunes créatifs, d’enseignants curieux et de médias désireux de mieux informer. Il ne manque plus qu’une vision partagée, une volonté politique et des synergies. Construire un modèle national d’EMI, c’est construire une société plus libre, plus critique et plus responsable. Au cœur de cette ambition, Class Pro porte une vision claire : « Faire de chaque citoyen un acteur éclairé et responsable du numérique, capable de naviguer, créer et collaborer dans un environnement digital inclusif, éthique et résilient, où l’éducation aux médias et à l’information est une priorité partagée par tous. » Surtout un environnement où chaque citoyen camerounais sache lire, comprendre et agir dans le monde médiatique. Le défi est grand, mais la route est tracée. Avec des acteurs engagés, des jeunes créatifs et des enseignants curieux, le Cameroun peut devenir

Internet sous pression: quand la désinformation cache la répression numérique

Bien avant la présidentielle 2025 du Cameroun, l’espace numérique s’est transformé en un camp de guerre. Entre rumeurs virales, messages alarmistes et publications émotionnelles…  Une toile sous pression Bien que l’espace numérique camerounais soit en ébullition, la pression a augmenté depuis l’annonce des résultats de la présidentielle de 2025. Internet au Cameroun n’est plus seulement un outil de communication, mais un véritable champ de tension. D’un côté, la désinformation circule à grande vitesse : rumeurs alarmistes, vidéos sorties de leur contexte, récits d’incidents difficiles à vérifier. De l’autre, la répression numérique se renforce : données effacées, blocages ciblés, intimidations de journalistes,de cyber activistes et de citoyens. Le paradoxe est frappant : alors que certains messages alarmistes justifient la vigilance, c’est la liberté d’expression elle-même qui est menacée. Et les réseaux sociaux se transforment en arènes où les émotions prennent le pas sur les faits. Des profils anonymes, peu ou très connus diffusent des récits inquiétants : des tirs sur des civils, des arrestations ciblées, des violences dans les quartiers, souvent signés de pseudos comme « N’zui Manto« . La désinformation comme prétexte Les jours post-électoraux ont vu se multiplier des contenus viraux signés de certains médias, d’activistes web, d’hommes politiques, de personnes dites « proches du pouvoir » ou de profils non vérifiés, décrivant des violences, des arrestations ou des actions de milices. Ces publications, souvent partagées avec émotion, provoquent un climat de peur et de méfiance, et donnent parfois aux autorités un prétexte pour intervenir numériquement. Ainsi, les efforts pour “lutter contre les fake news” peuvent se transformer en instrument de censure, où les voix citoyennes les plus lucides et critiques sont réduites au silence. La désinformation justifie la censure, et la censure alimente la désinformation. C’est le cercle vicieux d’un internet sous tension. La répression numérique : l’autre visage de la crise Certains médias et activistes indépendants ont rapporté des comptes suspendus ou supprimés, des publications ou données effacées, des intimidations directes liées à des enquêtes, des vidéos virales ou des reportages critiques. Alors que la désinformation prospère, les espaces d’expression sécurisés se rétrécissent. Le droit à l’information, pilier fondamental de la démocratie, se retrouve fragilisé.  Internet comme baromètre de la liberté Un pays où l’on surveille les mots est un pays qui se méfie de ses citoyens. La liberté d’expression ne s’arrête pas aux portes du numérique : elle s’y mesure, s’y teste, s’y protège. Un Internet surveillé et restreint reflète le climat politique réel : quand la parole citoyenne est muselée, la confiance s’érode. Les coupures ou ralentissements d’accès aux réseaux sociaux ne sont pas de simples mesures techniques : elles affectent directement la capacité des citoyens à comprendre et à agir. Internet n’est pas un luxe, c’est un thermomètre démocratique. Lorsque la liberté d’expression est limitée, ce sont les fondations mêmes de la démocratie qui vacillent.  Éduquer, vérifier, résister Face à cette double menace, désinformation et répression, il existe une réponse citoyenne: l’esprit critique. Elle doit être collective et réfléchie : – Vérifier chaque information avant de la partager. – Croiser les sources et s’informer auprès de médias fiables. – Protéger et soutenir les journalistes, activistes web, et voix indépendantes. Tout ceci témoigne de l’importance de l’éducation aux médias et à l’information (EMI). Ce n’est pas une option : c’est la clé pour que les citoyens défendent leur droit à la parole et à l’information en toute responsabilité.  Conclusion En période post-électorale, la démocratie ne se limite pas au vote. Elle se mesure aussi à la capacité des citoyens à parler, à s’informer et à débattre librement. Sur Internet, l’esprit critique reste la meilleure arme contre la manipulation et la censure. Protéger cette liberté, c’est protéger la voix du peuple. Défendre internet et la liberté d’expression, c’est défendre le droit de penser, de questionner et de partager, même quand les mots dérangent. Sur la toile, l’esprit critique est notre meilleure arme.

Bilan à mi-parcours de la campagne #JeunesVoixCritiques

Portée par Badal FOHMOH, en collaboration avec Class Pro, propulsée par Digital Democracy Initiatives et soutenue par la Youth Democracy Cohort, la campagne #JeunesVoixCritiques donne la parole à dix jeunes Camerounais et Camerounaises qui utilisent les médias et le numérique pour bâtir des sociétés plus justes, inclusives et éclairées Cette initiative s’inscrit dans le prolongement du projet Digitalise Youth, qui vise à renforcer la participation démocratique en ligne, à lutter contre la désinformation et à protéger les droits numériques. Ce projet soutient les jeunes activistes et les organisations de la société civile (OSC) dans 14 pays au Sahel et dans les régions voisines en leur permettant de développer leurs compétences numériques et leur engagement politique en ligne. Mis en œuvre par le consortium European Partnership for Democracy, Africtivistes, Code For Africa, CFImedias, Scouting in Africa et Kofi Annan Foundation, le projet dote les jeunes activistes, les OSC et les médias d’outils nécessaires pour lutter contre la désinformation, se protéger des menaces numériques et défendre les droits numériques. Une génération critique et audacieuse À travers leurs parcours, leurs actions et leurs messages, ces dix jeunes militants numériques incarnent la diversité des combats pour une Afrique plus libre, informée et démocratique. Ils s’expriment sur des thématiques aussi essentielles que la démocratie, la participation citoyenne, le climat, l’égalité des genres, l’éducation ou encore les droits numériques. Les cinq premières voix déjà à l’honneur Depuis le lancement de la campagne, le 15 septembre 2025, journée internationale de la démocratie, cinq voix fortes ont déjà pris la parole à travers des vidéos et des affiches inspirantes diffusées sur les plateformes de Badal FOHMOH, de Class Pro et relayées par de nombreux jeunes à travers le pays et le continent. Cinq premières voix se sont élevées depuis le lancement de la campagne. Cinq femmes, cinq parcours, cinq manières d’incarner une même conviction : le numérique peut être un outil de transformation sociale et démocratique lorsqu’il est guidé par l’esprit critique, la responsabilité et la solidarité. 1- Badal Fohmoh – la voix fondatrice Blogueuse engagée, journaliste multimédia, militante de l’éducation aux médias et à l’information et présidente de Class Pro. Elle est l’initiatrice de la campagne #JeunesVoixCritiques. À travers ses formations, ses chroniques et ses projets, elle invite les jeunes à s’approprier le numérique comme un espace d’action citoyenne. Elle a donc naturellement ouvert la série avec un appel vibrant à l’action : donner aux jeunes les moyens de s’exprimer, de résister à la désinformation et de défendre la démocratie numérique. 2- Tamara N’kom Essesse – la voix de la construction Fondatrice de la Mboko Dream Foundation, Tamara a partagé son engagement pour l’éducation et la culture, convaincue que: “l’éducation est la clé d’un futur plus juste et plus humain”. 3- Ange Sarah – la voix de la mobilisation Militante pour la démocratie et la participation électorale, elle a rappelé à la jeunesse camerounaise que voter, c’est aussi veiller, questionner et construire. 4- Érica Kuissi – la voix créative Activiste climatique et fondatrice du Climate Life Movement, Erica a mis en lumière le lien entre justice climatique et droits humains, en soulignant que la crise climatique est avant tout une crise des droits humains. 5- Florline Kwinga épouse Jung – La voix du courage invisible Actrice, Miss Maman Africa 2025, épouse et mère d’une enfant atteinte d’une maladie rare, Florline Kwing épouse Jung rappelle que l’engagement peut aussi naître de l’intime. À travers son témoignage, elle fait entendre la voix des mères, des familles et de toutes celles qui transforment la douleur en force. « Mon combat est souvent invisible, mais il est vital. » Dix parcours, un même souffle Chacun de ces jeunes fait entendre une voix singulière, mais tous partagent une même conviction : l’information peut devenir une arme pour construire, et non pour diviser. La campagne #JeunesVoixCritiques met en avant des récits authentiques, portés par une jeunesse qui veut comprendre, agir et transformer son environnement. Les cinq autres jeunes figures de la campagne – issues des domaines de l’innovation, de l’inclusion, de la citoyenneté numérique et des droits des femmes et des filles prendront la parole dans les prochaines semaines. Une campagne participative et panafricaine Au-delà de la série vidéo, #JeunesVoixCritiques se veut un espace de dialogue et de mobilisation. Chaque publication invite le public à réagir, à débattre, à relayer et à rejoindre le mouvement. Le partage d’expériences se fait tout au long de la campagne, et le café citoyen viendra clore celle-ci. Lire aussi: Jeunes voix critiques : une campagne pour valoriser les militants numériques camerounais Une génération qui inspire Ces cinq premières Jeunes Voix Critiques incarnent la diversité et la force de l’engagement citoyen au féminin. À travers leurs histoires, elles montrent que penser, parler et agir autrement est possible, et qu’ensemble, les jeunes peuvent bâtir un espace numérique plus juste, plus inclusif et plus démocratique. Les chiffres À ce stade de la campagne, les chiffres sont tout aussi impactant que la campagne elle même. Nous enregistrons : 12 000 vues, 2 526 interactions, 120 partages, 562 likes (Facebook uniquement). Ceci sans tenir compte des autres réseaux x (anciennement Twitter), LinkedIn, TikTok et youtube.  Continuez à partager les vidéos, réagissez, commentez, et faites entendre votre propre voix. Parce qu’une démocratie forte a besoin de citoyens critiques, connectés et responsables. Suivez la campagne sur les pages Badal FOHMOH, Class Pro et rejoignez la conversation avec le hashtag #JeunesVoixCritiques. Parce que penser, c’est déjà agir.

Class Pro est une association qui mobilise l’action civique pour lutter contre les désordres informationnels

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