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Municipales 2026 : quand des femmes en situation de handicap briguent un mandat local, la démocratie prend corps

Les élections municipales de 2026 au Cameroun marquent un tournant silencieux mais puissant : des femmes en situation de handicap ne se contentent plus de revendiquer leur place dans l’espace civique. Elles la prennent. À Douala 3 comme à Wouri 5, leurs candidatures envoient un message clair : la démocratie locale doit ressembler à celles et ceux qu’elle gouverne. Se porter candidate : un acte politique fort Se présenter à une élection municipale exige courage, réseau, moyens et résilience. Et pour une femme en situation de handicap, cet engagement signifie souvent : – affronter les stéréotypes liés au genre et au handicap ; – évoluer dans des environnements politiques peu accessibles ; – mener campagne dans des espaces publics parfois inadaptés ; – convaincre au-delà des préjugés. Et pourtant, elles s’engagent À Douala 3 (DLA 3), Nokam Foko Christelle Yolande fait le choix de transformer son expérience en levier d’action publique. À Wouri 5, Carine Malela défend une vision d’une commune accessible, prospère et solidaire. Ces candidatures ne sont pas symboliques. Elles sont politiques et on passe de la représentation à la transformation La participation des femmes en situation de handicap aux élections locales dépasse la question de la visibilité. Elle interroge la manière dont les communes sont pensées, planifiées et gouvernées. Une élue municipale qui vit les réalités du handicap au quotidien peut impulser : – une meilleure accessibilité des bâtiments publics ; – des politiques locales inclusives ; – une prise en compte réelle des besoins des personnes marginalisées ; – une culture de participation citoyenne élargie. La démocratie locale est l’espace le plus proche des citoyennes et citoyens. C’est là que se construisent les routes, les écoles, les marchés, les centres de santé. C’est là aussi que se décide l’accessibilité ou son absence. Lire aussi : Participation citoyenne des femmes handicapées au cœur de la démocratie inclusive  Briser le plafond politique Longtemps, les femmes en situation de handicap ont été perçues comme bénéficiaires de politiques sociales. Les voir aujourd’hui candidates renverse cette logique : elles ne demandent plus seulement des politiques inclusives, elles veulent les écrire. Ce basculement est fondamental. Il transforme l’imaginaire politique, il inspire d’autres femmes. Il interpelle les partis, il oblige les médias à repenser leur traitement des candidatures. Le rôle des médias et de l’EMI Dans une période électorale, la bataille est aussi narrative. Les médias accordent-ils une visibilité équitable à ces candidatures ? Les débats politiques sont-ils accessibles (langue des signes, sous-titrage, formats adaptés) ? Les discours médiatiques évitent-ils le misérabilisme ou l’instrumentalisation ? L’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI), au cœur de l’engagement de Class Pro, appelle à : – analyser la couverture médiatique ; – déconstruire les biais ; – promouvoir une représentation respectueuse et équitable ; – encourager un vote éclairé, fondé sur les programmes et non sur les préjugés. Une démocratie locale à l’épreuve Les municipales de 2026 sont un test. Si les conseils municipaux ne reflètent pas la diversité des communes, alors la démocratie reste incomplète. La candidature de femmes en situation de handicap à Douala rappelle une évidence : la citoyenneté ne connaît ni condition physique, ni barrière sociale. Elle connaît des droits. Et ces droits incluent le droit d’être élue, une question pour nous toutes et tous : sommes-nous prêts à soutenir une représentation politique plus inclusive ? Sommes-nous prêts à juger les candidatures sur leurs visions et leurs compétences, et non sur des stéréotypes ? La démocratie inclusive ne se décrète pas. Elle se construit. Dans les urne sans les récits, dans nos choix. Oserons nous faire le choix adéquat ?

Participation citoyenne des femmes handicapées : au cœur de la démocratie inclusive

La démocratie ne peut être réelle que si toutes et tous y participent pleinement. Pourtant, dans de nombreux espaces politiques et citoyens, des barrières invisibles et persistantes continuent d’exclure des voix essentielles. Parmi elles, celles des femmes en situation de handicap. Pour une vraie démocratie, il ne suffit pas de lever des obstacles physiques : il faut aussi déconstruire les normes sociales, les stéréotypes et les discriminations qui privent ces femmes de leur rôle de citoyennes actives. Quand citoyenneté rime avec obstacles Être citoyenne, c’est pouvoir s’exprimer, voter, s’organiser, se faire entendre. Mais pour les femmes handicapées, l’accès à ces droits fondamentaux reste souvent entravé par : – des barrières physiques dans les lieux publics et les bureaux de vote. – des situations économiques précaires, qui limitent l’accès à l’information et à l’éducation civique. – des stéréotypes sociaux qui les invisibilisent dans les débats publics. – des discriminations croisées , liées au genre, au handicap, à l’origine ou au statut socio-économique. Ces obstacles ne sont pas anodins : ils empêchent des citoyennes à part entière de participer équitablement à la vie politique et civique. Pourquoi la participation des femmes handicapées est essentielle Une démocratie inclusive ne progresse que lorsque toutes les voix sont entendues. Quand les femmes handicapées participent activement : – les politiques publiques deviennent plus justes, elles reflètent mieux les besoins réels de la population. – les droits humains sont renforcés : l’égalité de participation est un pilier des sociétés démocratiques. – les communautés deviennent plus résilientes : l’écoute et la diversité d’expérience enrichissent les décisions collectives. – les préjugés s’effritent : la présence visible de femmes handicapées dans l’espace public déconstruit les stéréotypes. La participation citoyenne n’est pas seulement un droit individuel : c’est un acte collectif qui transforme les sociétés. Des voix qui s’organisent, des actions qui inspirent Dans de nombreuses régions, des femmes handicapées se mobilisent déjà pour faire entendre leurs voix : – groupes de plaidoyer qui travaillent à l’accessibilité des bureaux de vote. – forums citoyens inclusifs, où femmes handicapées et allié.es débattent de futures politiques publiques. – ations de sensibilisation contre les discriminations liées au genre et au handicap. – initiatives locales pour former à l’éducation civique et renforcer les capacités de leadership.Ces actions montrent que, loin d’être des bénéficiaires passives, les femmes handicapées sont des actrices essentielles de la démocratie. Lire aussi : Briser les barrières, construire les ponts : les médias au cœur de l’inclusion politique des femmes  handicapées  Lever les barrières : des mesures concrètes Pour garantir une participation citoyenne pleine et entière, il est urgent d’agir sur plusieurs fronts : 1. Accessibilité universelle – Adapter les bureaux de vote et les espaces publics. – Offrir des formats d’information accessibles (audio, braille, langues de signes). 2. Éducation civique inclusive – Former sur les droits civiques dès le plus jeune âge, de façon adaptée. – Encourager des campagnes de sensibilisation ciblées et accessibles. 3. Représentation politique – Promouvoir la candidature de femmes handicapées à tous les niveaux. – Siutenir les plateformes et les réseaux où elles s’expriment. 4. Lutte contre les stéréotypes – Mettre en lumière des modèles inspirants. – Intégrer des récits positifs dans les médias et l’éducation. – Changer les récits, transformer les démocraties La participation citoyenne des femmes en situation de handicap n’est pas une question secondaire, ni un sujet d’appoint dans les grands débats politiques : c’est un enjeu central pour l’avenir démocratique de nos sociétés. Quand une femme handicapée vote, manifeste, discute, fait appel à son esprit critique, milite, ou porte une idée, elle enrichit la démocratie de son expérience, de sa perspective, de sa force. Briser les barrières, c’est créer des ponts : entre droits proclamés et droits vécus, entre potentiel citoyen et participation réelle. Et toi ? Quelle sera ta contribution à une démocratie où chacune et chacun trouve sa place ?

HandiFiers lance Her Too, un pont vers l’inclusion et l’autonomie

L’espace civique camerounais a franchi une étape décisive le 3 décembre 2025 avec le lancement officiel du programme HER TOO – Breaking Barriers, Building Bridges. Orchestré par l’Association Handicapés et Fiers (HandiFiers) en partenariat stratégique avec l’Ambassade de France au Cameroun, ce projet est bien plus qu’une formation : c’est un manifeste pour le droit à la représentation des femmes en situation de handicap. L’urgence d’une voix : le manque démocratique L’événement a débuté par un constat qui interpelle toute la sphère politique. La fondatrice d’HandiFiers, Michelle Sojip, a exposé sans détour le vide démocratique. « Aujourd’hui, nous avons une seule députée en situation de handicap au Cameroun, et zéro femme dans cette situation au sein de nos conseils municipaux. Il est temps de changer cette réalité. » Ce programme affirme ainsi que le simple respect du critère de genre est insuffisant. Il faut aller plus loin en garantissant l’accès aux sphères décisionnelles pour les femmes qui sont historiquement marginalisées. Michelle Sojip a résumé l’ambition d’une formule forte : « J’ai toujours voulu être une voix qui protège et qui porte. Et aujourd’hui, je veux que chacune d’entre vous devienne cette voix pour d’autres femmes. Aucune femme ne doit être laissée de côté. » Un cadre stratégique inclusif : les outils du changement Le programme HER TOO a été conçu comme une réponse stratégique aux obstacles systémiques. Il vise à fournir aux participantes non seulement la confiance, mais aussi les outils concrets pour transformer le paysage politique et électoral. Les échanges ont permis d’identifier et de prioriser des solutions pour une véritable accessibilité : – Accessibilité physique et logistique : rendre les bureaux de vote accessibles et adapter les documents électoraux. – Soutien humain et juridique : mse en place de mentorat et de soutien financier, développement de l’interprétation en langue des signes, et promotion des lois anti-discrimination. – Réseautage et données Données : création de réseaux de solidarité entre femmes engagées et intégration de la collecte de données pour une meilleure planification. L’engagement : quand la coopération renforce l’impact Le succès d’une telle initiative repose sur une solide alliance. Le partenariat franco-camerounais s’est montré exemplaire. Le consul général de France à Douala, représentant de l’Ambassade de France a réaffirmé l’alignement du programme avec la stratégie française de diplomatie féministe : « L’inclusion des femmes handicapées dans la vie politique est une priorité. Votre voix compte. » De son côté, la représentante du gouvernement a transmis un message d’autonomisation et d’engagement de l’État. Elle a encouragé les futures leaders : « Être en situation de handicap ne doit jamais être un frein à vos ambitions. Ce qui fonctionne d’abord, c’est votre tête, pas vos mains ou vos pieds. » Elle a également confirmé que les services de l’État seront mobilisés pour faciliter la réussite de HER TOO et que l’association sera intégrée à des programmes nationaux d’inclusion, assurant un soutien pérenne. Vers une démocratie authentiquement inclusive Les participantes sont reparties avec une conviction : leur place dans la vie publique n’est plus discutable. Ce programme représente une pierre de plus vers une démocratie plus juste et véritablement inclusive. En recevant leurs attestations, les six premières bénéficiaires, elles ont compris que ce n’est pas  la fin d’un parcours, mais le début de leur engagement politique. Leur départ a résonné avec la phrase qui a fait consensus dans la salle : « L’inclusion n’est pas une faveur, c’est une exigence démocratique. » En dotant ces femmes du leadership, de la connaissance et du réseau, HER TOO fait plus que briser des barrières : il construit les ponts qui mèneront à une Assemblée nationale et des conseils municipaux véritablement représentatifs. C’est un investissement dans le tissu démocratique du Cameroun. L’autre moment marquant de cette cérémonie a été celui des signatures, de l’engagement et de l’inclusion.

Bilan à mi-parcours de la campagne #JeunesVoixCritiques

Portée par Badal FOHMOH, en collaboration avec Class Pro, propulsée par Digital Democracy Initiatives et soutenue par la Youth Democracy Cohort, la campagne #JeunesVoixCritiques donne la parole à dix jeunes Camerounais et Camerounaises qui utilisent les médias et le numérique pour bâtir des sociétés plus justes, inclusives et éclairées Cette initiative s’inscrit dans le prolongement du projet Digitalise Youth, qui vise à renforcer la participation démocratique en ligne, à lutter contre la désinformation et à protéger les droits numériques. Ce projet soutient les jeunes activistes et les organisations de la société civile (OSC) dans 14 pays au Sahel et dans les régions voisines en leur permettant de développer leurs compétences numériques et leur engagement politique en ligne. Mis en œuvre par le consortium European Partnership for Democracy, Africtivistes, Code For Africa, CFImedias, Scouting in Africa et Kofi Annan Foundation, le projet dote les jeunes activistes, les OSC et les médias d’outils nécessaires pour lutter contre la désinformation, se protéger des menaces numériques et défendre les droits numériques. Une génération critique et audacieuse À travers leurs parcours, leurs actions et leurs messages, ces dix jeunes militants numériques incarnent la diversité des combats pour une Afrique plus libre, informée et démocratique. Ils s’expriment sur des thématiques aussi essentielles que la démocratie, la participation citoyenne, le climat, l’égalité des genres, l’éducation ou encore les droits numériques. Les cinq premières voix déjà à l’honneur Depuis le lancement de la campagne, le 15 septembre 2025, journée internationale de la démocratie, cinq voix fortes ont déjà pris la parole à travers des vidéos et des affiches inspirantes diffusées sur les plateformes de Badal FOHMOH, de Class Pro et relayées par de nombreux jeunes à travers le pays et le continent. Cinq premières voix se sont élevées depuis le lancement de la campagne. Cinq femmes, cinq parcours, cinq manières d’incarner une même conviction : le numérique peut être un outil de transformation sociale et démocratique lorsqu’il est guidé par l’esprit critique, la responsabilité et la solidarité. 1- Badal Fohmoh – la voix fondatrice Blogueuse engagée, journaliste multimédia, militante de l’éducation aux médias et à l’information et présidente de Class Pro. Elle est l’initiatrice de la campagne #JeunesVoixCritiques. À travers ses formations, ses chroniques et ses projets, elle invite les jeunes à s’approprier le numérique comme un espace d’action citoyenne. Elle a donc naturellement ouvert la série avec un appel vibrant à l’action : donner aux jeunes les moyens de s’exprimer, de résister à la désinformation et de défendre la démocratie numérique. 2- Tamara N’kom Essesse – la voix de la construction Fondatrice de la Mboko Dream Foundation, Tamara a partagé son engagement pour l’éducation et la culture, convaincue que: “l’éducation est la clé d’un futur plus juste et plus humain”. 3- Ange Sarah – la voix de la mobilisation Militante pour la démocratie et la participation électorale, elle a rappelé à la jeunesse camerounaise que voter, c’est aussi veiller, questionner et construire. 4- Érica Kuissi – la voix créative Activiste climatique et fondatrice du Climate Life Movement, Erica a mis en lumière le lien entre justice climatique et droits humains, en soulignant que la crise climatique est avant tout une crise des droits humains. 5- Florline Kwinga épouse Jung – La voix du courage invisible Actrice, Miss Maman Africa 2025, épouse et mère d’une enfant atteinte d’une maladie rare, Florline Kwing épouse Jung rappelle que l’engagement peut aussi naître de l’intime. À travers son témoignage, elle fait entendre la voix des mères, des familles et de toutes celles qui transforment la douleur en force. « Mon combat est souvent invisible, mais il est vital. » Dix parcours, un même souffle Chacun de ces jeunes fait entendre une voix singulière, mais tous partagent une même conviction : l’information peut devenir une arme pour construire, et non pour diviser. La campagne #JeunesVoixCritiques met en avant des récits authentiques, portés par une jeunesse qui veut comprendre, agir et transformer son environnement. Les cinq autres jeunes figures de la campagne – issues des domaines de l’innovation, de l’inclusion, de la citoyenneté numérique et des droits des femmes et des filles prendront la parole dans les prochaines semaines. Une campagne participative et panafricaine Au-delà de la série vidéo, #JeunesVoixCritiques se veut un espace de dialogue et de mobilisation. Chaque publication invite le public à réagir, à débattre, à relayer et à rejoindre le mouvement. Le partage d’expériences se fait tout au long de la campagne, et le café citoyen viendra clore celle-ci. Lire aussi: Jeunes voix critiques : une campagne pour valoriser les militants numériques camerounais Une génération qui inspire Ces cinq premières Jeunes Voix Critiques incarnent la diversité et la force de l’engagement citoyen au féminin. À travers leurs histoires, elles montrent que penser, parler et agir autrement est possible, et qu’ensemble, les jeunes peuvent bâtir un espace numérique plus juste, plus inclusif et plus démocratique. Les chiffres À ce stade de la campagne, les chiffres sont tout aussi impactant que la campagne elle même. Nous enregistrons : 12 000 vues, 2 526 interactions, 120 partages, 562 likes (Facebook uniquement). Ceci sans tenir compte des autres réseaux x (anciennement Twitter), LinkedIn, TikTok et youtube.  Continuez à partager les vidéos, réagissez, commentez, et faites entendre votre propre voix. Parce qu’une démocratie forte a besoin de citoyens critiques, connectés et responsables. Suivez la campagne sur les pages Badal FOHMOH, Class Pro et rejoignez la conversation avec le hashtag #JeunesVoixCritiques. Parce que penser, c’est déjà agir.

Briser les barrières, construire les ponts : les médias au cœur de l’inclusion politique des femmes handicapées

Le 30 août 2025, à Douala et en ligne, s’est tenu un atelier inédit dans le cadre du projet Her Too : Briser les barrières, construire les ponts, porté par l’association Handicapés et Fiers avec le soutien de l’Ambassade de France au Cameroun   Cet espace d’échanges a réuni journalistes et  blogueurs autour d’une question centrale : comment les médias peuvent-ils contribuer à l’inclusion politique des femmes en situation de handicap ? Un constat préoccupant Au Cameroun, contrairement à d’autres pays de la sous-région comme le Sénégal, aucune femme en situation de handicap ne siège actuellement au parlement. Moins de dix participent aux conseils municipaux. Cette réalité contraste avec les recommandations politiques en faveur de l’inclusion, et révèle une exclusion persistante. Pour Michèle Sojip, présidente de Handicapés et Fiers : « Les médias jouent un rôle déterminant dans la transformation pacifique des perceptions sociales. Ils ont le pouvoir de faire passer les femmes handicapées du statut de bénéficiaires à celui d’actrices politiques légitimes. «    Le rôle clé des médias Les échanges ont permis de mettre en lumière plusieurs enjeux : Trop souvent, les médias réduisent les femmes handicapées à leur handicap, les privant de la possibilité de s’exprimer sur d’autres sujets : éducation, mode, sexualité, fiscalité, politique… Les stéréotypes persistent, renforçant l’idée que la personne handicapée ne peut intervenir qu’en tant que “porteuse d’handicap” et non comme citoyenne à part entière. Pourtant, les journalistes disposent d’un pouvoir d’amplification : celui de montrer la compétence, les talents et la diversité des voix de ces femmes, au-delà de la seule thématique du handicap. Lire aussi : Jeunes, blogs et citoyenneté numérique, les leçons du café EMI du 31 août 2025 Des recommandations pratiques Lors des travaux, un exercice d’audit des environnements de travail des journalistes a mis en évidence plusieurs barrières : Physiques : des salles de rédaction inaccessibles (bâtiments sans ascenseur, espaces étroits…). Organisationnelles : absence de formats adaptés (sous-titrage, traduction en braille ou langue des signes). Éditoriales : représentations réductrices dans les contenus médiatiques. Les solutions évoquées incluent : – Rendre les espaces et supports accessibles à tous. – Former les journalistes aux bonnes pratiques de l’EMI appliquées à l’inclusion. – Élargir la couverture médiatique des femmes handicapées à d’autres thématiques de société, pour casser le cercle de la marginalisation. Un engagement collectif Au-delà des constats, chaque participant a été invité à prendre un engagement concret en faveur de l’inclusion dans sa pratique professionnelle. Cet atelier a ainsi ouvert une voie : celle d’une presse plus inclusive, capable d’accompagner la transformation sociale et politique du Cameroun. Parce qu’au fond, comme l’a rappelé l’un des intervenants : « On ne vote pas pour une personne parce qu’elle est handicapée ou parce qu’elle est une femme, mais parce qu’elle est compétente. Les médias doivent refléter cette réalité. »

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