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Accès et pouvoir d’agir : construire des espaces vraiment inclusifs pour les femmes handicapées

Parler d’inclusion ne suffit plus. Pour les femmes en situation de handicap, l’enjeu est désormais celui de l’accès réel : aux espaces, aux ressources, aux opportunités. Car sans conditions concrètes pour participer, la citoyenneté reste théorique. Et si l’inclusion commençait enfin par transformer nos environnements ? L’inclusion ne se décrète pas Au fil des engagements, des discours et des campagnes, l’inclusion est devenue un mot central. Mais entre les intentions affichées et les réalités vécues, l’écart reste important. Pour de nombreuses femmes en situation de handicap, participer à la vie sociale, économique ou citoyenne relève encore du parcours d’obstacles. Et ces obstacles ne sont pas seulement individuels, ils sont structurels. Des barrières visibles… et invisibles L’accès ne se limite pas à une rampe d’entrée ou à une infrastructure adaptée. Il concerne un ensemble de dimensions souvent négligées : – l’accessibilité physique des espaces publics ; – l’accès à l’information dans des formats adaptés ; – les conditions économiques permettant de participer ; – la sécurité et la dignité dans les espaces partagés ; – la prise en compte des besoins spécifiques dans les politiques locales. Ces barrières, lorsqu’elles s’accumulent, excluent silencieusement. Participer reste un défi quotidien Aller à une réunion, accéder à un service, participer à une activité communautaire… Ces gestes simples peuvent devenir complexes, voire impossibles, pour certaines femmes en situation de handicap. Ce manque d’accessibilité limite : – leur participation citoyenne ; – leur autonomie ; – leur visibilité dans l’espace public ; – leur capacité à influencer les décisions. Une citoyenneté sans accès réel est une citoyenneté incomplète. Lire aussi : Municipales 2026 à Douala 3 : Nous portons le changement, rencontre avec Nokam Christelle, candidate pour une démocratie inclusive Transformer les espaces pour transformer la société Penser l’inclusion, c’est repenser les espaces. Des espaces : – accessibles physiquement ; – inclusifs dans leur conception ; – sûrs et respectueux ; – adaptés à la diversité des corps et des expériences. Cela implique d’intégrer les femmes en situation de handicap dès la conception des politiques, des projets et des infrastructures. Pas comme bénéficiaires, mais bien comme actrices.   Des initiatives qui ouvrent la voie Sur le terrain, des organisations et des collectifs s’engagent déjà pour améliorer l’accès et renforcer le pouvoir d’agir des femmes handicapées. À travers des actions de sensibilisation, de formation, d’accompagnement ou de plaidoyer, ces initiatives contribuent à : – lever les barrières ; – créer des opportunités ; – renforcer l’autonomie ; – favoriser l’inclusion réelle. Elles montrent que le changement est possible, mais qu’il nécessite une volonté collective. Le rôle de l’EMI : rendre visibles les obstacles L’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI) joue un rôle clé dans cette transformation. Elle permet de : – documenter les réalités vécues ; – rendre visibles les obstacles souvent ignorés ; – questionner les récits dominants ; – promouvoir une information plus inclusive. Car ce qui n’est pas raconté reste invisible. Et ce qui reste invisible n’est pas priorisé.   Créer des conditions, pas seulement des discours L’inclusion ne se mesure pas aux intentions, mais aux conditions réelles offertes aux personnes. Créer une société inclusive, c’est : – adapter les infrastructures ; – garantir l’accès à l’information ; – soutenir l’autonomie économique ; – assurer la participation effective aux décisions. Autrement dit, passer du discours à l’action. On parle souvent de droits, de représentation, de participation. Mais sans accès, ces notions restent abstraites. Et si l’accès était la clé ? L’accès est le point de départ, le point de bascule, le point de transformation. Parce qu’au fond… une société inclusive ne se contente pas d’ouvrir la porte. Elle s’assure que tout le monde peut entrer, circuler, participer… et transformer l’espace commun. L’inclusion ne se joue pas uniquement dans l’accès aux espaces, mais aussi dans la manière dont les corps y sont reconnus et respectés. Qu’en est-il du corps lui-même ?  

Municipales 2026 à Douala 3 : « Nous portons le changement » – rencontre avec Nokam Christelle, candidate engagée pour une démocratie inclusive

À Douala 3, Nokam Christelle fait partie de ces voix qui comptent. Candidate engagée pour les droits des femmes et des personnes en situation de handicap, elle inscrit son parcours dans une dynamique de transformation sociale et démocratique. À l’approche des élections municipales de 2026, certaines candidatures portent bien plus qu’un programme politique : elles incarnent une vision de société. Dans cet entretien accordé à Class Pro, elle revient sur son engagement, les obstacles rencontrés et sa vision pour une commune plus inclusive. « Mon engagement est ancré dans les droits des femmes et des personnes handicapées. Je veux mettre mon expérience au service de la commune » Je suis Nokam Christelle, candidate aux élections municipales à Douala 3. Mon parcours est marqué par mon engagement pour les droits des femmes et des personnes handicapées. Derrière cette présentation sobre se cache un engagement de terrain, nourri par des réalités vécues et une volonté de faire évoluer les politiques locales. Lire aussi : Quand les femmes en situation de handicap briguent un mandat, la démocratie prend corps Pourquoi se lancer en politique, malgré les obstacles ? Je me présente pour apporter ma vision et mon expérience au service de la commune, en défendant les intérêts des femmes et des personnes handicapées. Une démarche qui rappelle que la politique locale est avant tout une question de proximité et de réponse aux besoins concrets des populations. Stéréotypes, ressources, charge mentale : les obstacles persistent Comme de nombreuses femmes, Nokam Christelle souligne les freins structurels à l’engagement politique : – la persistance des stéréotypes de genre ; – le manque d’accès aux ressources ; – le poids des responsabilités familiales. Mais à ces défis s’ajoute une réalité encore plus complexe. « On doute encore de notre capacité à diriger. » En tant que femme en situation de handicap, elle fait face à des obstacles spécifiques : J’ai rencontré des défis liés à l’accessibilité des lieux de réunion, mais aussi des préjugés sur la capacité des personnes handicapées à diriger dans mon entourage. Ces barrières, à la fois physiques et sociales, traduisent les limites actuelles de l’inclusion politique. « Nos voix sont cruciales. Nous portons le changement » Pour Nokam Christelle, la participation des femmes handicapées n’est pas optionnelle – elle est essentielle : – Leurs voix sont cruciales pour une représentation inclusive et pour défendre des politiques qui répondent à leurs besoins spécifiques. Nous portons le changement. Une affirmation forte, qui replace ces femmes comme actrices politiques à part entière. Dignité menstruelle : un enjeu encore invisibilisé Parmi les sujets qu’elle souhaite porter, la dignité menstruelle occupe une place importante. Les femmes handicapées font face à des défis d’accès aux produits d’hygiène et à des infrastructures adaptées. Les collectivités locales devraient améliorer l’accès à ces produits et créer des espaces inclusifs. Un angle encore trop peu abordé dans les politiques locales, mais essentiel pour une inclusion réelle. Des actions concrètes pour une commune inclusive Si elle est élue, Nokam Christelle ambitionne de porter des actions structurantes : – améliorer l’accessibilité des infrastructures publiques ; – promouvoir l’inclusion économique des femmes handicapées ; – renforcer la participation politique des jeunes femmes. Une vision qui s’inscrit pleinement dans une approche de démocratie locale inclusive. À la jeunesse, et particulièrement aux jeunes femmes, elle adresse un message clair : Ne laissez pas les obstacles vous arrêter ! Votre voix compte, et ensemble, nous pouvons changer les choses. Engagez-vous pour une société plus inclusive et juste. Lire aussi : Une démocratie inclusive ne progresse que lorsque toutes les voix sont entendues. Une candidature qui interpelle À travers son engagement, Nokam Christelle pose une question essentielle à la démocratie camerounaise : Qui a le droit de gouverner ? Sa candidature rappelle que la représentation politique ne doit exclure aucune voix, et surtout pas celles qui portent des expériences de vie souvent invisibilisées. Et vous ? Aux municipales de 2026, quels critères guideront votre choix ? Êtes-vous prê.e à soutenir une vision inclusive de la gouvernance locale ? Parce qu’une démocratie forte est une démocratie qui écoute toutes ses voix.

Briser les barrières, construire les ponts : les médias au cœur de l’inclusion politique des femmes handicapées

Le 30 août 2025, à Douala et en ligne, s’est tenu un atelier inédit dans le cadre du projet Her Too : Briser les barrières, construire les ponts, porté par l’association Handicapés et Fiers avec le soutien de l’Ambassade de France au Cameroun   Cet espace d’échanges a réuni journalistes et  blogueurs autour d’une question centrale : comment les médias peuvent-ils contribuer à l’inclusion politique des femmes en situation de handicap ? Un constat préoccupant Au Cameroun, contrairement à d’autres pays de la sous-région comme le Sénégal, aucune femme en situation de handicap ne siège actuellement au parlement. Moins de dix participent aux conseils municipaux. Cette réalité contraste avec les recommandations politiques en faveur de l’inclusion, et révèle une exclusion persistante. Pour Michèle Sojip, présidente de Handicapés et Fiers : « Les médias jouent un rôle déterminant dans la transformation pacifique des perceptions sociales. Ils ont le pouvoir de faire passer les femmes handicapées du statut de bénéficiaires à celui d’actrices politiques légitimes. «    Le rôle clé des médias Les échanges ont permis de mettre en lumière plusieurs enjeux : Trop souvent, les médias réduisent les femmes handicapées à leur handicap, les privant de la possibilité de s’exprimer sur d’autres sujets : éducation, mode, sexualité, fiscalité, politique… Les stéréotypes persistent, renforçant l’idée que la personne handicapée ne peut intervenir qu’en tant que “porteuse d’handicap” et non comme citoyenne à part entière. Pourtant, les journalistes disposent d’un pouvoir d’amplification : celui de montrer la compétence, les talents et la diversité des voix de ces femmes, au-delà de la seule thématique du handicap. Lire aussi : Jeunes, blogs et citoyenneté numérique, les leçons du café EMI du 31 août 2025 Des recommandations pratiques Lors des travaux, un exercice d’audit des environnements de travail des journalistes a mis en évidence plusieurs barrières : Physiques : des salles de rédaction inaccessibles (bâtiments sans ascenseur, espaces étroits…). Organisationnelles : absence de formats adaptés (sous-titrage, traduction en braille ou langue des signes). Éditoriales : représentations réductrices dans les contenus médiatiques. Les solutions évoquées incluent : – Rendre les espaces et supports accessibles à tous. – Former les journalistes aux bonnes pratiques de l’EMI appliquées à l’inclusion. – Élargir la couverture médiatique des femmes handicapées à d’autres thématiques de société, pour casser le cercle de la marginalisation. Un engagement collectif Au-delà des constats, chaque participant a été invité à prendre un engagement concret en faveur de l’inclusion dans sa pratique professionnelle. Cet atelier a ainsi ouvert une voie : celle d’une presse plus inclusive, capable d’accompagner la transformation sociale et politique du Cameroun. Parce qu’au fond, comme l’a rappelé l’un des intervenants : « On ne vote pas pour une personne parce qu’elle est handicapée ou parce qu’elle est une femme, mais parce qu’elle est compétente. Les médias doivent refléter cette réalité. »

Class Pro est une association qui mobilise l’action civique pour lutter contre les désordres informationnels

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