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Faux : « Faire l’amour 21 fois par mois pour prévenir la prostate » n’est pas prouvé

Une séquence de l’émission Le 5 DIX K (Syndicat) diffusée sur Sun Plus TV est virale sur Facebook surtout. Dans cet extrait de 25 secondes, Audrey Antoine, chroniqueur de l’émission affirme que « pour éviter la prostate, un homme doit faire l’amour 21 fois par mois ». Après avoir consulté des études scientifiques dont Harvard Health Publishing, National Library of Medicine (NLM), Journal of the American Medical Association (JAMA) ainsi que des données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ou encore du Centre Pasteur du Cameroun et des spécialistes en urologie, gynécologie et santé sexuelle, aucune recommandation médicale officielle ne fixe une fréquence de rapports sexuels comme méthode de prévention des maladies prostatiques. Depuis plusieurs semaines, un extrait de l’émission Le 5 DIX K (Syndicat), diffusée chaque jeudi sur la chaîne camerounaise de divertissement Sun Plus TV, suscite des réactions en ligne. Dans cette partie publiée sur Facebook le 20 mars 2026 et devenue virale, Audrey Antoine, le chroniqueur de la chaîne répond à une question portant sur les conséquences du manque de disponibilité dans le couple sur la santé. Dans sa réponse, il affirme que « pour éviter la prostate, un homme doit faire l’amour 21 fois par mois. Donc il doit coucher pendant 21 jours », et il ajoute qu’un homme doit « éjaculer au moins une fois par jour ». La vidéo comptabilise au 19 mai 2026 près de 400 partages et plus de 6 242 likes, 249 commentaires, 372 partages, 693 enregistrements et 461 000 vues. Ces affirmations interviennent alors que dans le monde, le mois de novembre est consacré chaque année à la campagne dénommée « Novembre Bleu », une initiative de santé publique dédiée à la sensibilisation, au dépistage et à la prévention des cancers masculins, notamment le cancer de la prostate et celui des testicules. Contacté par Class Pro, Audrey Antoine révèle que, « ce qu’il faut savoir déjà c’est qu’il y avait assez d’exagérations dans ma sortie ». Il précise qu’il s’est appuyé sur des travaux scientifiques publiés dans JAMA, National Library of Medicine et Harvard Health. Il a cité aussi Dr Yoyo Nzonce Ngongang, présenté comme expert en santé sexuelle et reproductive, comme référence médicale au Cameroun. Vérification Afin de vérifier l’affirmation, Class Pro a consulté les études scientifiques mentionnées par l’auteur de l’assertion. Les travaux relayés par Harvard Health Publishing, font savoir que « des chercheurs ayant suivi plus de 29 000 hommes américains ont observé qu’une fréquence élevée d’éjaculations était associée à un risque réduit de cancer de la prostate. Les hommes déclarant 21 éjaculations ou plus par mois présentaient un risque inférieur à ceux déclarant entre 4 et 7 éjaculations mensuelles ». Toutefois, l’étude précise que les causes exactes du cancer de la prostate demeurent inconnues et que plusieurs facteurs comme la génétique, l’alimentation ou le mode de vie interviennent également. Les résultats dans National Library of Medicine vont dans le même sens. Et relève que « les hommes rapportent une fréquence d’éjaculation plus élevée à l’âge adulte étaient moins susceptibles de recevoir un diagnostic de cancer de la prostate ultérieurement ». Quant à l’étude publiée dans JAMA, elle conclut dans ses analyses que, « Nos résultats suggèrent que la fréquence d’éjaculation n’est pas liée à un risque accru de cancer de la prostate ». Les chercheurs évoquent plusieurs hypothèses biologiques possibles, tout en précisant que les mécanismes restent encore mal compris. L’étude ne recommande cependant aucun nombre précis de rapports sexuels ou d’éjaculations à atteindre mensuellement pour prévenir la maladie. Par ailleurs, aucune de ces études ne soutient qu’un homme qui n’atteint pas 21 éjaculations par mois va développer nécessairement une maladie prostatique. La rédaction a également consulté les informations publiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le cancer de la prostate. L’organisation indique que les principaux facteurs de risque connus sont l’âge avancé, les antécédents familiaux, l’origine ethnique ainsi que certains facteurs environnementaux et alimentaires. « Les hommes noirs, y compris ceux d’origine africaine ou caribéenne, présentent un risque plus élevé de développer un cancer de la prostate », souligne l’OMS. L’organisation recommande surtout une alimentation équilibrée, l’activité physique régulière et le dépistage précoce à travers le dosage du PSA (Antigène Spécifique de la Prostate) et le toucher rectal. Une recherche par mots clés (Recherche du Cameroun sur le cancer de la prostate) sur google a permis de retrouver une publication du Centre Pasteur du Cameroun à Yaoundé qui date du 19 novembre 2025. Au cours d’un “Mercredi de Pasteur” consacré au cancer de la prostate, plusieurs spécialistes ont insisté sur l’importance du dépistage précoce. Où Dr Junior Mekeme y précise notamment que « la fréquence élevée des rapports sexuels n’est pas un véritable facteur protecteur ». Toujours au cours de cette journée de sensibilisation, Dr Lionel Bala, oncologue, rappelle quant à lui l’importance du dépistage dès 50 ans afin de réduire la mortalité liée à cette maladie. Le mot des spécialistes De son côté, Dr Yoyo Nzonce Ngongang, expert en santé sexuelle et reproductive, estime qu’un certain équilibre sexuel peut contribuer au bon fonctionnement de la prostate. D’après lui, le chiffre de 21 éjaculations correspond davantage à une norme raisonnable qu’à une obligation médicale stricte. « Lorsqu’on parle de 21 fois, on n’a pas dit 21 rapports, on a parlé d’éjaculation. Maintenant, un homme peut éjaculer autant de fois le même jour. Donc il peut avoir un rapport mais avec deux ou trois éjaculations ; si on veut tenir compte de la fréquence à ce moment, il ne faudrait pas qu’on exagère. La meilleure technique sera de diviser sa période sexuelle au moins avec un intervalle d’un à deux jours. L’excès comme l’absence totale d’activité sexuelle pourraient avoir des effets négatifs sur l’organisme ». Pour Dr Mbarga Jules Anthony, gynécologue obstétricien, cette affirmation remonte à 2016 avec la publication des résultats d’une étude qui affirmait que les hommes ayant une éjaculation 21 fois le mois ont moins de risque de développer le cancer de la prostate compare à a ceux qui

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