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FAUX : Donald Trump n’a pas déploré l’absence du Cameroun à cette compétition de football

Une vidéo partagée sur Facebook laisse croire que Donald Trump aurait regretté l’absence du Cameroun à la Coupe du monde 2026, et que le pays est celui qu’il souhaitait le plus voir participer à cette compétition. Après analyse de la séquence, des recherches d’image inversée et vérification du contexte, DataCheck a établi qu’il s’agit d’un extrait sorti de son contexte. Il a été tiré d’un discours prononcé par le président américain, lors du Sommet des jeunes leaders noirs organisé à la Maison Blanche en octobre 2019. Les propos tenus n’ont aucun lien avec le football ou la Coupe du monde. Il y a quelques semaines, une vidéo de 35 secondes mettant en scène Donald Trump a commencé à circuler sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook. La rédaction l’a notamment repérée sur la page Lady Baby – Officiel, qui se présente comme celle d’une artiste rappeuse camerounaise engagée pour l’émancipation des jeunes. La page compte près de 40 000 abonnés au 24 juin 2026. Dans la vidéo, le président américain apparaît derrière un pupitre lors d’un événement officiel. Des textes accompagnés des émoticônes du drapeau du Cameroun indiquent ceci: « Donald Trump nous pleure » et « Apparemment le Cameroun est le seul pays qu’il voulait voir en Coupe du monde ». Ils sont tous deux collés à la vidéo, comme étant le résumé des dires du président américain. La séquence de vérification est divisée en deux. Celle de dessus montre une jeune dame dans un espace privé, qui semble acquiescer les dires du patron de Truth social. La vidéo du bas illustre quant à elle, Donald Trump, accompagné de deux personnes, dont un jeune homme à droite et une jeune dame à gauche. Il déclare alors dans cet extrait que le « Cameroun, dont j’entends dire que c’est un endroit magnifique, vraiment magnifique. Le Cameroun. Oh. Wow. Une personne du Cameroun. Pour redonner à notre pays, il a rejoint l’armée des États-Unis et a servi honorablement pendant quatre ans en tant que spécialiste très talentueux en artillerie de campagne. Très talentueux, dit-on. Ben, nous saluons votre noble service et s’il vous plaît, dites quelques mots ». Ces propos tenus en anglais ont été traduits en français grâce à Claude, une plateforme d’Intelligence Artificielle. D’après certaines initiales contenues sur la vidéo telles que LiveNOW from FOX et la bande passante portant la mention « Subscribe to News Now », l’extrait laisse croire que le film est issu de la chaîne de télévision américaine. La publication a totalisé au 25 juin 2026 comptant 5449 likes, 682 commentaires, 1073 partages et 422 enregistrements, survient au moment où se tient la 23e édition de la Coupe du monde 2026, aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Une édition à laquelle ne participe pas le Cameroun, mais dont les débats sur les raisons de sa non-qualification alimentent les discussions. Vérification Pour retrouver l’origine de la vidéo, Class Pro a utilisé l’outil InVID WeVerify qui a segmenté l’extrait en plusieurs images clés, facilitant ainsi les recherches inversées. Cette démarche a permis de retrouver une publication plus ancienne, datée du 22 mars 2026, sur le compte Facebook de Prof. Victor Mbarika, présenté comme un conseiller pédagogique. La même vidéo y est publiée, avec une légende totalement différente : « Si le grand président Donald J. Trump dit que le Cameroun est un beau pays, qui suis-je pour ne pas être d’accord ? Notre nation est bénie, forte et pleine de promesses. Que Dieu bénisse notre grande nation, le Cameroun ». Jusqu’ici, aucun élément des vidéos exploitées ne corrobore avec le message sur la volonté de Donald Trump de voir le Cameroun participer à la coupe du monde 2026. Dans la poursuite des recherches via des images clées extraites par InVID. L’une d’elles a permis de retrouver l’intégralité de la vidéo sur la chaîne YouTube de LiveNOW from FOX. La vidéo originale a été publiée le 4 octobre 2019 avec pour titre « FULL EVENT: President Trump remarks at Young Black Leadership Summit 2019 ». Selon la description publiée par le média américain, Donald Trump s’exprimait devant près de 300 étudiants et jeunes professionnels afro-américains réunis à la Maison Blanche, dans le cadre du Sommet des jeunes leaders noirs (Young Black Leadership Summit). Après réécoute de l’intégralité de la séquence, Class Pro retrouve le passage devenu viral. Celui-ci correspond précisément au moment où Donald Trump présente Ben Okereke, un étudiant d’origine nigériano-camerounaise, invité à prendre la parole lors de cet événement. La vidéo virale s’arrête toutefois juste avant l’intervention du jeune homme. À aucun moment dans la vidéo originale Donald Trump ne parle de football, de Coupe du monde ou de la non-qualification du Cameroun. En somme, la vidéo qui affirme que Donald Trump, le président américain aurait déclaré que le Cameroun est le seul pays qu’il souhaitait voir participer à la Coupe du monde 2026 est trompeuse. Les vérifications menées par Class Pro montrent qu’il s’agit d’un extrait sorti de son contexte et sans aucun lien avec les informations qui lui ont été associées. Il s’agit d’un discours prononcé le 4 octobre 2019 lors du Sommet des jeunes leaders noirs (Young Black Leadership Summit) à la Maison Blanche. Le président américain évoquait le parcours de Ben Okereke, un étudiant Camerounais, et non la Coupe du monde 2026 ou l’absence des Lions indomptables à cette compétition. Cette vérification des faits a été produite par Class Pro dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été réalisée avec le mentorat entre pairs de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, avec le soutien financier de l’Initiative pour la Démocratie Numérique, dans le cadre du projet Digitalise Youth, dirigé par European Partnership for Democracy (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de Class Pro. Vous souhaitez en savoir plus ? Visitez : https://factcheck.africa/  

MANIPULÉE : Cette vidéo qui prétend montrer feu Cavaye Yeguié Djibril faisant des déclarations au sujet de la Socadel est un montage

Cette vidéo a été réalisée à partir d’une image datant de 2024 représentant l’ancien président de l’Assemblée nationale du Cameroun. Cette vidéo sur TikTok, prétendant montrer une vidéo de Cavaye Yeguie Djibril se plaignant des coupures intempestives d’énergie électrique au Cameroun, est MANIPULÉE. La publication qui a été faite le 5 juin 2026 est libellée ainsi: « Socadel a pris service ou Énéo qui nous fait ses adieux ? ». Le texte est suivi d’une vidéo de 10 secondes mettant en scène le défunt président de l’Assemblée nationale du Cameroun, Cavaye Yeguie Djibril, vêtu d’un boubou blanc qui déclare ceci : « Je demande hein, Socadel a pris service ou c’est Eneo qui nous fait ses adieux. Trop de coupures même l’assemblée nationale. » PesaCheck a analysé cette vidéo et l’a trouvée manipulée. Une recherche d’images inversée sur Yandex partant de cette capture d’écran a permis de la retrouver dans cet article publié par Cameroon Tribune le 24 mars 2024, avec cet intitulé, traduit de l’anglais au français : « Assemblée nationale : Bureau permanent élu ». On la retrouve également dans ce post mis en ligne sur la page Facebook d’Africa24 TV le 19 mars 2025, pour informer qu’au Cameroun, Cavaye Yeguié Djibril a été réélu président de l’Assemblée nationale mardi 18 mars 2025. L’élection a eu lieu au cours d’une séance plénière présidée par la doyenne d’âge de l’Assemblée nationale, Laurentine Koa Mfegue. Cette réélection s’est déroulée sans aucune concurrence. La réélection de Djibril a été relayée ici et ici, avec la même photo. En rappel, le 17 mars 2026, Théodore Datouo est élu président de l’Assemblée nationale, remplaçant Cavaye Yeguié Djibril, décédé le 6 mai 2026. Or, c’est le 4 mai 2026 que Paul Biya, président de la République du Cameroun, officialise la transformation d’Eneo en Société Camerounaise d’Électricité. Contactée par PesaCheck, Esther Kima, directrice de la communication de l’Assemblée nationale, affirme qu’il s’agit d’une « manipulation » et ajoute que « Le 5 juin 2026, l’ancien président de l’Assemblée nationale n’était plus en vie. La session parlementaire du mois de juin n’avait même pas encore commencé et le très honorable Cavaye Yeguié Djibril n’était plus en fonction lorsque le Chef de l’État, par décret, décida de créer la Socadel. » PesaCheck a, à partir de l’outil Hive Moderation, analysé les propos attribués à Cavaye Yeguié Djibril, et les résultats révèlent qu’ils ont été générés à 74,2 pour cent par l’IA, comme on peut le voir ci-dessous. Quant à la recherche Google avec les mots-clés : « Cavaye Yeguie Djibril se plaint de Socadel et d’Eneo »,  elle n’a donné aucun résultat crédible. Cette rumeur fait suite aux coupures d’énergie intempestives que subissent les Camerounais malgré la création de Socadel. PesaCheck a examiné une vidéo sur TikTok prétendant montrer Cavaye Yeguie qui se plaint des coupures intempestives d’énergie électrique au Cameroun et l’a trouvée MANIPULÉE. Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. Cette vérification de faits a été rédigée par le vérificateur des faits Stéphane Eyock et éditée par Nicole Ricci Minyem, éditrice d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah.  PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

Pré-SALEMI 2026 : Class Pro et DataCheck forment quinze professionnels des médias au fact-checking à Douala

Dans le cadre du Pré-SALEMI 2026, phase préparatoire du Salon Africain de l’Éducation aux Médias et à l’Information, l’association Class Pro a organisé un atelier d’une journée sur le fact-checking et la lutte contre la désinformation, en partenariat avec ADISI/DataCheck, référence camerounaise en vérification de l’information et journalisme de données. La formation s’est tenue dans les locaux d’ADISI-Cameroun à Douala. Un atelier ancré dans le contexte camerounais Quinze journalistes, blogueurs et créateurs de contenus, infographistes, étudiants en communication, en médecine… ont participé à cette formation intensive. La journée s’est articulée autour de cinq sessions progressives, alliant apports théoriques et exercices pratiques, avec une répartition claire des rôles : Class Pro a animé les sessions sur la compréhension de la désinformation, les enjeux éthiques et démocratiques, et l’éducation aux médias et à la citoyenneté numérique ; DataCheck a pris en charge les sessions techniques sur les outils et méthodes de vérification. La formation a ouvert sur un état des lieux documenté de l’écosystème informationnel camerounais : propagation de la désinformation via les groupes WhatsApp, circulation des faux documents administratifs, manipulation d’images et de vidéos en contexte électoral. Ces réalités locales ont servi de fil conducteur tout au long de la journée, ancrant les apprentissages dans des cas concrets familiers aux participants. Photo d’ensemble. C : Class Pro Les formateurs DataCheck Les sessions techniques ont été animées par deux membres de l’équipe DataCheck. Marthe NDIANG, rédactrice en cheffe de DataCheck, a conduit la session sur les techniques et outils de fact-checking, Keumeni Gilles, IT specialist et développeur fullstack, a guidé les participants dans la prise en main de MYDATACHECK, plateforme de fact-checking développée par DataCheck. Keumeni Gilles, IT specialist et développeur fullstack. C : Class Pro Et Badal FOHMOH, directrice Class Pro a clôturé la session avec démonstration pratique, introduisant notamment Vera, l’outil de vérification développé par ResponseTech. Des enjeux qui dépassent la technique Au-delà des outils, l’atelier a abordé les dimensions éthiques et démocratiques de la vérification. Les participants ont travaillé sur la distinction entre désinformation, mésinformation et malinformation, sur les mécanismes psychologiques et algorithmiques qui favorisent la propagation des fausses informations, et sur la responsabilité citoyenne dans la chaîne de diffusion de l’information. La formation a également intégré une réflexion sur le cadre légal camerounais, la loi de 2010 sur la cybercriminalité et sur les pressions réelles auxquelles font face les professionnels de la vérification sur le terrain. Lire aussi : Dignité menstruelle : ces corps oubliés de l’inclusion  Une charte d’engagement et des outils de capitalisation En clôture de journée, les participants ont signé collectivement une charte d’engagement par laquelle ils s’engagent notamment à vérifier avant de partager, à citer leurs sources, à corriger publiquement leurs erreurs et à contribuer au réseau EMI du SALEMI 2026. Des formulaires d’évaluation avant et après la formation ont permis de mesurer l’évolution des connaissances et des pratiques. Les enseignements de cet atelier seront capitalisés dans le Livre blanc du PRÉ-SALEMI 2026, document de référence sur l’état de l’éducation aux médias et de la lutte contre la désinformation en Afrique. Vers le SALEMI 2026 Cet atelier constitue la deuxième activité officielle du Pré-SALEMI 2026, juste après le challenge dessin d’EMI. Il s’inscrit dans la dynamique de préparation du Salon Africain de l’Éducation aux Médias et à l’Information, prévu du 19 au 21 octobre 2026 à l’Institut Français du Cameroun à Douala, en format hybride. Événement officiel de la Semaine mondiale de l’EMI reconnue par l’UNESCO, le SALEMI 2026 réunira des acteurs des médias, de l’éducation et du numérique venus de toute l’Afrique, et du monde. Les retours jusqu’ici reçus des participants sont encourageants.

Faux : « Faire l’amour 21 fois par mois pour prévenir la prostate » n’est pas prouvé

Une séquence de l’émission Le 5 DIX K (Syndicat) diffusée sur Sun Plus TV est virale sur Facebook surtout. Dans cet extrait de 25 secondes, Audrey Antoine, chroniqueur de l’émission affirme que « pour éviter la prostate, un homme doit faire l’amour 21 fois par mois ». Après avoir consulté des études scientifiques dont Harvard Health Publishing, National Library of Medicine (NLM), Journal of the American Medical Association (JAMA) ainsi que des données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ou encore du Centre Pasteur du Cameroun et des spécialistes en urologie, gynécologie et santé sexuelle, aucune recommandation médicale officielle ne fixe une fréquence de rapports sexuels comme méthode de prévention des maladies prostatiques. Depuis plusieurs semaines, un extrait de l’émission Le 5 DIX K (Syndicat), diffusée chaque jeudi sur la chaîne camerounaise de divertissement Sun Plus TV, suscite des réactions en ligne. Dans cette partie publiée sur Facebook le 20 mars 2026 et devenue virale, Audrey Antoine, le chroniqueur de la chaîne répond à une question portant sur les conséquences du manque de disponibilité dans le couple sur la santé. Dans sa réponse, il affirme que « pour éviter la prostate, un homme doit faire l’amour 21 fois par mois. Donc il doit coucher pendant 21 jours », et il ajoute qu’un homme doit « éjaculer au moins une fois par jour ». La vidéo comptabilise au 19 mai 2026 près de 400 partages et plus de 6 242 likes, 249 commentaires, 372 partages, 693 enregistrements et 461 000 vues. Ces affirmations interviennent alors que dans le monde, le mois de novembre est consacré chaque année à la campagne dénommée « Novembre Bleu », une initiative de santé publique dédiée à la sensibilisation, au dépistage et à la prévention des cancers masculins, notamment le cancer de la prostate et celui des testicules. Contacté par Class Pro, Audrey Antoine révèle que, « ce qu’il faut savoir déjà c’est qu’il y avait assez d’exagérations dans ma sortie ». Il précise qu’il s’est appuyé sur des travaux scientifiques publiés dans JAMA, National Library of Medicine et Harvard Health. Il a cité aussi Dr Yoyo Nzonce Ngongang, présenté comme expert en santé sexuelle et reproductive, comme référence médicale au Cameroun. Vérification Afin de vérifier l’affirmation, Class Pro a consulté les études scientifiques mentionnées par l’auteur de l’assertion. Les travaux relayés par Harvard Health Publishing, font savoir que « des chercheurs ayant suivi plus de 29 000 hommes américains ont observé qu’une fréquence élevée d’éjaculations était associée à un risque réduit de cancer de la prostate. Les hommes déclarant 21 éjaculations ou plus par mois présentaient un risque inférieur à ceux déclarant entre 4 et 7 éjaculations mensuelles ». Toutefois, l’étude précise que les causes exactes du cancer de la prostate demeurent inconnues et que plusieurs facteurs comme la génétique, l’alimentation ou le mode de vie interviennent également. Les résultats dans National Library of Medicine vont dans le même sens. Et relève que « les hommes rapportent une fréquence d’éjaculation plus élevée à l’âge adulte étaient moins susceptibles de recevoir un diagnostic de cancer de la prostate ultérieurement ». Quant à l’étude publiée dans JAMA, elle conclut dans ses analyses que, « Nos résultats suggèrent que la fréquence d’éjaculation n’est pas liée à un risque accru de cancer de la prostate ». Les chercheurs évoquent plusieurs hypothèses biologiques possibles, tout en précisant que les mécanismes restent encore mal compris. L’étude ne recommande cependant aucun nombre précis de rapports sexuels ou d’éjaculations à atteindre mensuellement pour prévenir la maladie. Par ailleurs, aucune de ces études ne soutient qu’un homme qui n’atteint pas 21 éjaculations par mois va développer nécessairement une maladie prostatique. La rédaction a également consulté les informations publiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le cancer de la prostate. L’organisation indique que les principaux facteurs de risque connus sont l’âge avancé, les antécédents familiaux, l’origine ethnique ainsi que certains facteurs environnementaux et alimentaires. « Les hommes noirs, y compris ceux d’origine africaine ou caribéenne, présentent un risque plus élevé de développer un cancer de la prostate », souligne l’OMS. L’organisation recommande surtout une alimentation équilibrée, l’activité physique régulière et le dépistage précoce à travers le dosage du PSA (Antigène Spécifique de la Prostate) et le toucher rectal. Une recherche par mots clés (Recherche du Cameroun sur le cancer de la prostate) sur google a permis de retrouver une publication du Centre Pasteur du Cameroun à Yaoundé qui date du 19 novembre 2025. Au cours d’un “Mercredi de Pasteur” consacré au cancer de la prostate, plusieurs spécialistes ont insisté sur l’importance du dépistage précoce. Où Dr Junior Mekeme y précise notamment que « la fréquence élevée des rapports sexuels n’est pas un véritable facteur protecteur ». Toujours au cours de cette journée de sensibilisation, Dr Lionel Bala, oncologue, rappelle quant à lui l’importance du dépistage dès 50 ans afin de réduire la mortalité liée à cette maladie. Le mot des spécialistes De son côté, Dr Yoyo Nzonce Ngongang, expert en santé sexuelle et reproductive, estime qu’un certain équilibre sexuel peut contribuer au bon fonctionnement de la prostate. D’après lui, le chiffre de 21 éjaculations correspond davantage à une norme raisonnable qu’à une obligation médicale stricte. « Lorsqu’on parle de 21 fois, on n’a pas dit 21 rapports, on a parlé d’éjaculation. Maintenant, un homme peut éjaculer autant de fois le même jour. Donc il peut avoir un rapport mais avec deux ou trois éjaculations ; si on veut tenir compte de la fréquence à ce moment, il ne faudrait pas qu’on exagère. La meilleure technique sera de diviser sa période sexuelle au moins avec un intervalle d’un à deux jours. L’excès comme l’absence totale d’activité sexuelle pourraient avoir des effets négatifs sur l’organisme ». Pour Dr Mbarga Jules Anthony, gynécologue obstétricien, cette affirmation remonte à 2016 avec la publication des résultats d’une étude qui affirmait que les hommes ayant une éjaculation 21 fois le mois ont moins de risque de développer le cancer de la prostate compare à a ceux qui

FAUX : Le chef d’état-major de l’armée camerounaise René Claude Meka n’est pas décédé

Le Professeur Vincent de Paul Ndjientcheu, directeur du Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé, dément cette rumeur. Ce post sur facebook prétendant que le Général René Claude Meka, Chef dnEtat-major de l’armée camerounaise, est décédé est FAUX. Le post qui a été mis en ligne le 9 mai 2026, annonce : «  Officiel : Breaking news: Le  Général Claude Meka est finalement décédé. Le Général Claude Meka dont le TGV de l’info annonçait il y a quelques minutes qu’il était dans un état critique au CHU de Yaoundé et que son évacuation sanitaire vers l’Europe était en préparation a finalement tiré sa révérence dans cet établissement hospitalier. Âgé de 87 ans, le Général de Corps d’Armée, René Claude Victor Meka, Chef d’État-major des Armées au ministère de la Défense, depuis septembre 2001, était le plus vieux Général en exercice dans le monde. Il passe ainsi son pistolet de commandement à gauche quelques heures après le Général Philippe Mpay… L’officier général dit casque blanc, qui était interné depuis 72 h au Centre Hospitalier et Universitaire (CHU) de Yaoundé à Melen, est décédé ce samedi 09 mai 2026 des suites de maladie. L’armée camerounaise est ainsi doublement frappée en 48 h. On s’approche progressivement de la cible. Même dans les films le Chef Bandit meurt à la fin. Si ce n’est pas un matin, ça sera un soir ». PesaCheck a analysé le post et l’a trouvé faux. La recherche Google de mots-clés : « Décès du Général Claude Meka » n’a donné aucun résultat crédible. PesaCheck a contacté le Professeur Vincent de Paul Ndjientcheu, Directeur Général du Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé (CHU Yaoundé) cité par l’auteur de ce post. Il a affirmé : «  Le Général René Claude Meka n’est pas décédé. Le Général René Claude Meka a certes reçu des soins au sein de notre institution sanitaire mais, il est rentré à son domicile…». Le Dr Djientcheu Vincent de Paul a partagé avec PesaCheck le  communiqué qui a été rédigé dans ses services afin de faire taire cette rumeur, le Chef d’État Major de l’Armée camerounaise n’est pas décédé . PesaCheck a également rencontré le Capitaine de Vaisseau Cyrille Serge Atonfack, Chef de Division de la Communication au ministère de la Défense : « C’est un Fake news. » Dans cette publication faite le 10 mai 2026, on voit le Général René Claude Meka avec quelques membres de sa famille. Cette rumeur intervient dans un contexte marqué par le décès, le 9 mai 2026, du  Général de Division  Philippe Mpay. PesaCheck a examiné un post sur Facebook  prétendant que le Général René Claude Meka, Chef d’État Major de l’armée camerounaise, est décédé et l’a trouvé FAUX. Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. Cette vérification de faits a été rédigée par le vérificateur des faits Stéphane Eyock et éditée par Nicole Ricci Minyem, éditrice d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah.  PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org. 

Pré-SALEMI 2026 : Class Pro lance un atelier de fact-checking et de lutte contre la désinformation à Douala

Face à la montée des fake news, de la manipulation de l’information et des contenus trompeurs sur les réseaux sociaux, l’éducation aux médias et à l’information devient un enjeu citoyen majeur. Dans le cadre du Pré-SALEMI 2026, l’association Class Pro organise le 29 mai 2026 à Douala un atelier de formation consacré au fact-checking et à la lutte contre la désinformation, en partenariat avec DataCheck Former des acteurs des médias plus critiques et responsables Le numérique a profondément transformé la manière dont l’information circule. Entre rumeurs virales, contenus manipulés, désinformation politique ou sanitaire et multiplication des fausses informations en ligne, journalistes, blogueurs et créateurs de contenus sont aujourd’hui confrontés à de nouveaux défis professionnels et éthiques. C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’atelier : « Journalistes, blogueurs et créateurs de contenus à l’épreuve des fake news » Organisé par Class Pro dans le cadre du Pré-SALEMI 2026, cet atelier ambitionne de renforcer les capacités des acteurs de l’information autour : – des techniques de vérification de l’information ; – des outils de fact-checking ; – des réflexes de recherche et de recoupement ; – des enjeux liés aux médias responsables ; – et de l’esprit critique dans l’espace numérique. Un partenariat avec DataCheck Pour cette activité, Class Pro s’associe à DataCheck, structure reconnue pour son expertise en fact-checking, vérification de l’information et lutte contre la désinformation. Les participants bénéficieront d’un cadre d’échanges pratique et interactif, mêlant réflexions, études de cas et partage d’expériences autour des défis actuels de la désinformation. Cet atelier contribuera également à nourrir les réflexions du livre blanc du Pré-SALEMI 2026, qui réunira analyses, recommandations et contributions autour de l’éducation aux médias et à l’information en Afrique. Une activité inscrite dans le Pré-SALEMI 2026 Le Pré-SALEMI constitue la phase préparatoire du Salon Africain de l’Éducation aux Médias et à l’Information (SALEMI 2026), initiative portée par Class Pro afin de promouvoir l’esprit critique, l’engagement citoyen et les médias responsables en Afrique. Le thème du Pré-SALEMI 2026 est : « Esprit critique, engagement citoyen et médias responsables : éduquer pour mieux agir » À travers ateliers, challenges, webinaires, rencontres éducatives et initiatives citoyennes, le Pré-SALEMI vise à mobiliser jeunes, éducateurs, journalistes, blogueurs, chercheurs, créateurs numériques et organisations engagées autour des enjeux de l’EMI. Qui peut candidater ? L’appel à candidatures est ouvert aux journalistes ; blogueurs ; créateurs de contenus ; étudiants en journalisme et communication ; acteurs engagés dans les médias et le numérique. Seulement 20 places sont disponibles, et les candidatures seront examinées par l’équipe organisatrice afin de garantir la diversité des profils et la qualité des échanges. Informations pratiques Date : 29 mai 2026 Ville : Douala Format : atelier présentiel – 1 journée Inscriptions : inscriptions@classpro.org Les candidats intéressés sont invités à envoyer leur nom et prénom ; leur profession ou média ; une courte présentation ; et quelques lignes de motivation.    

Hors contexte : Cette vidéo d’une femme camerounaise craingant pour sa vie est ancienne

  Une vidéo présentée comme un témoignage récent circule activement sur Facebook. On y voit une femme camerounaise déclarer craindre pour sa vie si elle est contrainte de rentrer au Cameroun, une déclaration faite au micro d’une journaliste, à la suite du rejet de sa demande d’asile. Les vérifications menées par Class Pro établissent que cette vidéo est tirée d’un reportage du média canadien TVA Nouvelles, diffusé en 2022. Dans ladite vidéo publiée le.. On y voit une femme affirmer être menacée de décapitation par son ex-mari, qu’elle dit être membre d’une société secrète connue sous le nom de « Famla ». Elle explique que sa demande d’asile a été rejetée par la commission d’immigration, au motif que si son ancien conjoint avait réellement voulu attenter à sa vie, il l’aurait déjà fait. Le « Famla » est décrit par de nombreux Camerounais comme une secte aux pratiques mystiques, particulièrement associée à la région de l’Ouest du pays.  La publication relayée par le compte « Piment Noir » a recueilli plus de 545 partages et près de 2972 likes et 1347 commentaires. Elle a également été reprise en divers endroits, avec des légendes évoquant « une demande d’asile d’une femme affirmant craindre pour sa vie à cause du Famla » et décrivant cette pratique comme une forme de sorcellerie liée à des pratiques de zombification. Dans tous ces relais, rien n’indique que la vidéo daterait d’il y a plusieurs années. Une vidéo datant de 2022 Pour remonter à l’origine de la vidéo, Class Pro a procédé à des recherches par mots-clés sur Google. Cette démarche a conduit à une publication datée du 30 juillet 2022 sur le site de TVA Nouvelles, accompagnée d’un texte explicatif. Une seconde publication du média QUB Radio a été mise en ligne le lendemain, 31 juillet 2022. Des recherches d’images inversées, réalisées à partir de captures extraites de la vidéo via Google Reverse Image Search, ont confirmé qu’il s’agit d’un reportage produit au Québec par la journaliste Véronique Dubé pour TVA Nouvelles. Le reportage porte sur le cas d’Ossomo Ngandzigui, une Camerounaise ayant sollicité l’asile au Canada après des violences conjugales qu’elle impute à son ex-mari polygame, présenté comme membre du Famla. À l’époque, elle affirmait craindre pour sa sécurité en cas de retour au Cameroun et disait recevoir des vidéos anonymes contenant des scènes violentes, qu’elle interprétait comme des menaces de mort. La séquence qui circule actuellement ne relate pas un événement récent. Il s’agit d’un reportage réalisé en 2022 par le média canadien TVA Nouvelles, consacré au cas d’Ossomo Ngandzigui, une Camerounaise souhaitant obtenir l’asile au Canada après des menaces attribuées à son ex-mari. En l’absence de toute indication temporelle dans les publications qui la relaient, cette vidéo est sortie de son contexte, laissant croire à tort qu’il s’agirait d’une actualité récente. Cette vérification des faits a été produite par Class Pro dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été réalisée avec le mentorat entre pairs de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, avec le soutien financier de l’Initiative pour la Démocratie Numérique, dans le cadre du projet Digitalise Youth, dirigé par European Partnership for Democracy (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de Class Pro. Vous souhaitez en savoir plus ? Visitez : https://factcheck.africa/

Hors contexte : Cette vidéo des femmes qui dansent en exposant leurs derrières ne vient pas du Cameroun

Ladite vidéo circule sur Internet depuis 2019. Publiée sur TikTok au lendemain de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, une vidéo montrant des femmes exhiber des parties sensibles de leur corps à l’écoute d’une musique est présentée comme une scène du 8 mars 2026 au Cameroun. Après vérification à l’aide d’Invid WeVerify, cette séquence circulait déjà sur internet plusieurs années auparavant. Le 8 mars, le monde célèbre la Journée internationale des droits des femmes. Au Cameroun, cette journée donne lieu à diverses manifestations festives organisées par des associations, des entreprises ou des groupes de femmes. Mais chaque année, certaines scènes jugées excessives à savoir la consommation d’alcool, les danses indécentes ou des comportements déplacés circulent abondamment sur les réseaux sociaux. C’est dans ce contexte qu’une vidéo a été publiée le 9 mars 2026, soit le lendemain du jour de célébration, sur le compte TikTok “Haman Cameroun”. La séquence, qui cumule 513 likes, 31 commentaires, 125 enregistrements et 239 partages ce 17 mars 2026, est présentée comme une scène du 8 mars au Cameroun. On y aperçoit plusieurs femmes, vêtues d’un uniforme de couleur orange, se trémousser au rythme d’une fanfare. Plusieurs d’entre elles laissent entrevoir des parties sensibles de leur corps, sous le regard d’une foule composée d’hommes et d’enfants, entre autres. Le message «8 mars au Cameroun » associé à l’emblème tricolore accompagne la vidéo de vérification, renforçant l’idée que la scène se déroule dans ce pays. Vérification Après observation, Class Pro a relevé des incohérences sur l’uniforme contenu dans la vidéo de vérification. Tout d’abord, la teinte qui est moins colorée que celle du pagne du 8 mars 2026 ; puis, les motifs non identiques, moins nombreux et plus grossiers.  Même si l’orange fait partie des deux couleurs officielles du pagne du 8 mars 2026 au Cameroun, celle de la vidéo ne ressemble en rien à la couleur du pagne de cette année. Des détails qui ont permis de pousser la vérification afin de déterminer l’origine réelle de ce film. Pour cela, nous avons contacté l’auteur de la publication via son compte TikTok, mais n’avons jusqu’au jour de la publication de l’article, obtenu aucune réponse. Par la suite, la vidéo a été analysée à l’aide de l’outil InVID WeVerify, qui a tout d’abord fragmenté la séquence en images clés afin d’effectuer une recherche inversée sur internet. Cette méthode a permis de retrouver une publication de la même séquence sur la chaine “Renyi Regnard”, mise en ligne le 6 mai 2019. Une autre capture issue de la vidéo renvoie vers une publication encore plus ancienne sur YouTube, mise en ligne le 23 fevrier 2021 par la chaîne Milindimoyapwan4784, qui totalise 8959 vues et plus de 45 mentions “j’aime”. Ces différents éléments montrent que la vidéo partagée après la célébration du 8 mars 2026 ne correspond pas à un événement récent. La séquence circulait déjà sur internet plusieurs années auparavant. En sommes, la vidéo présentée comme une scène du 8 mars 2026 au Cameroun est trompeuse. Les recherches effectuées via InVID WeVerify, montrent que cette séquence querellée était déjà en ligne depuis 2019. Elle ne peut donc pas être associée aux célébrations récentes de la Journée internationale des droits des femmes au Cameroun. Cette vérification des faits a été produite par Class Pro dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été réalisée avec le mentorat entre pairs de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, avec le soutien financier de l’Initiative pour la Démocratie Numérique, dans le cadre du projet Digitalise Youth, dirigé par European Partnership for Democracy (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de Class Pro. Vous souhaitez en savoir plus ? Visitez : https://factcheck.africa/

Rencontre avec Peter Cunliffe-Jones, fondateur d’Africa Check

Fondateur d’Africa Check et pionnier du fact-checking sur le continent, Peter Cunliffe-Jones a marqué de son empreinte la 4ᵉ édition du Africa Facts Summit, organisée pour la première fois dans un pays francophone, le Sénégal. En marge de l’événement, Class Pro et Fakt ont échangé avec lui sur un sujet central : le lien entre vérification de l’information et éducation aux médias.  Du fact-checking au mouvement panafricain Quand Africa Check a été lancé il y a plus de dix ans, l’idée de créer un réseau panafricain de vérificateurs paraissait ambitieuse. Aujourd’hui, la réalité dépasse les attentes : des dizaines d’organisations, du Nigéria au Cameroun, du Sénégal au Zimbabwe, se sont appropriées cette culture de la rigueur. Ce qui m’a le plus surpris, confie Peter Cunliffe-Jones: « c’est la rapidité avec laquelle la vérification est devenue un mouvement citoyen. Nous sommes passés du journalisme à la communauté. » Une communauté aujourd’hui soudée, diversifiée, et animée par un même objectif : défendre l’intégrité de l’information. Lire aussi: Quand l’humour éveillé l’esprit critique : le regard de Zohoré Lassane au Africa Facts Summit 2025 Le dialogue nécessaire avec l’éducation aux médias Pour le fondateur d’Africa Check, le fact-checking ne doit pas rester un outil réservé aux rédactions, si nous voulons réellement combattre la désinformation, nous devons aider les citoyens à développer eux-mêmes les bons réflexes. Ce dialogue entre vérification et éducation aux médias est crucial, notamment pour toucher les jeunes et les publics en dehors du système scolaire. C’est là que se rejoignent les missions de Class Pro et d’Africa Check : former une génération capable de questionner, d’analyser et de décider à partir de faits. Vers une culture panafricaine de l’esprit critique Les réponses de Peter Cunliffe-Jones à nos questions au #AfricaFactsSummit2025 a réaffirmé une conviction que partage Class Pro : la vérification n’a de sens que si elle se transforme en éducation. C’est à ce prix que l’Afrique construira une société où la vérité ne sera pas seulement recherchée, mais comprise et partagée. Ensemble, construisons une Afrique critique, informée et résiliente.

Quand l’humour éveille l’esprit critique: le regard de Lozoré Lassane au Africa Facts Summit 2025

Dans la salle du #AfricaFactsSummit2025 à Dakar, les mots s’entrechoquent, les idées se croisent, les voix s’élèvent. Et, au fond, un crayon danse sur le papier. À chaque trait, un message. À chaque sourire esquissé, une réflexion. Zohoré Lassane, caricaturiste ivoirien pour Cartooning for Peace, a accompagné les débats en dessinant en simultané. Tandis que les participants échangeaient sur la désinformation, la démocratie et l’intégrité de l’information, lui traduisait ces enjeux complexes en images accessibles, drôles et percutantes. Le contexte : une rencontre entre le trait et la vérification Cette interview singulière s’inscrivait dans une collaboration inspirante entre Class Pro et Fakt, deux organisations africaines engagées pour une information critique et responsable. En marge du sommet, nous avons échangé avec Zohoré Lassane sur le pouvoir du dessin et de l’humour dans l’éducation aux médias et à l’information (EMI). Quel est le moment le plus difficile quand il dessine en direct devant un public ? A-t-il déjà été témoin d’une réaction inattendue ? Quel rôle l’humour et le dessin peuvent-ils jouer dans la sensibilisation et l’éducation aux médias ? À travers ses réponses, l’artiste dévoile la complexité de son métier : capter l’instant, écouter les émotions, traduire le réel sans trahir sa vérité.   Le dessin, une autre forme de fact-checking Pour Zohoré Lassane, le dessin est bien plus qu’un art visuel : c’est une forme d’éducation populaire. Il fait réfléchir, désamorce les tensions et rend les messages plus accessibles, surtout auprès des jeunes publics. “Un dessin peut résumer une conférence entière. Il fait sourire, mais il oblige aussi à penser” confie-t-il. Dans une ère saturée d’images et de fausses nouvelles, l’humour devient une arme douce : il interroge sans agresser, dévoile sans imposer. Chaque caricature devient alors une forme de vérification citoyenne, un miroir de notre société et de ses paradoxes. Lire aussi: Quand le fact-checking et l’éducation aux médias imaginent l’Afrique de demain  L’EMI sous toutes ses formes Les dessins de Zohoré Lassane au sommet ont rappelé combien l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI) ne se limite pas aux mots, ni aux écrans. Elle peut aussi se dessiner, se raconter, se rire. C’est tout le sens du travail de Class Pro, qui œuvre à rendre l’EMI vivante, inclusive et créative à travers ses programmes comme #VOFEM (Voix des Femmes et Filles Médiatrices). Une Afrique qui pense, rit et agit En dessinant pendant les débats, Zohoré Lassane a offert un autre regard sur le fact-checking : celui de la satire bienveillante, du trait qui relie au lieu de diviser. Ses dessins sont devenus un espace de dialogue, un lieu de respiration entre deux vérités. Et si, demain, chaque caricature devenait une leçon d’esprit critique ? Ensemble, faisons de l’Afrique une région critique, informée et résiliente.

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