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Hors contexte : Cette vidéo d’une femme camerounaise craingant pour sa vie est ancienne

  Une vidéo présentée comme un témoignage récent circule activement sur Facebook. On y voit une femme camerounaise déclarer craindre pour sa vie si elle est contrainte de rentrer au Cameroun, une déclaration faite au micro d’une journaliste, à la suite du rejet de sa demande d’asile. Les vérifications menées par Class Pro établissent que cette vidéo est tirée d’un reportage du média canadien TVA Nouvelles, diffusé en 2022. Dans ladite vidéo publiée le.. On y voit une femme affirmer être menacée de décapitation par son ex-mari, qu’elle dit être membre d’une société secrète connue sous le nom de « Famla ». Elle explique que sa demande d’asile a été rejetée par la commission d’immigration, au motif que si son ancien conjoint avait réellement voulu attenter à sa vie, il l’aurait déjà fait. Le « Famla » est décrit par de nombreux Camerounais comme une secte aux pratiques mystiques, particulièrement associée à la région de l’Ouest du pays.  La publication relayée par le compte « Piment Noir » a recueilli plus de 545 partages et près de 2972 likes et 1347 commentaires. Elle a également été reprise en divers endroits, avec des légendes évoquant « une demande d’asile d’une femme affirmant craindre pour sa vie à cause du Famla » et décrivant cette pratique comme une forme de sorcellerie liée à des pratiques de zombification. Dans tous ces relais, rien n’indique que la vidéo daterait d’il y a plusieurs années. Une vidéo datant de 2022 Pour remonter à l’origine de la vidéo, Class Pro a procédé à des recherches par mots-clés sur Google. Cette démarche a conduit à une publication datée du 30 juillet 2022 sur le site de TVA Nouvelles, accompagnée d’un texte explicatif. Une seconde publication du média QUB Radio a été mise en ligne le lendemain, 31 juillet 2022. Des recherches d’images inversées, réalisées à partir de captures extraites de la vidéo via Google Reverse Image Search, ont confirmé qu’il s’agit d’un reportage produit au Québec par la journaliste Véronique Dubé pour TVA Nouvelles. Le reportage porte sur le cas d’Ossomo Ngandzigui, une Camerounaise ayant sollicité l’asile au Canada après des violences conjugales qu’elle impute à son ex-mari polygame, présenté comme membre du Famla. À l’époque, elle affirmait craindre pour sa sécurité en cas de retour au Cameroun et disait recevoir des vidéos anonymes contenant des scènes violentes, qu’elle interprétait comme des menaces de mort. La séquence qui circule actuellement ne relate pas un événement récent. Il s’agit d’un reportage réalisé en 2022 par le média canadien TVA Nouvelles, consacré au cas d’Ossomo Ngandzigui, une Camerounaise souhaitant obtenir l’asile au Canada après des menaces attribuées à son ex-mari. En l’absence de toute indication temporelle dans les publications qui la relaient, cette vidéo est sortie de son contexte, laissant croire à tort qu’il s’agirait d’une actualité récente. Cette vérification des faits a été produite par Class Pro dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été réalisée avec le mentorat entre pairs de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, avec le soutien financier de l’Initiative pour la Démocratie Numérique, dans le cadre du projet Digitalise Youth, dirigé par European Partnership for Democracy (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de Class Pro. Vous souhaitez en savoir plus ? Visitez : https://factcheck.africa/

Hors contexte : Cette vidéo des femmes qui dansent en exposant leurs derrières ne vient pas du Cameroun

Ladite vidéo circule sur Internet depuis 2019. Publiée sur TikTok au lendemain de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, une vidéo montrant des femmes exhiber des parties sensibles de leur corps à l’écoute d’une musique est présentée comme une scène du 8 mars 2026 au Cameroun. Après vérification à l’aide d’Invid WeVerify, cette séquence circulait déjà sur internet plusieurs années auparavant. Le 8 mars, le monde célèbre la Journée internationale des droits des femmes. Au Cameroun, cette journée donne lieu à diverses manifestations festives organisées par des associations, des entreprises ou des groupes de femmes. Mais chaque année, certaines scènes jugées excessives à savoir la consommation d’alcool, les danses indécentes ou des comportements déplacés circulent abondamment sur les réseaux sociaux. C’est dans ce contexte qu’une vidéo a été publiée le 9 mars 2026, soit le lendemain du jour de célébration, sur le compte TikTok “Haman Cameroun”. La séquence, qui cumule 513 likes, 31 commentaires, 125 enregistrements et 239 partages ce 17 mars 2026, est présentée comme une scène du 8 mars au Cameroun. On y aperçoit plusieurs femmes, vêtues d’un uniforme de couleur orange, se trémousser au rythme d’une fanfare. Plusieurs d’entre elles laissent entrevoir des parties sensibles de leur corps, sous le regard d’une foule composée d’hommes et d’enfants, entre autres. Le message «8 mars au Cameroun » associé à l’emblème tricolore accompagne la vidéo de vérification, renforçant l’idée que la scène se déroule dans ce pays. Vérification Après observation, Class Pro a relevé des incohérences sur l’uniforme contenu dans la vidéo de vérification. Tout d’abord, la teinte qui est moins colorée que celle du pagne du 8 mars 2026 ; puis, les motifs non identiques, moins nombreux et plus grossiers.  Même si l’orange fait partie des deux couleurs officielles du pagne du 8 mars 2026 au Cameroun, celle de la vidéo ne ressemble en rien à la couleur du pagne de cette année. Des détails qui ont permis de pousser la vérification afin de déterminer l’origine réelle de ce film. Pour cela, nous avons contacté l’auteur de la publication via son compte TikTok, mais n’avons jusqu’au jour de la publication de l’article, obtenu aucune réponse. Par la suite, la vidéo a été analysée à l’aide de l’outil InVID WeVerify, qui a tout d’abord fragmenté la séquence en images clés afin d’effectuer une recherche inversée sur internet. Cette méthode a permis de retrouver une publication de la même séquence sur la chaine “Renyi Regnard”, mise en ligne le 6 mai 2019. Une autre capture issue de la vidéo renvoie vers une publication encore plus ancienne sur YouTube, mise en ligne le 23 fevrier 2021 par la chaîne Milindimoyapwan4784, qui totalise 8959 vues et plus de 45 mentions “j’aime”. Ces différents éléments montrent que la vidéo partagée après la célébration du 8 mars 2026 ne correspond pas à un événement récent. La séquence circulait déjà sur internet plusieurs années auparavant. En sommes, la vidéo présentée comme une scène du 8 mars 2026 au Cameroun est trompeuse. Les recherches effectuées via InVID WeVerify, montrent que cette séquence querellée était déjà en ligne depuis 2019. Elle ne peut donc pas être associée aux célébrations récentes de la Journée internationale des droits des femmes au Cameroun. Cette vérification des faits a été produite par Class Pro dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été réalisée avec le mentorat entre pairs de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, avec le soutien financier de l’Initiative pour la Démocratie Numérique, dans le cadre du projet Digitalise Youth, dirigé par European Partnership for Democracy (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de Class Pro. Vous souhaitez en savoir plus ? Visitez : https://factcheck.africa/

Rencontre avec Peter Cunliffe-Jones, fondateur d’Africa Check

Fondateur d’Africa Check et pionnier du fact-checking sur le continent, Peter Cunliffe-Jones a marqué de son empreinte la 4ᵉ édition du Africa Facts Summit, organisée pour la première fois dans un pays francophone, le Sénégal. En marge de l’événement, Class Pro et Fakt ont échangé avec lui sur un sujet central : le lien entre vérification de l’information et éducation aux médias.  Du fact-checking au mouvement panafricain Quand Africa Check a été lancé il y a plus de dix ans, l’idée de créer un réseau panafricain de vérificateurs paraissait ambitieuse. Aujourd’hui, la réalité dépasse les attentes : des dizaines d’organisations, du Nigéria au Cameroun, du Sénégal au Zimbabwe, se sont appropriées cette culture de la rigueur. Ce qui m’a le plus surpris, confie Peter Cunliffe-Jones: « c’est la rapidité avec laquelle la vérification est devenue un mouvement citoyen. Nous sommes passés du journalisme à la communauté. » Une communauté aujourd’hui soudée, diversifiée, et animée par un même objectif : défendre l’intégrité de l’information. Lire aussi: Quand l’humour éveillé l’esprit critique : le regard de Zohoré Lassane au Africa Facts Summit 2025 Le dialogue nécessaire avec l’éducation aux médias Pour le fondateur d’Africa Check, le fact-checking ne doit pas rester un outil réservé aux rédactions, si nous voulons réellement combattre la désinformation, nous devons aider les citoyens à développer eux-mêmes les bons réflexes. Ce dialogue entre vérification et éducation aux médias est crucial, notamment pour toucher les jeunes et les publics en dehors du système scolaire. C’est là que se rejoignent les missions de Class Pro et d’Africa Check : former une génération capable de questionner, d’analyser et de décider à partir de faits. Vers une culture panafricaine de l’esprit critique Les réponses de Peter Cunliffe-Jones à nos questions au #AfricaFactsSummit2025 a réaffirmé une conviction que partage Class Pro : la vérification n’a de sens que si elle se transforme en éducation. C’est à ce prix que l’Afrique construira une société où la vérité ne sera pas seulement recherchée, mais comprise et partagée. Ensemble, construisons une Afrique critique, informée et résiliente.

Quand l’humour éveille l’esprit critique: le regard de Lozoré Lassane au Africa Facts Summit 2025

Dans la salle du #AfricaFactsSummit2025 à Dakar, les mots s’entrechoquent, les idées se croisent, les voix s’élèvent. Et, au fond, un crayon danse sur le papier. À chaque trait, un message. À chaque sourire esquissé, une réflexion. Zohoré Lassane, caricaturiste ivoirien pour Cartooning for Peace, a accompagné les débats en dessinant en simultané. Tandis que les participants échangeaient sur la désinformation, la démocratie et l’intégrité de l’information, lui traduisait ces enjeux complexes en images accessibles, drôles et percutantes. Le contexte : une rencontre entre le trait et la vérification Cette interview singulière s’inscrivait dans une collaboration inspirante entre Class Pro et Fakt, deux organisations africaines engagées pour une information critique et responsable. En marge du sommet, nous avons échangé avec Zohoré Lassane sur le pouvoir du dessin et de l’humour dans l’éducation aux médias et à l’information (EMI). Quel est le moment le plus difficile quand il dessine en direct devant un public ? A-t-il déjà été témoin d’une réaction inattendue ? Quel rôle l’humour et le dessin peuvent-ils jouer dans la sensibilisation et l’éducation aux médias ? À travers ses réponses, l’artiste dévoile la complexité de son métier : capter l’instant, écouter les émotions, traduire le réel sans trahir sa vérité.   Le dessin, une autre forme de fact-checking Pour Zohoré Lassane, le dessin est bien plus qu’un art visuel : c’est une forme d’éducation populaire. Il fait réfléchir, désamorce les tensions et rend les messages plus accessibles, surtout auprès des jeunes publics. “Un dessin peut résumer une conférence entière. Il fait sourire, mais il oblige aussi à penser” confie-t-il. Dans une ère saturée d’images et de fausses nouvelles, l’humour devient une arme douce : il interroge sans agresser, dévoile sans imposer. Chaque caricature devient alors une forme de vérification citoyenne, un miroir de notre société et de ses paradoxes. Lire aussi: Quand le fact-checking et l’éducation aux médias imaginent l’Afrique de demain  L’EMI sous toutes ses formes Les dessins de Zohoré Lassane au sommet ont rappelé combien l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI) ne se limite pas aux mots, ni aux écrans. Elle peut aussi se dessiner, se raconter, se rire. C’est tout le sens du travail de Class Pro, qui œuvre à rendre l’EMI vivante, inclusive et créative à travers ses programmes comme #VOFEM (Voix des Femmes et Filles Médiatrices). Une Afrique qui pense, rit et agit En dessinant pendant les débats, Zohoré Lassane a offert un autre regard sur le fact-checking : celui de la satire bienveillante, du trait qui relie au lieu de diviser. Ses dessins sont devenus un espace de dialogue, un lieu de respiration entre deux vérités. Et si, demain, chaque caricature devenait une leçon d’esprit critique ? Ensemble, faisons de l’Afrique une région critique, informée et résiliente.

Quand le fact-checking et l’éducation aux médias imaginent l’Afrique de demain

Une initiative Class Pro × Fakt au Africa Facts Summit 2025. Et si l’Afrique de demain se construisait d’abord par la qualité de son information ? Lors de la 4ᵉ édition du Africa Facts Summit, organisée pour la première fois dans un pays francophone, à Dakar (Sénégal), Class Pro et Fakt ont uni leurs forces autour d’une question simple mais puissante : Une question posée aux participants du sommet: journalistes, formateurs, fact-checkeurs, acteurs associatifs pour recueillir leurs visions et leurs espoirs. Des mots qui dessinent un futur Les réponses, capturées dans une vidéo diffusée lors du sommet, résonnent comme un manifeste collectif : autonome, avertie, fiabilité, intégrité, démocratique, pacifique, sérénité… Autant de mots qui traduisent notre conviction partagée avec Fakt : quand l’information est comprise, partagée et vérifiée, elle devient une force d’émancipation. Cette capsule, née d’une collaboration entre Class Pro et Fakt, illustre la vitalité d’une génération africaine décidée à défendre la vérité et à promouvoir une citoyenneté critique. Lire aussi: Class Pro s’installe au Sénégal : Une nouvelle étape dans l’aventure panafricaine de l’EMI Une alliance pour une Afrique critique et résiliente Le Africa Facts Summit est l’un des plus grands rendez-vous panafricains consacrés à la vérification de l’information. Pendant deux jours, des experts venus du continent et d’ailleurs ont échangé sur un thème central : « Renforcer l’intégrité de l’information, sauvegarder la démocratie. » Pour Class Pro, y présenter le programme VOFEM – Voix des Femmes et Filles Médiatrices a été une belle occasion de rappeler que la résilience informationnelle se construit aussi avec les femmes et les jeunes, premières cibles et premières actrices du changement. L’éducation aux médias comme socle commun À travers ses initiatives, Class Pro continue de promouvoir l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI) comme un levier essentiel pour une société plus juste, inclusive et démocratique. Cette rencontre à Dakar en a offert la preuve : l’EMI n’est plus une option, mais un droit et une responsabilité collective. Ensemble, éclairons chaque décision De ces échanges et de cette vidéo, une certitude se dégage : l’Afrique de demain se construira grâce à des citoyens n se construira grâce à des citoyens capables de questionner, vérifier, comprendre et transmettre l’information avec rigueur. Ensemble, construisons un futur où l’information éclaire chaque décision. Découvrez la vidéo complète ici

VOFEM à Dakar : quand les voix des femmes résonnent au cœur du Africa Facts Summit 2025

À Dakar, lors du Africa Facts Summit 2025, le stand de Class Pro n’est pas passé inaperçu. Pendant deux jours, journalistes, fact-checkeurs, chercheur·es, féministes et curieux se sont arrêtés pour découvrir VOFEM – Voix des Femmes et Filles Médiatrices, un programme pionnier qui place l’esprit critique et le leadership féminin au cœur de la lutte contre la désinformation et de la promotion de la paix   « Former les femmes à l’éducation aux médias, c’est leur donner le pouvoir de résister à la manipulation et de prendre la parole avec assurance, même en contexte de crise. » confie Badal Fohmoh, fondatrice de Class Pro, qui représentait l’association à Dakar. Lire aussi: L’EMI sur tous les fronts: quand Dakar fait battre le cœur de la vérité en Afrique  Un espace d’échange et d’écoute Au-delà de l’exposition, le stand VOFEM a été un véritable espace de dialogue. Des délégués de Cartooning for Peace, de Factoscope, de l’AFP, de CFI médias, des fact-checkeurs africains, participants curieux, mais aussi des féministes engagées y ont échangé autour d’un même constat : la désinformation genrée demeure un frein majeur à la participation des femmes dans l’espace public et numérique. Les discussions ont mis en lumière la nécessité de multiplier les initiatives locales d’éducation aux médias portées par des femmes, pour des femmes, afin de renforcer leur résilience face aux manipulations en ligne et leur rôle dans la prévention des conflits. Une alliance fidèle avec Fakt Le stand présentait également les fruits d’une collaboration durable entre Class Pro et Fakt, partenaire fidèle de la lutte contre la désinformation au Cameroun. À travers ce partenariat, Class Pro continue de faire vivre son slogan :  L’EMI sur tous les fronts. Cette présence conjointe à Dakar a illustré la force du travail en réseau, où chaque projet, chaque rencontre, devient une pièce essentielle du puzzle continental de la vérité et de l’esprit critique. Perspectives : amplifier les voix médiatrices L’expérience du Africa Facts Summit confirme une conviction chère à Class Pro : la transformation sociale passe par l’éducation critique et la parole des femmes. Les prochaines étapes de VOFEM visent à élargir le programme à de nouvelles régions du Cameroun à travers des formations en présentiel, mais aussi à encourager la création d’un réseau panafricain de femmes médiatrices engagées pour la paix, la vérité et la justice numérique. « Ce sommet m’a rappelé qu’il n’y a pas de petite voix quand il s’agit de défendre la vérité. Chaque échange, chaque regard, chaque histoire partagée à notre stand a renforcé ce lien invisible entre celles qui refusent la désinformation et celles qui construisent des ponts de paix. » conclut Badal. Nous saluons les efforts d’Africa Check pour la mobilisation et la qualité et la pertinence des sujets et des débats.

L’EMI sur tous les fronts : quand Dakar fait battre le cœur de la vérité en Afrique

Les 1er et 2 octobre 2025, Dakar a vibré au rythme de la 4ᵉ édition de l’Africa Facts Summit, le plus grand rassemblement africain consacré au fact-checking et à la lutte contre la désinformation Deux jours intenses, plus de 200 participants venus de 20 pays, des échanges riches entre fact-checkers, journalistes, chercheurs, ONG, institutions et entreprises technologiques. Un seul objectif : bâtir un front commun contre la désinformation. De Vera aux deepfakes : l’innovation au service de la vérité Cette édition a mis en lumière des outils innovants comme Vera, une intelligence artificielle capable de répondre aux questions de vérification sur WhatsApp, Instagram et par appels vocaux. Accessible aussi aux personnes non lettrées, Vera prouve que la technologie peut rapprocher la vérification des communautés les plus éloignées. Autre défi abordé : les contenus générés par l’IA. Grâce à des outils comme Deepfake-o-meter ou ElevenLabs AI Speech Classifier, les fact-checkers explorent de nouvelles méthodes pour détecter les voix et vidéos manipulées. Leçons des contextes africains Le sommet a rappelé une évidence : la désinformation prend racine dans les réalités locales. En Côte d’Ivoire, le fact-checking a émergé dans un climat post-crise marqué par la polarisation médiatique, avant de s’imposer comme une pratique légitime grâce à des prix panafricains. Au Sénégal, la promulgation récente d’une loi sur l’accès à l’information représente une avancée majeure. Dans les zones de conflit comme le Sahel, le Soudan ou la RDC, les journalistes paient un lourd tribut : attaques, répression, exil. Ces vides informationnels laissent prospérer la manipulation. Désinformation genrée : un combat prioritaire Un des moments forts fut la session consacrée à la désinformation sexiste. Les femmes et filles, particulièrement au Sahel, subissent une double violence : en ligne et hors ligne. Harcèlement, usurpation d’identité, menaces… Ces violences conduisent souvent au silence et à l’autocensure. La réponse est claire : former davantage de femmes fact-checkeuses, créer des réseaux de soutien, renforcer les lois et surtout intégrer la désinformation genrée dans les priorités des médias et de l’éducation. L’EMI, socle de toute résilience À l’Africa Facts Summit 2025, la communauté africaine du fact-checking s’est mobilisée pour renforcer la vérité et la résilience numérique. Class Pro y a puisé une conviction : seule l’éducation aux médias peut transformer la vérification en culture citoyenne. Au-delà des constats, une conviction s’impose : la vérification ne suffit pas si elle n’est pas relayée par l’éducation aux médias et à l’information (EMI). Comme l’a rappelé Mouminy Camara du CESTI, la vérification est une pierre angulaire du journalisme. Mais elle doit aussi devenir un réflexe citoyen. Car sans éducation critique, les outils les plus avancés ne suffiront pas à freiner la désinformation.   Célébrer l’excellence Les African Fact-Checking Awards 2025 ont une fois de plus mis en lumière l’importance du travail des journalistes africains. De la lutte contre les rumeurs géopolitiques au Bénin à la vérification d’infox sur la santé en Tunisie, ces prix rappellent que le fact-checking sauve plus que des récits : il protège des vies, des communautés et des démocraties. Class Pro sur le terrain : VOFEM à l’honneur Pendant le sommet, Class Pro a eu le plaisir d’accueillir les participants sur son stand, consacré à VOFEM – Voix des Femmes et Filles Médiatrices, notre programme phare qui forme des femmes et des filles à l’esprit critique et au leadership en contexte de crise. Cette initiative, qui met le leadership féminin et l’éducation aux médias au service de la résolution des conflits, a suscité de nombreux échanges inspirants. Notre collaboration avec Fakt se poursuit dans la même dynamique : un partenariat solide, fidèle à notre engagement commun contre la désinformation en Afrique. Class Pro salue l’élan collectif À Class Pro, nous retenons une leçon majeure de Dakar : la lutte contre la désinformation est un effort collectif qui dépasse les rédactions. Elle implique les écoles, les jeunes, les communautés locales, les médias et les institutions. Notre conviction est plus forte que jamais : l’EMI sur tous les fronts, pour donner aux citoyens africains les clés de la résilience numérique et démocratique. Rendez-vous en 2026 pour poursuivre cette dynamique et bâtir ensemble une Afrique critique, résiliente et debout face à la désinformation.

Class Pro est une association qui mobilise l’action civique pour lutter contre les désordres informationnels

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