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Municipales 2026 à Douala 3 : « Nous portons le changement » – rencontre avec Nokam Christelle, candidate engagée pour une démocratie inclusive

À Douala 3, Nokam Christelle fait partie de ces voix qui comptent. Candidate engagée pour les droits des femmes et des personnes en situation de handicap, elle inscrit son parcours dans une dynamique de transformation sociale et démocratique. À l’approche des élections municipales de 2026, certaines candidatures portent bien plus qu’un programme politique : elles incarnent une vision de société. Dans cet entretien accordé à Class Pro, elle revient sur son engagement, les obstacles rencontrés et sa vision pour une commune plus inclusive. « Mon engagement est ancré dans les droits des femmes et des personnes handicapées. Je veux mettre mon expérience au service de la commune » Je suis Nokam Christelle, candidate aux élections municipales à Douala 3. Mon parcours est marqué par mon engagement pour les droits des femmes et des personnes handicapées. Derrière cette présentation sobre se cache un engagement de terrain, nourri par des réalités vécues et une volonté de faire évoluer les politiques locales. Lire aussi : Quand les femmes en situation de handicap briguent un mandat, la démocratie prend corps Pourquoi se lancer en politique, malgré les obstacles ? Je me présente pour apporter ma vision et mon expérience au service de la commune, en défendant les intérêts des femmes et des personnes handicapées. Une démarche qui rappelle que la politique locale est avant tout une question de proximité et de réponse aux besoins concrets des populations. Stéréotypes, ressources, charge mentale : les obstacles persistent Comme de nombreuses femmes, Nokam Christelle souligne les freins structurels à l’engagement politique : – la persistance des stéréotypes de genre ; – le manque d’accès aux ressources ; – le poids des responsabilités familiales. Mais à ces défis s’ajoute une réalité encore plus complexe. « On doute encore de notre capacité à diriger. » En tant que femme en situation de handicap, elle fait face à des obstacles spécifiques : J’ai rencontré des défis liés à l’accessibilité des lieux de réunion, mais aussi des préjugés sur la capacité des personnes handicapées à diriger dans mon entourage. Ces barrières, à la fois physiques et sociales, traduisent les limites actuelles de l’inclusion politique. « Nos voix sont cruciales. Nous portons le changement » Pour Nokam Christelle, la participation des femmes handicapées n’est pas optionnelle – elle est essentielle : – Leurs voix sont cruciales pour une représentation inclusive et pour défendre des politiques qui répondent à leurs besoins spécifiques. Nous portons le changement. Une affirmation forte, qui replace ces femmes comme actrices politiques à part entière. Dignité menstruelle : un enjeu encore invisibilisé Parmi les sujets qu’elle souhaite porter, la dignité menstruelle occupe une place importante. Les femmes handicapées font face à des défis d’accès aux produits d’hygiène et à des infrastructures adaptées. Les collectivités locales devraient améliorer l’accès à ces produits et créer des espaces inclusifs. Un angle encore trop peu abordé dans les politiques locales, mais essentiel pour une inclusion réelle. Des actions concrètes pour une commune inclusive Si elle est élue, Nokam Christelle ambitionne de porter des actions structurantes : – améliorer l’accessibilité des infrastructures publiques ; – promouvoir l’inclusion économique des femmes handicapées ; – renforcer la participation politique des jeunes femmes. Une vision qui s’inscrit pleinement dans une approche de démocratie locale inclusive. À la jeunesse, et particulièrement aux jeunes femmes, elle adresse un message clair : Ne laissez pas les obstacles vous arrêter ! Votre voix compte, et ensemble, nous pouvons changer les choses. Engagez-vous pour une société plus inclusive et juste. Lire aussi : Une démocratie inclusive ne progresse que lorsque toutes les voix sont entendues. Une candidature qui interpelle À travers son engagement, Nokam Christelle pose une question essentielle à la démocratie camerounaise : Qui a le droit de gouverner ? Sa candidature rappelle que la représentation politique ne doit exclure aucune voix, et surtout pas celles qui portent des expériences de vie souvent invisibilisées. Et vous ? Aux municipales de 2026, quels critères guideront votre choix ? Êtes-vous prê.e à soutenir une vision inclusive de la gouvernance locale ? Parce qu’une démocratie forte est une démocratie qui écoute toutes ses voix.

Municipales 2026 : quand des femmes en situation de handicap briguent un mandat local, la démocratie prend corps

Les élections municipales de 2026 au Cameroun marquent un tournant silencieux mais puissant : des femmes en situation de handicap ne se contentent plus de revendiquer leur place dans l’espace civique. Elles la prennent. À Douala 3 comme à Wouri 5, leurs candidatures envoient un message clair : la démocratie locale doit ressembler à celles et ceux qu’elle gouverne. Se porter candidate : un acte politique fort Se présenter à une élection municipale exige courage, réseau, moyens et résilience. Et pour une femme en situation de handicap, cet engagement signifie souvent : – affronter les stéréotypes liés au genre et au handicap ; – évoluer dans des environnements politiques peu accessibles ; – mener campagne dans des espaces publics parfois inadaptés ; – convaincre au-delà des préjugés. Et pourtant, elles s’engagent À Douala 3 (DLA 3), Nokam Foko Christelle Yolande fait le choix de transformer son expérience en levier d’action publique. À Wouri 5, Carine Malela défend une vision d’une commune accessible, prospère et solidaire. Ces candidatures ne sont pas symboliques. Elles sont politiques et on passe de la représentation à la transformation La participation des femmes en situation de handicap aux élections locales dépasse la question de la visibilité. Elle interroge la manière dont les communes sont pensées, planifiées et gouvernées. Une élue municipale qui vit les réalités du handicap au quotidien peut impulser : – une meilleure accessibilité des bâtiments publics ; – des politiques locales inclusives ; – une prise en compte réelle des besoins des personnes marginalisées ; – une culture de participation citoyenne élargie. La démocratie locale est l’espace le plus proche des citoyennes et citoyens. C’est là que se construisent les routes, les écoles, les marchés, les centres de santé. C’est là aussi que se décide l’accessibilité ou son absence. Lire aussi : Participation citoyenne des femmes handicapées au cœur de la démocratie inclusive  Briser le plafond politique Longtemps, les femmes en situation de handicap ont été perçues comme bénéficiaires de politiques sociales. Les voir aujourd’hui candidates renverse cette logique : elles ne demandent plus seulement des politiques inclusives, elles veulent les écrire. Ce basculement est fondamental. Il transforme l’imaginaire politique, il inspire d’autres femmes. Il interpelle les partis, il oblige les médias à repenser leur traitement des candidatures. Le rôle des médias et de l’EMI Dans une période électorale, la bataille est aussi narrative. Les médias accordent-ils une visibilité équitable à ces candidatures ? Les débats politiques sont-ils accessibles (langue des signes, sous-titrage, formats adaptés) ? Les discours médiatiques évitent-ils le misérabilisme ou l’instrumentalisation ? L’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI), au cœur de l’engagement de Class Pro, appelle à : – analyser la couverture médiatique ; – déconstruire les biais ; – promouvoir une représentation respectueuse et équitable ; – encourager un vote éclairé, fondé sur les programmes et non sur les préjugés. Une démocratie locale à l’épreuve Les municipales de 2026 sont un test. Si les conseils municipaux ne reflètent pas la diversité des communes, alors la démocratie reste incomplète. La candidature de femmes en situation de handicap à Douala rappelle une évidence : la citoyenneté ne connaît ni condition physique, ni barrière sociale. Elle connaît des droits. Et ces droits incluent le droit d’être élue, une question pour nous toutes et tous : sommes-nous prêts à soutenir une représentation politique plus inclusive ? Sommes-nous prêts à juger les candidatures sur leurs visions et leurs compétences, et non sur des stéréotypes ? La démocratie inclusive ne se décrète pas. Elle se construit. Dans les urne sans les récits, dans nos choix. Oserons nous faire le choix adéquat ?

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