Ateliers

Pré-SALEMI 2026 : Class Pro et DataCheck forment quinze professionnels des médias au fact-checking à Douala

Dans le cadre du Pré-SALEMI 2026, phase préparatoire du Salon Africain de l’Éducation aux Médias et à l’Information, l’association Class Pro a organisé un atelier d’une journée sur le fact-checking et la lutte contre la désinformation, en partenariat avec ADISI/DataCheck, référence camerounaise en vérification de l’information et journalisme de données. La formation s’est tenue dans les locaux d’ADISI-Cameroun à Douala. Un atelier ancré dans le contexte camerounais Quinze journalistes, blogueurs et créateurs de contenus, infographistes, étudiants en communication, en médecine… ont participé à cette formation intensive. La journée s’est articulée autour de cinq sessions progressives, alliant apports théoriques et exercices pratiques, avec une répartition claire des rôles : Class Pro a animé les sessions sur la compréhension de la désinformation, les enjeux éthiques et démocratiques, et l’éducation aux médias et à la citoyenneté numérique ; DataCheck a pris en charge les sessions techniques sur les outils et méthodes de vérification. La formation a ouvert sur un état des lieux documenté de l’écosystème informationnel camerounais : propagation de la désinformation via les groupes WhatsApp, circulation des faux documents administratifs, manipulation d’images et de vidéos en contexte électoral. Ces réalités locales ont servi de fil conducteur tout au long de la journée, ancrant les apprentissages dans des cas concrets familiers aux participants. Photo d’ensemble. C : Class Pro Les formateurs DataCheck Les sessions techniques ont été animées par deux membres de l’équipe DataCheck. Marthe NDIANG, rédactrice en cheffe de DataCheck, a conduit la session sur les techniques et outils de fact-checking, Keumeni Gilles, IT specialist et développeur fullstack, a guidé les participants dans la prise en main de MYDATACHECK, plateforme de fact-checking développée par DataCheck. Keumeni Gilles, IT specialist et développeur fullstack. C : Class Pro Et Badal FOHMOH, directrice Class Pro a clôturé la session avec démonstration pratique, introduisant notamment Vera, l’outil de vérification développé par ResponseTech. Des enjeux qui dépassent la technique Au-delà des outils, l’atelier a abordé les dimensions éthiques et démocratiques de la vérification. Les participants ont travaillé sur la distinction entre désinformation, mésinformation et malinformation, sur les mécanismes psychologiques et algorithmiques qui favorisent la propagation des fausses informations, et sur la responsabilité citoyenne dans la chaîne de diffusion de l’information. La formation a également intégré une réflexion sur le cadre légal camerounais, la loi de 2010 sur la cybercriminalité et sur les pressions réelles auxquelles font face les professionnels de la vérification sur le terrain. Lire aussi : Dignité menstruelle : ces corps oubliés de l’inclusion  Une charte d’engagement et des outils de capitalisation En clôture de journée, les participants ont signé collectivement une charte d’engagement par laquelle ils s’engagent notamment à vérifier avant de partager, à citer leurs sources, à corriger publiquement leurs erreurs et à contribuer au réseau EMI du SALEMI 2026. Des formulaires d’évaluation avant et après la formation ont permis de mesurer l’évolution des connaissances et des pratiques. Les enseignements de cet atelier seront capitalisés dans le Livre blanc du PRÉ-SALEMI 2026, document de référence sur l’état de l’éducation aux médias et de la lutte contre la désinformation en Afrique. Vers le SALEMI 2026 Cet atelier constitue la deuxième activité officielle du Pré-SALEMI 2026, juste après le challenge dessin d’EMI. Il s’inscrit dans la dynamique de préparation du Salon Africain de l’Éducation aux Médias et à l’Information, prévu du 19 au 21 octobre 2026 à l’Institut Français du Cameroun à Douala, en format hybride. Événement officiel de la Semaine mondiale de l’EMI reconnue par l’UNESCO, le SALEMI 2026 réunira des acteurs des médias, de l’éducation et du numérique venus de toute l’Afrique, et du monde. Les retours jusqu’ici reçus des participants sont encourageants.

L’EMI comme bouclier des droits numériques : Class Pro au #DRIF26

Du 14 au 16 avril 2026, Abidjan accueillait la dix-septième édition du Digital Rights Inclusion Forum (#DRIF26), organisé par Paradigm Initiative au Radisson Blu à Abidjan. Pendant trois jours, des acteurs du changement, des chercheurs, des militants des droits numériques et des décideurs venus de tout le continent africain et au-delà se sont réunis autour d’un thème fédérateur : « Construire des futurs numériques inclusifs et résilients ». Class Pro y était représenté par sa fondatrice et directrice, Badal Fohmoh, qui animait une session dédiée à l’éducation aux médias et à l’information comme levier de protection des droits numériques. Une session ancrée dans les réalités africaines Intitulée « l’Éducation aux Médias et à l’Information comme bouclier des droits numériques : autonomiser les jeunes et les femmes pour construire des avenirs numériques résilients en Afrique », la session est partie d’un constat sans détour : les espaces numériques africains sont sous pression. Désinformation massive et virale, violences numériques ciblant les femmes, manipulation de l’information, fragilisation progressive des espaces en ligne, ce sont les quatre problèmes majeurs identifiés. Et au cœur de ces vulnérabilités, deux publics en première ligne : les jeunes et les femmes. Mais ce tableau n’est pas sans espoir. Il recèle un paradoxe porteur : les jeunes sont les plus connectés et donc les plus exposés, mais aussi les plus capables de devenir des acteurs du changement. Les femmes sont actives en ligne, davantage ciblées par les violences, mais aussi de plus en plus organisées pour résister. C’est là qu’intervient l’EMI. L’EMI : de la compétence à la citoyenneté La session a posé une équation simple mais fondamentale : EMI = Droits numériques. Comprendre l’information, vérifier avant de partager, se protéger en ligne, participer de manière responsable, ces quatre piliers de l’éducation aux médias et à l’information ne sont pas de simples compétences techniques. Ils sont la condition concrète d’exercice de droits fondamentaux : le droit à une information fiable, le droit à la sécurité en ligne, le droit à la participation numérique, le droit à la vie privée. L’objectif affiché : transformer les consommateurs passifs en acteurs critiques. Parce que construire des avenirs numériques résilients, ce n’est pas seulement une question de technologie. C’est une question de compétences, de conscience et de citoyenneté. #JeunesVoixCritiques : la preuve par le terrain Pour illustrer l’impact concret de l’EMI, la session a présenté la campagne #JeunesVoixCritiques, conçue et portée par Badal Fohmoh en collaboration avec Class Pro, avec le soutien de la Cohorte Démocratie & Jeunesse (YDC). Une campagne par et pour les jeunes, dont l’ambition est claire : former, sensibiliser, amplifier. Sur le terrain, les résultats sont visibles : des jeunes qui questionnent l’information, des filles qui reprennent la parole en ligne, des communautés plus vigilantes, une prise de conscience collective qui s’élargit. Comme le formule la campagne elle-même : « Nous ne parlons pas à la place des jeunes. Nous leur donnons les outils pour parler eux-mêmes. » La session a suscité des échanges riches et engagés, co-animée par Épiphane, coordinateur pays Class Pro Côte d’Ivoire et ambassadeur de la démocratie auprès de la Fondation pour l’innovation pour la démocratie, une présence qui ancrait le propos dans les réalités ivoiriennes et renforçait la dimension panafricaine du réseau Class Pro. Lire aussi : #JeunesVoixCritiques : une campagne pour valoriser les militants numériques camerounais Des rencontres qui font avancer le réseau Au-delà de la session, le DRIF26 a été l’occasion de renforcer des liens précieux avec des acteurs clés de l’écosystème EMI continental : Aristide Kanga et l’équipe des Bénévoles de l’EMI, Tairu de la cellule anti fake, Kenmogne de Digital Access Cameroun. Des connexions nouées en ligne depuis des mois, parfois des années, qui ont trouvé à Abidjan leur première incarnation physique. La communauté EMI africaine est bien réelle, bien vivante, et plus déterminée que jamais. Ce qu’il faut changer et ce que Class Pro fait pour y contribuer La session a formulé quatre grandes priorités pour un avenir numérique plus juste : démocratiser l’éducation aux médias en l’intégrant au-delà des politiques publiques et les curricula scolaires ; investir dans les initiatives locales portées par des acteurs de terrain ; créer des alliances régionales à l’échelle du continent ; et intégrer systématiquement les enjeux de genre et de jeunesse dans toutes les approches. Ce sont précisément ces chantiers que Class Pro porte au quotidien, au Cameroun et à travers son réseau panafricain. La suite : SALEMI 2026 et #JeunesVoixCritiques Phase 2 Le DRIF26 n’est qu’une étape. Class Pro poursuit son engagement sur deux fronts majeurs : SALEMI 2026 : le Salon Africain de l’Éducation aux Médias et à l’Information, coming soon. #JeunesVoixCritiques Phase 2 : après une première phase menée au Cameroun, la campagne s’étend vers de nouveaux territoires pour amplifier davantage les voix critiques de la jeunesse africaine. Restez connectés. Le travail continue.

Class Pro est une association qui mobilise l’action civique pour lutter contre les désordres informationnels

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