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Accès et pouvoir d’agir : construire des espaces vraiment inclusifs pour les femmes handicapées

Parler d’inclusion ne suffit plus. Pour les femmes en situation de handicap, l’enjeu est désormais celui de l’accès réel : aux espaces, aux ressources, aux opportunités. Car sans conditions concrètes pour participer, la citoyenneté reste théorique. Et si l’inclusion commençait enfin par transformer nos environnements ? L’inclusion ne se décrète pas Au fil des engagements, des discours et des campagnes, l’inclusion est devenue un mot central. Mais entre les intentions affichées et les réalités vécues, l’écart reste important. Pour de nombreuses femmes en situation de handicap, participer à la vie sociale, économique ou citoyenne relève encore du parcours d’obstacles. Et ces obstacles ne sont pas seulement individuels, ils sont structurels. Des barrières visibles… et invisibles L’accès ne se limite pas à une rampe d’entrée ou à une infrastructure adaptée. Il concerne un ensemble de dimensions souvent négligées : – l’accessibilité physique des espaces publics ; – l’accès à l’information dans des formats adaptés ; – les conditions économiques permettant de participer ; – la sécurité et la dignité dans les espaces partagés ; – la prise en compte des besoins spécifiques dans les politiques locales. Ces barrières, lorsqu’elles s’accumulent, excluent silencieusement. Participer reste un défi quotidien Aller à une réunion, accéder à un service, participer à une activité communautaire… Ces gestes simples peuvent devenir complexes, voire impossibles, pour certaines femmes en situation de handicap. Ce manque d’accessibilité limite : – leur participation citoyenne ; – leur autonomie ; – leur visibilité dans l’espace public ; – leur capacité à influencer les décisions. Une citoyenneté sans accès réel est une citoyenneté incomplète. Lire aussi : Municipales 2026 à Douala 3 : Nous portons le changement, rencontre avec Nokam Christelle, candidate pour une démocratie inclusive Transformer les espaces pour transformer la société Penser l’inclusion, c’est repenser les espaces. Des espaces : – accessibles physiquement ; – inclusifs dans leur conception ; – sûrs et respectueux ; – adaptés à la diversité des corps et des expériences. Cela implique d’intégrer les femmes en situation de handicap dès la conception des politiques, des projets et des infrastructures. Pas comme bénéficiaires, mais bien comme actrices.   Des initiatives qui ouvrent la voie Sur le terrain, des organisations et des collectifs s’engagent déjà pour améliorer l’accès et renforcer le pouvoir d’agir des femmes handicapées. À travers des actions de sensibilisation, de formation, d’accompagnement ou de plaidoyer, ces initiatives contribuent à : – lever les barrières ; – créer des opportunités ; – renforcer l’autonomie ; – favoriser l’inclusion réelle. Elles montrent que le changement est possible, mais qu’il nécessite une volonté collective. Le rôle de l’EMI : rendre visibles les obstacles L’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI) joue un rôle clé dans cette transformation. Elle permet de : – documenter les réalités vécues ; – rendre visibles les obstacles souvent ignorés ; – questionner les récits dominants ; – promouvoir une information plus inclusive. Car ce qui n’est pas raconté reste invisible. Et ce qui reste invisible n’est pas priorisé.   Créer des conditions, pas seulement des discours L’inclusion ne se mesure pas aux intentions, mais aux conditions réelles offertes aux personnes. Créer une société inclusive, c’est : – adapter les infrastructures ; – garantir l’accès à l’information ; – soutenir l’autonomie économique ; – assurer la participation effective aux décisions. Autrement dit, passer du discours à l’action. On parle souvent de droits, de représentation, de participation. Mais sans accès, ces notions restent abstraites. Et si l’accès était la clé ? L’accès est le point de départ, le point de bascule, le point de transformation. Parce qu’au fond… une société inclusive ne se contente pas d’ouvrir la porte. Elle s’assure que tout le monde peut entrer, circuler, participer… et transformer l’espace commun. L’inclusion ne se joue pas uniquement dans l’accès aux espaces, mais aussi dans la manière dont les corps y sont reconnus et respectés. Qu’en est-il du corps lui-même ?  

Partiellement faux : toutes les variétés de manioc ne sont pas toxiques

Présenté comme un docteur en biologie et thérapeute camerounais, Polain Nzobeuh a dans une de ses publications Facebook, fait plusieurs déclarations sur le manioc. Toutes portent selon lui, sur l’existence des études scientifiques démontrant la toxicité du manioc et son impact sur le développement intellectuel des populations. D’après des spécialistes en agronomie, biologie moléculaire et en science alimentaire et nutrition, cette assertion est partiellement vraie. Présenté comme un biologiste et thérapeute camerounais, Polain Nzobeuh a fait plusieurs allégations sur sa page Facebook à propos du manioc. Le post qui s’avère être un relai d’une conversation mentionne ceci : « J’ai révélé à Valère BELIAS les études scientifiques qui démontrent la toxicité du manioc et son impact sur le développement intellectuel des populations (…) Les zones où on mange le plus de manioc, ce sont des zones où on voit le plus de crétinisme (…) Je ne dis pas que le manioc donne directement le cancer, mais c’est un contributeur, c’est un favorisateur des conditions cancéreuses ». A ce jour, le post cumule 2025 likes, plus de 1200 commentaires et 434 partages. Le manioc est-il un aliment dangereux pour la santé ? Une affirmation selon laquelle cette culture vivrière serait toxique, favoriserait le crétinisme et contribuerait au développement de cancers circule et suscite des inquiétudes. Class Pro a soumis ces allégations à des spécialistes en agronomie, en biologie moléculaire et en science alimentaire et nutrition. Leur verdict est nuancé. La vérification Nous avons contacté Polain Nzobeuh pour avoir la source qui renseigne sur la toxicité du manioc. En guise de réponse, il a envoyé à la rédaction un lien, en indiquant : « Vous trouverez dans ce document les éléments qui expliquent en partie ces faits ». Long de 13 pages, le texte semble être une partie du compte rendu d’un colloque sur des recherches et questions de santé publique tenu à Ottawa au Canada, du 31 mai au 2 juin 1982. Intitulé « la toxicité du manioc et la thyroïde », ce rapport révèle que dans les variétés classées fraiches, il existe des catégories de manioc dites douces ou amères. Ceci, « selon la teneur en acide cyanhydrique (HCN) de la pulpe. Cependant, les concentrations d’HCN dans les racines varient considérablement selon les différentes variétés étudiées », lit Class Pro. Ce qui est affirmé Plusieurs publications font état d’une toxicité générale du manioc, établissant un lien entre sa consommation et deux pathologies graves : le crétinisme et le cancer. Certaines de ces publications avancent que les zones de forte consommation de manioc sont également celles où le crétinisme est le plus répandu, laissant entendre un lien de causalité entre l’aliment et la maladie. Sur la toxicité Il est exact que certaines variétés de manioc contiennent des composés cyanogéniques susceptibles d’être toxiques. Cependant, cette caractéristique ne s’applique pas à toutes les variétés. Par ailleurs, les procédés de transformation ; épluchage, trempage, cuisson, fermentation permettent d’éliminer ces substances. Un manioc correctement transformé ne présente donc plus de risque toxique pour le consommateur. De plus, la teneur en cyanure, comme l’indique l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), est beaucoup plus élevée dans la peau du manioc, même si le goût amer n’indique pas avec certitude la présence de cyanure. C’est ainsi que « le cyanure libéré se dissout dans l’eau quand la fermentation est provoquée par un trempage prolongé, et s’évapore quand le manioc fermenté est séché ». Toutefois, « le séchage au soleil de petits morceaux de manioc frais pendant une courte durée n’est pas un bon procédé de détoxication. (Car) le cyanure ne sera pas complètement libéré et l’enzyme sera détruite pendant le séchage. Les techniques de transformation par séchage au soleil ne réduisent que de 60 à 70 % la teneur totale en cyanure durant les deux premiers mois de conservation », renseigne le document du FAO. Le principe toxique essentiel qui existe en quantités variables dans toutes les parties de la plante de manioc est un composé chimique appelé linamarine. Il coexiste souvent avec son homologue méthylique appelé méthyllinamarine ou lotaustraline. La linamarine est un glucoside cyanogénétique qui est transformé en acide cyanhydrique toxique ou acide prussique lorsqu’il entre en contact avec la linamarase, une enzyme qui est libérée quand les cellules des racines de manioc se rompent. La linamarine est par ailleurs un composé assez stable qui n’est pas modifié durant la cuisson du manioc. Si elle passe de l’intestin dans le sang comme glycoside intact, elle est probablement excrétée inchangée dans l’urine sans dommage pour l’organisme (Philbrick, et al., 1977). Cependant, la linamarine ingérée peut libérer du cyanure dans l’intestin durant la digestion.Toutefois, l’acide cyanhydrique (HCN) est un composé volatil qui s’évapore rapidement dans l’air à des températures supérieures à 28 °C et se dissout facilement dans l’eau. Il peut aisément être perdu durant le transport, l’entreposage et l’analyse des échantillons. FAO Sur le lien avec le crétinisme D’après une section de « La toxicité du manioc et la thyroïde : des recherches et questions de santé publique » qui n’est pas contenue dans le document source de Polain Nzobeuh, il est indiqué que « 3 à 17 % des gens qui vivent dans les régions gravement goitreuses souffrent de crétinisme et de troubles connexes ». Et « même si le manioc est cultivé dans des pays tels que l’Inde, la Thaïlande, l’Indonésie et la Malaisie, rien ne prouve que sa consommation joue un rôle quelconque dans la goitrigenèse en Asie », renseigne le compte rendu de colloque. Polain Nzobeuh établit une corrélation entre la consommation de manioc et l’apparition du crétinisme. Mais les spécialistes consultés réfutent fermement cet argument, qu’ils jugent non étayé scientifiquement. « Je ne pense pas qu’il y ait un lien statistique entre la consommation de manioc et le crétinisme », affirme Maximillienne Siewe, enseignante-chercheuse. Son analyse rejoint celle de Djeukeu Asongui William : « Le lien de causalité n’est pas établi. Par contre, sans le manioc, beaucoup de gens seraient morts. Aujourd’hui, on ne peut pas attribuer cette

Faux : Cette vidéo ne montre pas de combat au Cameroun le 20 mars 2026

La vidéo a été enregistrée en juillet 2025, aux Comores. Ce post Facebook, avec une vidéo prétendant montrer des individus qui bagarrent au Cameroun le 20 mars 2026 alors que les musulmans célébraient l’Aïd al-Fitr, est FAUX. La vidéo, publiée le 20 mars 2026, est accompagnée d’un texte qui lit : « Un Cameroun nouveau est possible, chacun dans son domaine respectif. Amottoo, et juste à la fin, la fête se gâta ». Le post présente une vidéo de 48 secondes montrant une bagarre de masse, dans laquelle des gens se lancent des chaises les uns contre les autres. Une affirmation similaire a été partagée ici. PesaCheck a analysé le post et l’a trouvé faux. Une recherche d’images inversée sur Yandex, partant des imagettes captées dans la vidéo, a notamment mené PesaCheck vers cette publication mise en ligne le 24 juillet 2025 par Actualités Comoriennes & Environnement avec ce titre, traduit de l’arabe : « Mon pauvre pays, quel spectacle désolant ». Le clip vidéo est similaire à celui sous analyse. La même information est corroborée ici. Une recherche Google avec les mots-clés : « Bagarre des musulmans camerounais après l’Aïd el Fitr 2026 » n’a donné aucun résultat crédible. PesaCheck a rencontré l’Imam de la Grande mosquée de Yaoundé, Aboubakar Goïgoi, qui a signifié qu’aucun incident du genre n’a été enregistré sur le territoire camerounais. « Si cette scène s’était déroulée dans mon pays, quelle que soit la communauté, je serais au courant », a martelé l’imam. PesaCheck a analysé une publication Facebook prétendant montrer un combat au Cameroun le 20 mars 2026 et a conclu qu’elle est FAUSSE. Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. Cette vérification de faits a été rédigée par le vérificateur des faits Stéphane Eyock et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah.  PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.

Hors contexte : Cette vidéo d’une femme camerounaise craingant pour sa vie est ancienne

  Une vidéo présentée comme un témoignage récent circule activement sur Facebook. On y voit une femme camerounaise déclarer craindre pour sa vie si elle est contrainte de rentrer au Cameroun, une déclaration faite au micro d’une journaliste, à la suite du rejet de sa demande d’asile. Les vérifications menées par Class Pro établissent que cette vidéo est tirée d’un reportage du média canadien TVA Nouvelles, diffusé en 2022. Dans ladite vidéo publiée le.. On y voit une femme affirmer être menacée de décapitation par son ex-mari, qu’elle dit être membre d’une société secrète connue sous le nom de « Famla ». Elle explique que sa demande d’asile a été rejetée par la commission d’immigration, au motif que si son ancien conjoint avait réellement voulu attenter à sa vie, il l’aurait déjà fait. Le « Famla » est décrit par de nombreux Camerounais comme une secte aux pratiques mystiques, particulièrement associée à la région de l’Ouest du pays.  La publication relayée par le compte « Piment Noir » a recueilli plus de 545 partages et près de 2972 likes et 1347 commentaires. Elle a également été reprise en divers endroits, avec des légendes évoquant « une demande d’asile d’une femme affirmant craindre pour sa vie à cause du Famla » et décrivant cette pratique comme une forme de sorcellerie liée à des pratiques de zombification. Dans tous ces relais, rien n’indique que la vidéo daterait d’il y a plusieurs années. Une vidéo datant de 2022 Pour remonter à l’origine de la vidéo, Class Pro a procédé à des recherches par mots-clés sur Google. Cette démarche a conduit à une publication datée du 30 juillet 2022 sur le site de TVA Nouvelles, accompagnée d’un texte explicatif. Une seconde publication du média QUB Radio a été mise en ligne le lendemain, 31 juillet 2022. Des recherches d’images inversées, réalisées à partir de captures extraites de la vidéo via Google Reverse Image Search, ont confirmé qu’il s’agit d’un reportage produit au Québec par la journaliste Véronique Dubé pour TVA Nouvelles. Le reportage porte sur le cas d’Ossomo Ngandzigui, une Camerounaise ayant sollicité l’asile au Canada après des violences conjugales qu’elle impute à son ex-mari polygame, présenté comme membre du Famla. À l’époque, elle affirmait craindre pour sa sécurité en cas de retour au Cameroun et disait recevoir des vidéos anonymes contenant des scènes violentes, qu’elle interprétait comme des menaces de mort. La séquence qui circule actuellement ne relate pas un événement récent. Il s’agit d’un reportage réalisé en 2022 par le média canadien TVA Nouvelles, consacré au cas d’Ossomo Ngandzigui, une Camerounaise souhaitant obtenir l’asile au Canada après des menaces attribuées à son ex-mari. En l’absence de toute indication temporelle dans les publications qui la relaient, cette vidéo est sortie de son contexte, laissant croire à tort qu’il s’agirait d’une actualité récente. Cette vérification des faits a été produite par Class Pro dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été réalisée avec le mentorat entre pairs de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, avec le soutien financier de l’Initiative pour la Démocratie Numérique, dans le cadre du projet Digitalise Youth, dirigé par European Partnership for Democracy (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de Class Pro. Vous souhaitez en savoir plus ? Visitez : https://factcheck.africa/

L’EMI comme bouclier des droits numériques : Class Pro au #DRIF26

Du 14 au 16 avril 2026, Abidjan accueillait la dix-septième édition du Digital Rights Inclusion Forum (#DRIF26), organisé par Paradigm Initiative au Radisson Blu à Abidjan. Pendant trois jours, des acteurs du changement, des chercheurs, des militants des droits numériques et des décideurs venus de tout le continent africain et au-delà se sont réunis autour d’un thème fédérateur : « Construire des futurs numériques inclusifs et résilients ». Class Pro y était représenté par sa fondatrice et directrice, Badal Fohmoh, qui animait une session dédiée à l’éducation aux médias et à l’information comme levier de protection des droits numériques. Une session ancrée dans les réalités africaines Intitulée « l’Éducation aux Médias et à l’Information comme bouclier des droits numériques : autonomiser les jeunes et les femmes pour construire des avenirs numériques résilients en Afrique », la session est partie d’un constat sans détour : les espaces numériques africains sont sous pression. Désinformation massive et virale, violences numériques ciblant les femmes, manipulation de l’information, fragilisation progressive des espaces en ligne, ce sont les quatre problèmes majeurs identifiés. Et au cœur de ces vulnérabilités, deux publics en première ligne : les jeunes et les femmes. Mais ce tableau n’est pas sans espoir. Il recèle un paradoxe porteur : les jeunes sont les plus connectés et donc les plus exposés, mais aussi les plus capables de devenir des acteurs du changement. Les femmes sont actives en ligne, davantage ciblées par les violences, mais aussi de plus en plus organisées pour résister. C’est là qu’intervient l’EMI. L’EMI : de la compétence à la citoyenneté La session a posé une équation simple mais fondamentale : EMI = Droits numériques. Comprendre l’information, vérifier avant de partager, se protéger en ligne, participer de manière responsable, ces quatre piliers de l’éducation aux médias et à l’information ne sont pas de simples compétences techniques. Ils sont la condition concrète d’exercice de droits fondamentaux : le droit à une information fiable, le droit à la sécurité en ligne, le droit à la participation numérique, le droit à la vie privée. L’objectif affiché : transformer les consommateurs passifs en acteurs critiques. Parce que construire des avenirs numériques résilients, ce n’est pas seulement une question de technologie. C’est une question de compétences, de conscience et de citoyenneté. #JeunesVoixCritiques : la preuve par le terrain Pour illustrer l’impact concret de l’EMI, la session a présenté la campagne #JeunesVoixCritiques, conçue et portée par Badal Fohmoh en collaboration avec Class Pro, avec le soutien de la Cohorte Démocratie & Jeunesse (YDC). Une campagne par et pour les jeunes, dont l’ambition est claire : former, sensibiliser, amplifier. Sur le terrain, les résultats sont visibles : des jeunes qui questionnent l’information, des filles qui reprennent la parole en ligne, des communautés plus vigilantes, une prise de conscience collective qui s’élargit. Comme le formule la campagne elle-même : « Nous ne parlons pas à la place des jeunes. Nous leur donnons les outils pour parler eux-mêmes. » La session a suscité des échanges riches et engagés, co-animée par Épiphane, coordinateur pays Class Pro Côte d’Ivoire et ambassadeur de la démocratie auprès de la Fondation pour l’innovation pour la démocratie, une présence qui ancrait le propos dans les réalités ivoiriennes et renforçait la dimension panafricaine du réseau Class Pro. Lire aussi : #JeunesVoixCritiques : une campagne pour valoriser les militants numériques camerounais Des rencontres qui font avancer le réseau Au-delà de la session, le DRIF26 a été l’occasion de renforcer des liens précieux avec des acteurs clés de l’écosystème EMI continental : Aristide Kanga et l’équipe des Bénévoles de l’EMI, Tairu de la cellule anti fake, Kenmogne de Digital Access Cameroun. Des connexions nouées en ligne depuis des mois, parfois des années, qui ont trouvé à Abidjan leur première incarnation physique. La communauté EMI africaine est bien réelle, bien vivante, et plus déterminée que jamais. Ce qu’il faut changer et ce que Class Pro fait pour y contribuer La session a formulé quatre grandes priorités pour un avenir numérique plus juste : démocratiser l’éducation aux médias en l’intégrant au-delà des politiques publiques et les curricula scolaires ; investir dans les initiatives locales portées par des acteurs de terrain ; créer des alliances régionales à l’échelle du continent ; et intégrer systématiquement les enjeux de genre et de jeunesse dans toutes les approches. Ce sont précisément ces chantiers que Class Pro porte au quotidien, au Cameroun et à travers son réseau panafricain. La suite : SALEMI 2026 et #JeunesVoixCritiques Phase 2 Le DRIF26 n’est qu’une étape. Class Pro poursuit son engagement sur deux fronts majeurs : SALEMI 2026 : le Salon Africain de l’Éducation aux Médias et à l’Information, coming soon. #JeunesVoixCritiques Phase 2 : après une première phase menée au Cameroun, la campagne s’étend vers de nouveaux territoires pour amplifier davantage les voix critiques de la jeunesse africaine. Restez connectés. Le travail continue.

Hors contexte : Cette vidéo des femmes qui dansent en exposant leurs derrières ne vient pas du Cameroun

Ladite vidéo circule sur Internet depuis 2019. Publiée sur TikTok au lendemain de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, une vidéo montrant des femmes exhiber des parties sensibles de leur corps à l’écoute d’une musique est présentée comme une scène du 8 mars 2026 au Cameroun. Après vérification à l’aide d’Invid WeVerify, cette séquence circulait déjà sur internet plusieurs années auparavant. Le 8 mars, le monde célèbre la Journée internationale des droits des femmes. Au Cameroun, cette journée donne lieu à diverses manifestations festives organisées par des associations, des entreprises ou des groupes de femmes. Mais chaque année, certaines scènes jugées excessives à savoir la consommation d’alcool, les danses indécentes ou des comportements déplacés circulent abondamment sur les réseaux sociaux. C’est dans ce contexte qu’une vidéo a été publiée le 9 mars 2026, soit le lendemain du jour de célébration, sur le compte TikTok “Haman Cameroun”. La séquence, qui cumule 513 likes, 31 commentaires, 125 enregistrements et 239 partages ce 17 mars 2026, est présentée comme une scène du 8 mars au Cameroun. On y aperçoit plusieurs femmes, vêtues d’un uniforme de couleur orange, se trémousser au rythme d’une fanfare. Plusieurs d’entre elles laissent entrevoir des parties sensibles de leur corps, sous le regard d’une foule composée d’hommes et d’enfants, entre autres. Le message «8 mars au Cameroun » associé à l’emblème tricolore accompagne la vidéo de vérification, renforçant l’idée que la scène se déroule dans ce pays. Vérification Après observation, Class Pro a relevé des incohérences sur l’uniforme contenu dans la vidéo de vérification. Tout d’abord, la teinte qui est moins colorée que celle du pagne du 8 mars 2026 ; puis, les motifs non identiques, moins nombreux et plus grossiers.  Même si l’orange fait partie des deux couleurs officielles du pagne du 8 mars 2026 au Cameroun, celle de la vidéo ne ressemble en rien à la couleur du pagne de cette année. Des détails qui ont permis de pousser la vérification afin de déterminer l’origine réelle de ce film. Pour cela, nous avons contacté l’auteur de la publication via son compte TikTok, mais n’avons jusqu’au jour de la publication de l’article, obtenu aucune réponse. Par la suite, la vidéo a été analysée à l’aide de l’outil InVID WeVerify, qui a tout d’abord fragmenté la séquence en images clés afin d’effectuer une recherche inversée sur internet. Cette méthode a permis de retrouver une publication de la même séquence sur la chaine “Renyi Regnard”, mise en ligne le 6 mai 2019. Une autre capture issue de la vidéo renvoie vers une publication encore plus ancienne sur YouTube, mise en ligne le 23 fevrier 2021 par la chaîne Milindimoyapwan4784, qui totalise 8959 vues et plus de 45 mentions “j’aime”. Ces différents éléments montrent que la vidéo partagée après la célébration du 8 mars 2026 ne correspond pas à un événement récent. La séquence circulait déjà sur internet plusieurs années auparavant. En sommes, la vidéo présentée comme une scène du 8 mars 2026 au Cameroun est trompeuse. Les recherches effectuées via InVID WeVerify, montrent que cette séquence querellée était déjà en ligne depuis 2019. Elle ne peut donc pas être associée aux célébrations récentes de la Journée internationale des droits des femmes au Cameroun. Cette vérification des faits a été produite par Class Pro dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été réalisée avec le mentorat entre pairs de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, avec le soutien financier de l’Initiative pour la Démocratie Numérique, dans le cadre du projet Digitalise Youth, dirigé par European Partnership for Democracy (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de Class Pro. Vous souhaitez en savoir plus ? Visitez : https://factcheck.africa/

Cette vidéo annonçant le retour d’Issa Tchiroma Bakary au Cameroun dans un journal sur France 24 est un deepfake

Une vidéo circulant sur TikTok, présentée comme un extrait de « LE JOURNAL DE L’AFRIQUE » de France 24, affirme qu’Issa Tchiroma Bakary, candidat perdant à l’élection présidentielle camerounaise d’octobre 2025, rentrera bientôt au Cameroun. Attention, il s’agit d’un deepfake, un hypertrucage réalisé grâce aux outils de l’intelligence artificielle. Depuis le mardi 24 février 2026, une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, annonçait le retour d’Issa Tchiroma Bakary au Cameroun. La séquence, présentée comme un extrait tiré de « LE JOURNAL DE L’AFRIQUE », un programme hebdomadaire de France 24 qui revient sur l’actualité du continent à 21 h 45 et 22 h 45. L’on reconnait dans cet extrait sélectionné, Kalidou Sy, l’un des présentateurs des journaux consacrés à l’Afrique. De la voix issue de la vidéo, il ressort que « le président camerounais Issa Tchiroma a annoncé son retour au pays après plusieurs mois d’absence et promet de former son nouveau gouvernement dans les jours qui suivent ». À la date du jeudi 13 mars, la publication comptait 6 443 vues, 86 commentaires, 748 enregistrements et 626 partages. Pour mesurer la portée de cette information, rappelons le contexte politique récent. Issa Tchiroma Bakary démissionne du gouvernement le 24 juin 2025 avant de se porter candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 sous la bannière du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC). À l’issue de ce scrutin, Issa Tchiroma Bakary s’est autoproclamé vainqueur face à Paul Biya, au pouvoir depuis bientôt 45 ans et dont les chiffres officiels ont fait de lui le Président de la République. Cette élection a débouché sur une crise postélectorale qui, selon Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale(Minat), a fait 20 morts dans cinq régions et conduit à l’interpellation de 1 243 personnes. Ces tensions qui ont duré plusieurs semaines ont conduit à l’exil du principal opposant de Paul Biya à la dernière présidentielle. Vérification Dans le but de vérifier l’information, Class Pro a tenté en vain, de contacter l’administrateur du compte TikTok Story africa 237 ayant publié la vidéo querellée. A l’envoie d’une note, figure le message ci-après : « Limite de messages du chat atteint. Tu ne pourras plus envoyer de message à cet utilisateur(trice)(Sic). » Nous laissant donc constater que nos questions ne sont pas arrivées à destination. Pareil constat après tentative via un autre compte TikTok. Pour plus de détails, la rédaction a contacté Issa Tchiroma Bakary via la page Facebook « Tchiroma 2025 », sans réponse. Puis, un mail a été envoyé à l’adresse figurant sur la même plateforme. Mais contrairement à la précédente action, Class Pro a reçu un message automatique d’accusé de réception, sans autre précision. L’article sera mis à jour après l’obtention des réponses posées. Toutefois, la dernière publication contenue sur la page Facebook « Tchiroma 2025 » à date de ce vendredi 20 mars 2026 est un message de vœux à l’endroit du peuple musulman qui célèbre l’Eid Mubarak. Aucun retour imminent de Tchiroma n’est évoqué. Dans la même veine, Class Pro a écrit à France 24 via Messenger, sans réponse. Pourtant, indiquée dans la vidéo, comme étant la source de l’information de vérification.  Entre analyse visuelle et utilisation d’outils A l’utilisation d’Invid We Verify, la vidéo TikTok a été fragmentée en plusieurs images. Un clic droit sur l’une d’entre elles a permis de retrouver une séquence similaire diffusée le 31 janvier 2025. On y reconnaît le présentateur, vêtu de manière identique que dans la séquence querellée. Dans cette version du journal, une oreillette blanche est visible sur le côté gauche de Kalidou Sy. Quant au sujet évoqué, rien à voir avec l’actualité camerounaise, mais celle sur la situation de Goma, en République démocratique du Congo (RDC). Quant à la recherche par mots-clés sur cette annonce du retour d’Issa Tchiroma Bakary sur le plateau de France 24, Class Pro n’a trouvé aucun résultat qui va dans ce sens. Cependant, après analyse visuelle de la vidéo virale, l’on remarque que les mouvements des lèvres ne sont pas en accord avec les paroles du présentateur. D’après le rapport d’analyse vidéo de TruthScan, un outil de détection de vidéo généré par l’intelligence artificielle, la probabilité d’utilisation IA est de 49 %.   Capture d’écran des résultats obtenus via TruthScan Le même exercice a été soumis à Hive AI Detector, un outil qui permet d’identifier si le contenu d’une image, d’une vidéo, d’un audio ou d’un texte a été généré par l’IA. Le résultat révèle pour ce qui est de l’audio, qu’il est probablement généré par l’IA, avec un score de 99,9%. Capture d’écran des résultats de Hive IA Detector Tout compte fait, la vidéo annonçant le retour d’Issa Tchiroma Bakary au Cameroun dans les prochains jours n’est pas avérée. Les recherches par mots clés, des analyses visuelles et des outils de détection de contenu généré tel que Hive IA Detector révèlent que l’audio de la vidéo a été générée à 99,9% par l’IA. Cette vérification des faits a été produite par Class Pro dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été réalisée avec le mentorat entre pairs de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, avec le soutien financier de l’Initiative pour la Démocratie Numérique, dans le cadre du projet Digitalise Youth, dirigé par European Partnership for Democracy (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de Class Pro. Vous souhaitez en savoir plus ? Visitez : https://factcheck.africa/  

Municipales 2026 à Douala 3 : « Nous portons le changement » – rencontre avec Nokam Christelle, candidate engagée pour une démocratie inclusive

À Douala 3, Nokam Christelle fait partie de ces voix qui comptent. Candidate engagée pour les droits des femmes et des personnes en situation de handicap, elle inscrit son parcours dans une dynamique de transformation sociale et démocratique. À l’approche des élections municipales de 2026, certaines candidatures portent bien plus qu’un programme politique : elles incarnent une vision de société. Dans cet entretien accordé à Class Pro, elle revient sur son engagement, les obstacles rencontrés et sa vision pour une commune plus inclusive. « Mon engagement est ancré dans les droits des femmes et des personnes handicapées. Je veux mettre mon expérience au service de la commune » Je suis Nokam Christelle, candidate aux élections municipales à Douala 3. Mon parcours est marqué par mon engagement pour les droits des femmes et des personnes handicapées. Derrière cette présentation sobre se cache un engagement de terrain, nourri par des réalités vécues et une volonté de faire évoluer les politiques locales. Lire aussi : Quand les femmes en situation de handicap briguent un mandat, la démocratie prend corps Pourquoi se lancer en politique, malgré les obstacles ? Je me présente pour apporter ma vision et mon expérience au service de la commune, en défendant les intérêts des femmes et des personnes handicapées. Une démarche qui rappelle que la politique locale est avant tout une question de proximité et de réponse aux besoins concrets des populations. Stéréotypes, ressources, charge mentale : les obstacles persistent Comme de nombreuses femmes, Nokam Christelle souligne les freins structurels à l’engagement politique : – la persistance des stéréotypes de genre ; – le manque d’accès aux ressources ; – le poids des responsabilités familiales. Mais à ces défis s’ajoute une réalité encore plus complexe. « On doute encore de notre capacité à diriger. » En tant que femme en situation de handicap, elle fait face à des obstacles spécifiques : J’ai rencontré des défis liés à l’accessibilité des lieux de réunion, mais aussi des préjugés sur la capacité des personnes handicapées à diriger dans mon entourage. Ces barrières, à la fois physiques et sociales, traduisent les limites actuelles de l’inclusion politique. « Nos voix sont cruciales. Nous portons le changement » Pour Nokam Christelle, la participation des femmes handicapées n’est pas optionnelle – elle est essentielle : – Leurs voix sont cruciales pour une représentation inclusive et pour défendre des politiques qui répondent à leurs besoins spécifiques. Nous portons le changement. Une affirmation forte, qui replace ces femmes comme actrices politiques à part entière. Dignité menstruelle : un enjeu encore invisibilisé Parmi les sujets qu’elle souhaite porter, la dignité menstruelle occupe une place importante. Les femmes handicapées font face à des défis d’accès aux produits d’hygiène et à des infrastructures adaptées. Les collectivités locales devraient améliorer l’accès à ces produits et créer des espaces inclusifs. Un angle encore trop peu abordé dans les politiques locales, mais essentiel pour une inclusion réelle. Des actions concrètes pour une commune inclusive Si elle est élue, Nokam Christelle ambitionne de porter des actions structurantes : – améliorer l’accessibilité des infrastructures publiques ; – promouvoir l’inclusion économique des femmes handicapées ; – renforcer la participation politique des jeunes femmes. Une vision qui s’inscrit pleinement dans une approche de démocratie locale inclusive. À la jeunesse, et particulièrement aux jeunes femmes, elle adresse un message clair : Ne laissez pas les obstacles vous arrêter ! Votre voix compte, et ensemble, nous pouvons changer les choses. Engagez-vous pour une société plus inclusive et juste. Lire aussi : Une démocratie inclusive ne progresse que lorsque toutes les voix sont entendues. Une candidature qui interpelle À travers son engagement, Nokam Christelle pose une question essentielle à la démocratie camerounaise : Qui a le droit de gouverner ? Sa candidature rappelle que la représentation politique ne doit exclure aucune voix, et surtout pas celles qui portent des expériences de vie souvent invisibilisées. Et vous ? Aux municipales de 2026, quels critères guideront votre choix ? Êtes-vous prê.e à soutenir une vision inclusive de la gouvernance locale ? Parce qu’une démocratie forte est une démocratie qui écoute toutes ses voix.

FAUX : Cette vidéo ne montre pas l’hôtel Hilton de Yaoundé touché par un missile balistique iranien

La vidéo a été créée numériquement à l’aide de l’intelligence artificielle. Cette vidéo sur Facebook, prétendant montrer un missile balistique iranien tombant sur l’hôtel Hilton de Yaoundé, est FAUSSE. La publication, partagée le 4 mars 2026, lit : « Un missile balistique iranien tombe sur le Hilton à Yaoundé au Cameroun ». Elle est accompagnée d’une vidéo de 11 secondes montrant un grand bâtiment qui explose sous l’effet d’un missile et des débris s’éparpillent partout. PesaCheck a analysé cette vidéo et l’a trouvée fausse. Une recherche d’images inversée sur Yandex en utilisant cette capture d’écran n’a donné aucun résultat crédible. Par contre, celles effectuées à l’aide des outils tels que AI Detector Image et WasIt AI Image Detector ont permis à PesaCheck de déterminer que cet élément audio visuel a été généré à 99,92 pour cent par l’intelligence artificielle. (Confère captures d’écran ci-dessous). Un examen attentif de la vidéo révèle plusieurs incohérences, par exemple l’ogive qui pointe vers le haut tandis que le culot tombe sur l’hôtel Hilton. Les piliers à l’extérieur du bâtiment endommagé ne sont pas pulvérisés, et les voitures garées juste devant semblent avoir été poussées par l’explosion. Cependant, à la fin de la vidéo, les voitures reprennent leur position initiale et ne présentent aucun signe de dommages. Une recherche Google avec les mots-clés : « Un missile balistique iranien tombe sur le Hilton Yaoundé le 4 mars 2026 » n’a donné aucun résultat crédible. Une image prise par PesaCheck le 5 mars 2026 démontre que l’hôtel Hilton n’a pas été détruit par quoi que ce soit, surtout pas par un missile balistique iranien, contrairement à ce que prétend l’auteur de ce post. Photo prise par PesaCheck le 5 mars 2026 à Yaoundé PesaCheck a également contacté Alain Lombat Kong, Sales, Marketing and Communication Manager de l’hôtel, qui a déclaré que « L’hôtel Hilton n’a jamais été détruit par un missile balistique ou aucune autre bombe. Il est bel et bien fonctionnel ». Cette affirmation a été faite à la suite du conflit qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran. PesaCheck a examiné une vidéo sur Facebook prétendant montrer un missile balistique iranien tombant sur l’hôtel Hilton de Yaoundé et l’a trouvée FAUSSE. Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. En établissant un partenariat avec Facebook et des plateformes de médias sociaux similaires, les organisations tierces de vérification des faits comme PesaCheck aident à faire le tri entre les faits et la fiction. Nous faisons ceci en donnant au public, un aperçu plus profond et un contexte aux publications qu’il voit dans ses flux de médias sociaux. Avez-vous repéré ce que vous pensez être une fausse information sur Facebook ? Voici comment vous pouvez le signaler. Et voici plus d’informations sur la méthodologie de PesaCheck pour vérifier les contenus douteux. Cette vérification de faits a été rédigée par le vérificateur des faits Stéphane Eyock et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par le rédacteur principal à PesaCheck, Stephen Ndegwa. PesaCheck est la première initiative de vérification des faits des finances publiques en Afrique. Il a été cofondé par Catherine Gicheru et Justin Arenstein et est incubé par le plus grand accélérateur de technologies civiques et de journalisme de données du continent: Code for Africa. Il vise à aider le public à séparer la réalité de la fiction dans les déclarations publiques sur les chiffres qui façonnent notre monde, avec un accent particulier sur les déclarations sur les finances publiques qui façonnent la prestation par le gouvernement des services publics liés aux objectifs de développement durable (ODD), tels que les soins de santé, le développement rural et l’accès à l’eau / à l’assainissement. PesaCheck teste également l’exactitude des reportages médiatiques. Pour en savoir plus sur le projet, visitez pesacheck.org.  

Municipales 2026 : quand des femmes en situation de handicap briguent un mandat local, la démocratie prend corps

Les élections municipales de 2026 au Cameroun marquent un tournant silencieux mais puissant : des femmes en situation de handicap ne se contentent plus de revendiquer leur place dans l’espace civique. Elles la prennent. À Douala 3 comme à Wouri 5, leurs candidatures envoient un message clair : la démocratie locale doit ressembler à celles et ceux qu’elle gouverne. Se porter candidate : un acte politique fort Se présenter à une élection municipale exige courage, réseau, moyens et résilience. Et pour une femme en situation de handicap, cet engagement signifie souvent : – affronter les stéréotypes liés au genre et au handicap ; – évoluer dans des environnements politiques peu accessibles ; – mener campagne dans des espaces publics parfois inadaptés ; – convaincre au-delà des préjugés. Et pourtant, elles s’engagent À Douala 3 (DLA 3), Nokam Foko Christelle Yolande fait le choix de transformer son expérience en levier d’action publique. À Wouri 5, Carine Malela défend une vision d’une commune accessible, prospère et solidaire. Ces candidatures ne sont pas symboliques. Elles sont politiques et on passe de la représentation à la transformation La participation des femmes en situation de handicap aux élections locales dépasse la question de la visibilité. Elle interroge la manière dont les communes sont pensées, planifiées et gouvernées. Une élue municipale qui vit les réalités du handicap au quotidien peut impulser : – une meilleure accessibilité des bâtiments publics ; – des politiques locales inclusives ; – une prise en compte réelle des besoins des personnes marginalisées ; – une culture de participation citoyenne élargie. La démocratie locale est l’espace le plus proche des citoyennes et citoyens. C’est là que se construisent les routes, les écoles, les marchés, les centres de santé. C’est là aussi que se décide l’accessibilité ou son absence. Lire aussi : Participation citoyenne des femmes handicapées au cœur de la démocratie inclusive  Briser le plafond politique Longtemps, les femmes en situation de handicap ont été perçues comme bénéficiaires de politiques sociales. Les voir aujourd’hui candidates renverse cette logique : elles ne demandent plus seulement des politiques inclusives, elles veulent les écrire. Ce basculement est fondamental. Il transforme l’imaginaire politique, il inspire d’autres femmes. Il interpelle les partis, il oblige les médias à repenser leur traitement des candidatures. Le rôle des médias et de l’EMI Dans une période électorale, la bataille est aussi narrative. Les médias accordent-ils une visibilité équitable à ces candidatures ? Les débats politiques sont-ils accessibles (langue des signes, sous-titrage, formats adaptés) ? Les discours médiatiques évitent-ils le misérabilisme ou l’instrumentalisation ? L’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI), au cœur de l’engagement de Class Pro, appelle à : – analyser la couverture médiatique ; – déconstruire les biais ; – promouvoir une représentation respectueuse et équitable ; – encourager un vote éclairé, fondé sur les programmes et non sur les préjugés. Une démocratie locale à l’épreuve Les municipales de 2026 sont un test. Si les conseils municipaux ne reflètent pas la diversité des communes, alors la démocratie reste incomplète. La candidature de femmes en situation de handicap à Douala rappelle une évidence : la citoyenneté ne connaît ni condition physique, ni barrière sociale. Elle connaît des droits. Et ces droits incluent le droit d’être élue, une question pour nous toutes et tous : sommes-nous prêts à soutenir une représentation politique plus inclusive ? Sommes-nous prêts à juger les candidatures sur leurs visions et leurs compétences, et non sur des stéréotypes ? La démocratie inclusive ne se décrète pas. Elle se construit. Dans les urne sans les récits, dans nos choix. Oserons nous faire le choix adéquat ?

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